Affaire de munitions : Le Ministre Abazene poursuivi pour diffamation

Arnaud Djoubaye Abazene, ministre d’État chargé de la justice en Centrafrique
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Le parquet de Bangui a annoncé le 17 juin 2026 l'ouverture d'une procédure judiciaire à l'encontre de l'activiste Fernand Djimbélé. Cette décision fait suite à une déclaration émise par le parquet concernant le Ministre d'État à la Justice, Arnaud Djoubaye Abazene. Les poursuites engagées contre le jeune activiste portent sur des faits de « diffamation ». Cette annonce intervient alors que le contexte politique centrafricain est marqué par plusieurs affaires judiciaires impliquant des personnalités publiques, suscitant un vif intérêt au sein de l'opinion publique. Le porte-parole du parquet a confirmé que l'action était immédiate, soulignant la volonté des autorités de traiter rapidement cette accusation et de faire la lumière sur les allégations portées.

Confirmation des faits par le parquet

Le parquet de Bangui a confirmé la découverte et la saisie de 614 munitions de guerre, un événement qui a rapidement pris une ampleur nationale. Ces munitions sont attribuées à un tiers, Mamadou Ibrahim, qui se trouve actuellement en état d'arrestation. Le parquet a précisé que Mamadou Ibrahim n'avait "aucun lien" avec le véhicule fouillé lors de l'opération d'interception, ce qui complexifie l'affaire et soulève des questions sur l'origine et la destination de ces armes. L'interception de ces 614 munitions de guerre est qualifiée par le parquet de question de sécurité d'État, soulignant la gravité de l'affaire et la menace potentielle qu'elle représente pour la stabilité du pays. Un total de 614 munitions de guerre a été saisi lors de cette opération, confirmant l'ampleur de la découverte.

Contexte de l'interception et allégations de l'activiste

L'activiste Fernand Djimbélé a affirmé qu'un camion transportant des armes et des munitions destinées à un groupe armé associé au ministre Abazene avait été intercepté au PK5, un axe routier stratégique. Cette allégation a été le point de départ de la controverse. Djimbélé a également fait état de l'interception d'un camion appartenant au frère du ministre, un fonctionnaire des douanes. Ce véhicule aurait été précédemment saisi avec une cargaison de munitions de guerre, ajoutant une couche de suspicion et de complexité à l'affaire. Ces accusations, relayées notamment via les réseaux sociaux, ont rapidement enflammé le débat public et mis le Ministre Djoubaye Abazene sous les feux des projecteurs.

Motivations politiques présumées et pressions croissantes

Arnaud Djoubaye Abazene aurait eu des ambitions de devenir Premier Ministre, cherchant à remplacer Félix Moloua, selon des sources proches du dossier. Cette ambition politique est citée comme un possible élément déclencheur dans le contexte des accusations actuelles, suggérant que l'affaire pourrait avoir des ramifications bien au-delà de la simple diffamation. Des jeunes issus du mouvement politique du ministre Abazene prépareraient une marche publique pour exiger sa démission, d'après des informations recueillies. Cette mobilisation, si elle se concrétise, ajouterait une pression supplémentaire sur le ministre alors qu'il est déjà au centre d'une procédure judiciaire pour diffamation, et mettrait en lumière les divisions internes au sein de sa propre base politique. La situation politique du ministre semble donc de plus en plus précaire, face à la fois aux poursuites judiciaires et aux contestations internes.

Réactions et suite judiciaire

Le parquet de Bangui a engagé des poursuites suite à une publication sur Facebook de Fernand Djimbélé, un jeune activiste du parti au pouvoir. Djimbélé avait affirmé qu'un camion transportant des armes et des munitions destinées à un groupe armé associé au ministre Abazene avait été intercepté, ce qui a conduit le parquet à ouvrir une procédure pour « diffamation ». Cette action judiciaire fait suite aux allégations formulées publiquement par l'activiste, ciblant directement le Ministre d'État à la Justice. Le parquet a précisé que ces poursuites visaient à clarifier les faits et à déterminer les responsabilités concernant ces accusations, soulignant l'importance de la présomption d'innocence tout en cherchant à établir la vérité. L'issue de cette procédure est très attendue, car elle pourrait avoir des répercussions significatives sur la carrière politique du ministre Abazene et sur le paysage politique centrafricain en général.