Faustin ZAMÉTO a réalisé trois reportages consacrés aux cent premiers jours du gouvernement Moloua III. Ces travaux journalistiques examinent l'action de l'exécutif depuis sa mise en place. Le 15 septembre 2026, le Premier ministre Félix Moloua s'est exprimé publiquement sur le bilan de cette période. Ce discours a permis au chef du gouvernement de présenter les activités menées par son administration durant ces cent jours.
La vie chère au quotidien
Le marché du KM5 à Bangui reflète la persistance d'une inflation marquée sur les produits de première nécessité. Une cuvette de manioc s'y échange contre 1 500 francs, tandis qu'un sac de riz atteint 35 000 francs. Maman Denise, vendeuse de manioc, s'interroge sur l'action gouvernementale : « Moloua III ? C’est quoi ça encore ? Moi je connais le Premier ministre Moloua. Il est toujours là, non ? En tout cas, ma cuvette de manioc est toujours à 1 500 francs. Le sac de riz à 35 000 F. Rien n’a changé pour nous ». Ce constat de stagnation économique se double d'un sentiment d'abandon chez les travailleurs précaires. Rodrigue, pousseur de 24 ans, témoigne : « 100 jours ? Mon frère, moi ça fait 1 500 jours que je pousse. On nous a dit que la jeunesse est au centre de la 7ème République. Je cherche le centre. Je ne le vois pas ».
Infrastructures et transports défaillants
L'axe routier reliant Bangui à Bangassou s'étend sur environ 734 kilomètres. Cette liaison vitale subit des dégradations affectant l'économie locale. Maman Pauline, commerçante de poisson à Bangassou, décrit les difficultés logistiques liées à cet état des routes : « Mon poisson du Mbomou, avant, arrivait à Bangui en deux jours par la route. Maintenant, il faut sept à huit jours. Quand il arrive, il est pourri. On le jette ». Conséquence de cette situation, le coût du transport d'un carton de poisson sur cet axe a doublé, passant de 15 000 à 30 000 francs.
Les citoyens subissent également des coûts de déplacement prohibitifs pour accéder aux services administratifs. Alphonse, instituteur à Alindao, illustre cette réalité financière lors de ses trajets vers la capitale : « Pour aller toucher mon salaire à Bangui, je dois payer 45 000 F de moto jusqu’à Bambari, puis 35 000 F de bus. 80 000 F pour aller toucher 180 000 F ». Cette charge représente une part importante de ses revenus mensuels.
Au sein de l'exécutif, le gouvernement Moloua III compte 32 ministres, dont seulement 5 sont des femmes. Face aux critiques sur le bilan des cent premiers jours de cette administration, un député de la majorité présidentielle défend le temps nécessaire à la mise en œuvre des politiques publiques : « 100 jours, c’est rien. La 7ème République, c’est une œuvre de refondation. On ne refonde pas un pays détruit par 30 ans de crise en 100 jours ».