Bangui : les canaux d'évacuation obstrués, une cause récurrente des inondations

Un aperçu de l’intérieur du marché Miskine après les intempéries.
Photo: RNL/Ursula Merveille Mevala via Radiondekeluka

De fortes pluies récentes à Bangui ont mis en évidence le problème récurrent des canaux d'évacuation obstrués, une cause majeure des inondations dans la capitale centrafricaine. La population locale a considérablement augmenté, et certains habitants utilisent ces canaux comme dépotoirs pour leurs déchets, selon des observations rapportées. Cette pratique, associée à un manque d'entretien, exacerbe la vulnérabilité de la ville face aux intempéries, transformant chaque averse en une menace potentielle pour les résidents et leurs biens.

L'accumulation des déchets

Les canaux d'évacuation de Bangui sont obstrués par le sable et les déchets ménagers, un constat qui aggrave le risque d'inondations dans la capitale. Cette situation est exacerbée par les pratiques de certains habitants. Faute de sites de déversement désignés, certains résidents attendent la nuit pour jeter leurs ordures directement dans les canaux, contribuant ainsi à leur engorgement. Ces dépôts nocturnes de déchets domestiques, qui incluent souvent des plastiques, des débris organiques et des matériaux de construction, viennent s'ajouter aux accumulations de sable, réduisant considérablement la capacité des infrastructures à évacuer les eaux de pluie, notamment lors des fortes averses. L'impact de ces obstructions est particulièrement ressenti dans plusieurs quartiers de la ville, où les inondations sont devenues un phénomène récurrent, perturbant gravement la vie quotidienne et l'économie locale. L'accumulation persistante de ces matériaux crée un barrage physique qui empêche l'écoulement naturel et rapide des eaux.

Un entretien négligé

Les canaux d'évacuation reliant le pont de Ngoubagara au pont de Miskine peinent à fonctionner, ce qui entrave l'écoulement des eaux. Cette difficulté est attribuée à un manque d'entretien prolongé. Des observations indiquent que ces infrastructures n'ont pas fait l'objet d'opérations de maintenance depuis plusieurs années. L'absence d'intervention régulière pour dégager les accumulations de sédiments et de débris contribue à leur engorgement. Ce défaut d'entretien se manifeste par l'absence de dragage, de nettoyage des berges et d'enlèvement des obstacles qui s'accumulent au fil du temps. La négligence de ces opérations essentielles a permis aux dépôts de sable et aux déchets de se solidifier, rendant les canaux inefficaces et incapables de remplir leur rôle initial de drainage efficace des eaux pluviales. Les conséquences de cette défaillance structurelle sont d'autant plus visibles lors des épisodes de fortes précipitations, où l'eau ne trouve plus d'exutoire.

Les actions des riverains

Les déchets s'accumulent dans les canaux, empêchant complètement l'écoulement des eaux de pluie. Cette situation contraint parfois les résidents à prendre des initiatives pour pallier le manque d'entretien. Des chauffeurs de taxi-moto au niveau du rond-point Miskine-Malimaka organisent ainsi régulièrement eux-mêmes le nettoyage des canaux. Leurs actions visent à dégager les obstructions pour faciliter le drainage et réduire les risques d'inondation dans cette zone. Ces initiatives citoyennes, bien que louables, soulignent l'urgence d'une intervention plus structurée et pérenne de la part des autorités. Les résidents sont souvent forcés de consacrer leur temps et leurs ressources à des tâches qui devraient relever de la responsabilité publique, démontrant la gravité de la situation et l'impact direct sur leur quotidien. Sans ces interventions bénévoles, la situation serait encore plus critique, avec des inondations plus fréquentes et plus dévastatrices.

Les conséquences dénoncées

L'obstruction des canaux favorise les inondations qui touchent régulièrement plusieurs quartiers de Bangui. Cette situation a des répercussions directes sur la vie quotidienne des résidents, allant de la destruction des biens matériels à la perturbation des activités économiques et sociales.

Les habitants dénoncent un manque d'aménagement urbain dans cette partie de Bangui. Ils citent notamment les difficultés de circulation dues à l'état des routes, la stagnation des eaux et la dégradation croissante des conditions sanitaires. Ces problèmes cumulés contribuent à une détérioration du cadre de vie et des risques pour la santé publique. Les eaux stagnantes deviennent des foyers de maladies, favorisant la prolifération de moustiques et d'autres vecteurs de pathogènes. La détérioration des infrastructures routières, souvent emportées ou endommagées par les crues, rend les déplacements périlleux et isole certaines zones, entravant l'accès aux services essentiels. Les résidents expriment leur frustration face à cette situation persistante, appelant à des solutions durables pour améliorer la gestion des eaux pluviales et l'assainissement urbain, afin de garantir un environnement plus sûr et plus sain pour tous.