Bangui : Le pavage en pierres, une solution anti-inondation qui divise

Bangui : le pavage en pierres taillées de ruelles dans le 2e arrd suscite espoir et inquiétude
Photo: RNL/Astrid de Bonheur Kolengué, juin 2026 via Radiondekeluka

Les travaux de pavage en pierres taillées progressent rapidement dans le 2e arrondissement de Bangui. Ce chantier concerne spécifiquement les allées bordant l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM). Ce projet représente une initiative pilote visant à expérimenter le pavage en pierres taillées pour lutter contre les inondations récurrentes dans cette zone de la capitale centrafricaine. L'objectif est de trouver une solution durable aux défis posés par les intempéries et de servir de modèle pour d'autres quartiers de Bangui confrontés à des problèmes similaires de gestion des eaux pluviales.

Avancement des travaux et ressources

Les ouvriers sont mobilisés sur ce chantier de la capitale centrafricaine depuis plus de quatre mois, effectuant diverses tâches de préparation et de pose. Leur engagement continu a permis une avancée notable dans la mise en œuvre de cette infrastructure. Pour la réalisation de ces aménagements, le projet s'appuie sur l'utilisation de ressources disponibles localement. Des pierres de bonne qualité sont extraites et transformées pour le pavage, garantissant une utilisation optimale des matériaux endogènes. Le sable utilisé est également d'origine locale, disponible en trois granulométries distinctes : fin, moyen et grossier, chacune adaptée à des phases spécifiques du processus de pavage. L'emploi de ces matériaux endogènes permet non seulement de soutenir l'économie locale en créant des opportunités d'approvisionnement et d'emploi, mais aussi de garantir la durabilité des infrastructures en utilisant des ressources adaptées au climat et au sol de la région. Cette approche favorise également une réduction des coûts de transport et une empreinte écologique moindre.

Bénéfices concrets pour les riverains

Un jeune habitant, Evariste, constate avec satisfaction qu'il peut désormais se déplacer aisément dans la zone. Il témoigne des difficultés passées, où, auparavant, les résidents ne pouvaient pas sortir en cas de pluie et se salissaient en empruntant le chemin, transformé en bourbier. Le pavage a radicalement changé cette situation, offrant une plus grande mobilité et un confort accru aux habitants. Le projet a démontré son efficacité en termes de résistance face aux conditions climatiques et à l'usage quotidien. Ces aménagements apportent un soulagement significatif aux riverains, confrontés depuis longtemps aux difficultés de circulation et à l'insalubrité causées par les inondations. La capacité des pavés à résister aux intempéries est un indicateur positif pour l'avenir de ce type d'infrastructure dans la capitale, suggérant une solution viable pour améliorer la qualité de vie dans d'autres quartiers vulnérables. L'amélioration de l'accessibilité a également un impact positif sur l'activité économique locale et la sécurité des piétons.

Doutes sur la qualité et durabilité

Malgré les avancées et les bénéfices perçus, un habitant a émis des réserves concernant la qualité et la durabilité des travaux. Il craint une détérioration rapide des pavés sous le passage continu des véhicules, en particulier ceux transportant des charges lourdes, ce qui pourrait compromettre l'efficacité à long terme de ces aménagements. Ses préoccupations reflètent une certaine prudence quant à la pérennité de l'infrastructure face aux contraintes du trafic urbain intense et aux défis posés par l'usure quotidienne.

Les autorités locales estiment qu'il est prématuré de porter un jugement définitif sur la qualité des pavés. Elles soulignent que le projet est encore à un stade où une évaluation conclusive de sa résistance et de sa durabilité ne peut être faite avec certitude. Une période d'observation plus longue serait nécessaire pour apprécier pleinement l'efficacité de cette solution anti-inondation, permettant de collecter des données sur son comportement face aux diverses sollicitations climatiques et mécaniques.

Améliorations annexes et financement

Le projet est financé par la Banque Mondiale, un partenaire clé dans le développement des infrastructures en Centrafrique. Sa mise en œuvre est assurée par l'Agence d'Exécution des Travaux d'Intérêt Public en Centrafrique (AGETIP-CAF), une entité reconnue pour son expertise dans la gestion de projets d'aménagement. Ces travaux de réhabilitation concernent deux sections distinctes, chacune s'étendant sur une longueur significative de 900 mètres. Outre le pavage, le projet intègre un volet d'embellissement des zones concernées, visant à améliorer l'esthétique et l'attractivité des quartiers. Dans le cadre de ces aménagements, l'installation de 70 lampadaires solaires est prévue. Ces éclairages modernes visent non seulement à moderniser l'infrastructure urbaine, mais aussi à renforcer la sécurité nocturne dans ces quartiers, réduisant ainsi les risques d'incidents et de criminalité. La combinaison de ces différentes initiatives s'inscrit dans une démarche globale d'amélioration du cadre de vie des habitants, en leur offrant un environnement plus sûr, plus propre et plus fonctionnel.