Un témoin clé, Bienvenu Ngaro, a affirmé devant la Cour pénale spéciale (CPS) avoir été arrêté sur ordre de l'ancien président François Bozizé, lors d'une audience clé tenue le 27 août. Ces allégations interviennent dans le cadre de l'affaire Bossembélé, où M. Ngaro a témoigné des circonstances précises de son arrestation et de sa détention. L'article rapportant ces faits a été publié le 28 août 2026, détaillant les déclarations faites par le témoin devant cette juridiction spéciale. Le témoignage de Bienvenu Ngaro vise à éclaircir les responsabilités dans cette affaire complexe et très médiatisée qui a captivé l'attention à Bangui et au-delà, soulevant des questions importantes sur les actions des autorités de l'époque.
Témoignage sur l'emprisonnement et les conditions de détention
Lors de son audition devant la Cour pénale spéciale le 27 août, Bienvenu Ngaro a affirmé avec force que l'ancien président François Bozizé avait directement ordonné son emprisonnement. Cette décision serait intervenue après l'incendie du supermarché Rayan, un événement qui a manifestement conduit à l'arrestation de M. Ngaro. Les documents officiels d'arrestation, présentés et discutés lors de l'audience, accusaient M. Ngaro de plusieurs chefs d'inculpation graves, notamment d'association de malfaiteurs, d'incendie volontaire et de violences. Ces accusations ont encadré sa détention et justifié les actions des autorités à son égard.
Malgré la gravité des accusations, le témoin a tenu à préciser n'avoir subi aucune violence de la part de Vianney Semndiro, l'un des accusés dans cette affaire, alors qu'il était détenu au centre militaire de Bossembélé. Cette précision est importante car elle nuance les conditions de détention dans ce centre. Selon ses déclarations, les détenus avaient, dans une certaine mesure, la possibilité de recevoir des visites, ce qui suggère que l'isolement n'était pas total. M. Ngaro a également indiqué que François Bozizé, alors président, se rendait régulièrement au centre militaire de Bossembélé, soulignant ainsi la proximité de l'ancien chef d'État avec ce lieu de détention. Cependant, le témoin a affirmé n'avoir jamais rencontré François Bozizé personnellement durant toute sa période de détention, malgré la présence régulière de l'ancien président sur les lieux. M. Ngaro a conclu son témoignage sur ce point en déclarant n'avoir jamais vu ni entendu parler de Charles Massy, de Firmin Junior Danboy ou d'Eugène Ngaïkosset, des noms également impliqués dans l'affaire.
Contexte de l'affaire Bossembélé
L'affaire dite de Bossembélé est une procédure judiciaire d'envergure qui implique l'ancien président François Bozizé, ainsi que Firmin Junior Danboy, Eugène Ngaïkosset et Vianney Semndiro. Les accusés sont poursuivis pour des crimes graves, notamment des crimes contre l'humanité. Ces faits reprochés auraient été commis dans plusieurs localités de la République Centrafricaine, à savoir Bossembélé, Bouar et Bangui, ce qui indique l'étendue géographique des allégations. Ces allégations couvrent une période spécifique et sensible, allant de février 2009 à mars 2013, une période durant laquelle François Bozizé était à la tête de l'État. La Cour pénale spéciale a été établie pour juger précisément de tels crimes, soulignant l'importance de ce procès pour la justice en République Centrafricaine.
Demande de réparations pour les préjudices subis
À l'issue de son témoignage détaillé devant la Cour pénale spéciale (CPS), Bienvenu Ngaro a formulé une demande de réparations, mettant en lumière les conséquences profondes de son incarcération. Il a argumenté que son emprisonnement lui avait fait perdre son emploi, entraînant des difficultés économiques et professionnelles significatives. Il a affirmé que cette période de détention avait gravement affecté son équilibre psychologique, soulignant le traumatisme et le stress endurés. Ces déclarations interviennent après son témoignage poignant concernant les circonstances de son arrestation et de son emprisonnement, dans lequel il a décrit les événements ayant mené à sa privation de liberté. M. Ngaro a ainsi mis en avant les préjudices personnels et professionnels irréparables qu'il estime avoir subis, cherchant une compensation juste pour les souffrances endurées et les opportunités perdues. La demande de réparations est un élément central de son action devant la justice, visant à reconnaître l'impact de cette détention sur sa vie.