Affaire de sorcellerie à l'Assemblée Nationale : Sarandji accuse et prend le contrôle

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Photo via Corbeaunews-centrafrique

Simplice Mathieu Sarandji, président de l'Assemblée Nationale, a lancé de vives accusations lors de son premier discours officiel prononcé au Palais du Peuple à Bangui. Ces allégations, qui ont secoué la sphère politique, concernent une affaire de sorcellerie impliquant un marabout. Corbeau News Centrafrique (CNC) a identifié le marabout en question comme étant le frère aîné d'Évariste Ngamana. Les accusations de M. Sarandji marquent un événement notable et inattendu dans le paysage politique centrafricain, soulevant des questions sur les dynamiques de pouvoir au sein de l'institution législative.

Accusations de sorcellerie

Le président de l'Assemblée Nationale, Simplice Mathieu Sarandji, a directement accusé des élus d'avoir tenté de s'en prendre à sa vie par l'intermédiaire d'un marabout basé à Carnot. Ce marabout est formellement identifié comme le frère aîné d'Évariste Ngamana, une figure politique bien connue. Un élément clé de cette affaire est la présence remarquée du frère de M. Ngamana dans les tribunes de l'hémicycle le jour même de l'installation des députés, un événement public d'une grande importance qui a précédé ces révélations fracassantes. M. Sarandji affirme avec conviction que son propre voyant, un féticheur qu'il consulte, a révélé à son épouse que le frère de M. Ngamana se trouvait précisément à Bangui dans le but de « travailler » contre lui, suggérant des pratiques occultes visant à le nuire. Cette allégation a créé une onde de choc au sein de l'Assemblée et au-delà.

Contexte politique et trahison

Ces accusations surviennent dans un contexte de tensions politiques palpables. Évariste Ngamana se sentirait profondément trahi par le président Faustin-Archange Touadera, selon des sources proches du dossier. M. Ngamana aurait évoqué, à plusieurs reprises, l'existence d'un accord secret prévoyant que la présidence de l'Assemblée nationale, communément appelée le « perchoir », lui revienne de droit. Cette situation complexe se déroule alors que le mandat de l'Assemblée est fixé pour une durée significative de sept ans, conférant une grande importance à la position de son président et aux jeux de pouvoir qui l'entourent. Les allégations de trahison de M. Ngamana mettent en lumière des fissures et des tensions sous-jacentes au sein de la classe politique centrafricaine, notamment autour de l'attribution des positions clés de pouvoir et du respect des engagements politiques.

Consolidation du pouvoir

Face à cette situation tendue, Simplice Mathieu Sarandji a pris des mesures décisives. Il a notamment reporté l'élection des membres du bureau de l'Assemblée Nationale à lundi, une décision qui est intervenue directement dans le contexte des accusations de sorcellerie qu'il a formulées publiquement. Plus encore, M. Sarandji a choisi de composer personnellement son équipe pour le bureau, contournant ainsi la procédure habituelle de vote secret qui garantit normalement la démocratie interne, et a eu son équipe validée par acclamation. Ces actions interviennent alors que des tensions politiques significatives entourent la présidence de l'Assemblée, exacerbées par les allégations de trahison de la part d'Évariste Ngamana concernant un accord secret pour le « perchoir ». Le processus de nomination des membres du bureau, qui constitue un organe clé de l'Assemblée et assure son fonctionnement quotidien, a ainsi été modifié de manière unilatérale par le président nouvellement élu, consolidant son emprise sur l'institution.

Réactions et implications

Simplice Mathieu Sarandji a clairement affirmé qu'il ne tolérerait plus de « sorciers », de « marabouts » ou de leurs frères au sein du bureau de l'Assemblée nationale. Cette position, exprimée avec une fermeté sans équivoque par le président de l'institution, indique une nouvelle ligne dure face aux pratiques qu'il a dénoncées. Cette déclaration, lourde de sens, note la volonté de M. Sarandji de purger l'institution de toute influence qu'il juge néfaste, et pourrait avoir des répercussions importantes sur les relations entre les différents acteurs politiques de l'Assemblée et au-delà. La situation reste à suivre de près, alors que ces accusations et ces manœuvres de pouvoir redéfinissent potentiellement le paysage politique centrafricain.