Crépin Mboli-Goumba, coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), a adressé un aide-mémoire circonstancié au ministre d'État de la Communication et porte-parole du gouvernement. Ce document intervient après les déclarations publiques d'Évariste Ngamana, qui avait affirmé qu'Anicet Georges Dologuélé devait solliciter par écrit le président Faustin-Archange Touadéra pour une réintégration dans la nationalité centrafricaine. Ces propos de M. Ngamana, qui ont suscité de vives réactions, ont été fermement contredits par M. Mboli-Goumba, qui s'appuie sur des décisions judiciaires antérieures. Précédemment, Fidèle Gouandjika avait également enjoint M. Dologuélé de reconnaître la victoire de Faustin-Archange Touadéra et de demander sa réintégration dans la nationalité centrafricaine, ajoutant une autre voix au débat persistant. Ces échanges successifs soulignent la persistance des débats et des controverses autour de la nationalité de l'ancien Premier ministre, Anicet Georges Dologuélé, une question qui continue d'alimenter les discussions politiques et juridiques dans le pays.
Arguments juridiques de Mboli-Goumba
Dans son aide-mémoire, Crépin Mboli-Goumba s'appuie de manière décisive sur la décision n°14/CC/25 du Conseil constitutionnel, rendue le 14 novembre 2025. Cette décision fondamentale concerne une requête contestant la candidature d'Anicet Georges Dologuélé, une contestation qui avait finalement été rejetée comme non fondée par le Conseil constitutionnel. En examinant attentivement le dossier, le Conseil avait alors relevé qu'aucun décret n'avait formellement établi la perte de la nationalité centrafricaine par M. Dologuélé. L'institution judiciaire, en tant que gardienne de la Constitution, avait estimé que l'acquisition volontaire d'une nationalité étrangère n'entraînait pas automatiquement la perte de la nationalité centrafricaine en l'absence de l'acte légalement requis pour formaliser une telle déchéance. Le Conseil constitutionnel avait conclu de manière claire et sans équivoque que M. Dologuélé ne pouvait être soumis à des formalités de réintégration basées uniquement sur l'argument de la perte de sa nationalité, puisque cette perte n'avait jamais été légalement établie. Cette décision a marqué un point important dans l'interprétation des lois sur la nationalité en République Centrafricaine.
Contexte de la controverse et accusations de Ngamana
L'aide-mémoire de Crépin Mboli-Goumba répond directement et avec vigueur aux déclarations d'Évariste Ngamana, que le coordinateur du BRDC qualifie de manière incisive de « grand sorcier de Carnot, le faux diplômé ». M. Ngamana avait publiquement affirmé, dans des propos qui ont fait grand bruit, qu'Anicet Georges Dologuélé devait entreprendre des démarches spécifiques et formelles pour conserver sa nationalité centrafricaine, sous-entendant qu'il était en défaut par rapport à cette obligation.
Selon les affirmations d'Évariste Ngamana, l'absence de cette démarche, c'est-à-dire l'absence d'une demande écrite de réintégration adressée au président Faustin-Archange Touadéra, entraînerait la perte de la nationalité de M. Dologuélé, et par conséquent, la déchéance de son mandat de député. Ces allégations s'inscrivent dans un contexte plus large de contestation de la nationalité de l'ancien Premier ministre, une contestation qui a connu plusieurs épisodes judiciaires. Le Tribunal de grande instance de Bangui avait déjà annulé le certificat de nationalité de M. Dologuélé le 16 octobre 2025. Cette décision judiciaire avait renforcé les interrogations quant au statut de M. Dologuélé et avait été utilisée par certains pour appuyer les arguments selon lesquels sa nationalité était compromise. C'est précisément à ces arguments que Mboli-Goumba a cherché à répondre en s'appuyant sur l'autorité du Conseil constitutionnel.
Décisions antérieures et portée juridique
La décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025 avait déjà rejeté une requête contestant l'éligibilité d'Anicet Georges Dologuélé, soulevant notamment des arguments relatifs à sa nationalité. Cette instance avait alors jugé que la contestation n'était pas fondée, consolidant la position de M. Dologuélé concernant son statut de citoyen centrafricain et son éligibilité. Cette décision du Conseil constitutionnel est d'autant plus significative qu'elle est intervenue après l'annulation du certificat de nationalité par le Tribunal de grande instance de Bangui, offrant une interprétation supérieure et définitive de la situation.
Ces décisions du Conseil constitutionnel sont, selon l'article 147 de la Constitution du 30 août 2023, insusceptibles de recours et s'imposent aux pouvoirs publics ainsi qu'à toutes les autorités administratives, militaires et judiciaires. Cette disposition constitutionnelle confère un caractère définitif et obligatoire aux arrêts rendus par la haute juridiction, clôturant ainsi le débat sur l'interprétation de la nationalité de l'ancien Premier ministre et apportant une clarification juridique sur une question qui a agité la scène politique centrafricaine. La position de Crépin Mboli-Goumba s'appuie donc sur un fondement juridique solide, visant à mettre un terme aux spéculations et aux accusations concernant la nationalité d'Anicet Georges Dologuélé.