Centrafrique : Accusations de fabrication de preuves par le gouvernement au profit de Wagner

François Zamparini, cadre de MSF RDC
Photo via Corbeaunews-centrafrique

François Zamparini a été arrêté à Zémio, en République centrafricaine, selon des informations divergentes concernant la date exacte de son interpellation. Les autorités centrafricaines ont annoncé l'arrestation de M. Zamparini, mais la chronologie des événements fait l'objet de variations. Un communiqué gouvernemental officiel indique que l'arrestation de François Zamparini est intervenue le vendredi 6 mars 2026. Cependant, d'autres sources officielles mentionnent que cette arrestation aurait eu lieu plus tôt dans la semaine, précisément le 3 mars 2026. Cette divergence soulève des questions sur les circonstances précises de l'opération. L'identité de M. Zamparini et les raisons de son arrestation n'ont pas été précisées dans ces premières communications, alimentant ainsi l'incertitude autour de cette affaire.

Détails de l'arrestation contestée

L'organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a rapporté l'arrestation de M. Zamparini le mercredi 4 mars 2026, ajoutant à la confusion autour de la chronologie officielle. Cette date diffère de celle initialement avancée par les autorités, soulignant une divergence dans les récits des événements. La présence d'un acteur humanitaire comme MSF dans ce dossier met en lumière les multiples sources d'information et la difficulté d'établir une version univoque des faits, d'autant plus que les versions officielles elles-mêmes ne concordent pas toujours.

Le ministère de la Défense a réitéré la date du vendredi 6 mars 2026 pour l'arrestation de François Zamparini, insistant sur sa version des événements malgré les contradictions soulevées. Cette persistance du gouvernement centrafricain sur une date précise, en dépit des autres témoignages, suggère une volonté de contrôler le discours officiel autour de cette affaire. La divergence des dates continue d'alimenter les interrogations sur les circonstances exactes de l'interpellation, et par extension, sur la fiabilité des informations diffusées par les canaux officiels.

François Zamparini aurait été rapidement libéré suite au démenti de l'AAKG (Alliance pour l'Avancement du Kivu et du Grand Lac). Cette libération rapide, intervenant peu après la contestation des accusations par une entité tierce, interroge sur la solidité des motifs initiaux de son arrestation. L'intervention de l'AAKG semble avoir eu un impact direct sur la décision des autorités de relâcher M. Zamparini, laissant entendre que les informations originales étaient potentiellement erronées ou non étayées. La promptitude de cette libération, après des accusations initiales graves, a renforcé les doutes quant à la légitimité de l'arrestation elle-même.

Accusations contre Zamparini

Le ministère de la Défense centrafricain accuse François Zamparini d'avoir établi des contacts avec la milice Azandé, localisée à Nipibé, dans le but de constituer un réseau visant à déstabiliser la sécurité nationale. Selon les allégations du ministère, ces démarches s'inscrivent dans une entreprise de sape des institutions de l'État centrafricain. Les autorités mettent en avant l'importance de cette accusation pour justifier l'intervention et les investigations en cours, présentant M. Zamparini comme une menace directe à la stabilité du pays.

Le ministère de la Défense a détaillé le profil de M. Zamparini, le décrivant comme né en France en 1972. Selon ses informations, il serait entré illégalement en République centrafricaine en 2014, en passant par Baïmboum. Il aurait ensuite rejoint la base rebelle du mouvement Révolution et Justice, où il aurait servi en tant que formateur pendant une période de deux ans. Le ministère précise également que François Zamparini aurait été arrêté en 2016 à la frontière et qu'il serait connu sous l'alias "Endil" en tant que mercenaire. Ces éléments brossent un tableau de son parcours jugé subversif par les autorités, cherchant à le présenter comme un individu ayant un historique d'activités illégales et de liens avec des groupes armés.

Le ministère centrafricain affirme en outre que François Zamparini se présente comme un travailleur de l'organisation Médecins Sans Frontières (MSF) afin de faciliter ses déplacements. Cependant, les vérifications effectuées par les services du ministère indiquent qu'il n'est pas répertorié comme membre du personnel de MSF. Cette allégation soulève des questions sur l'utilisation potentielle d'une couverture humanitaire pour des activités perçues comme illégales par le gouvernement, jetant le discrédit sur ses motivations et sa présence dans la région.

Démentis et vérité humanitaire

La Coordination du groupe Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG) a catégoriquement démenti tout lien ou contact avec François Zamparini. Selon l'AAKG, « Cet homme n’a jamais approché leurs structures dans le Haut-Mbomou. Son travail se bornait à secourir les civils de Zémio et les déplacés centrafricains réfugiés à Zappay en RDC. » Ce démenti contredit directement les accusations portées par le ministère centrafricain de la Défense, remettant en question la véracité des informations gouvernementales. L'AAKG a ainsi réfuté l'idée que M. Zamparini aurait cherché à établir des contacts avec la milice Azandé dans un but de déstabilisation.

Médecins Sans Frontières (MSF) a confirmé que le travail de M. Zamparini consistait à assister les civils à Zémio et les personnes déplacées centrafricaines réfugiées à Zappay, en République Démocratique du Congo. L'organisation humanitaire a ainsi précisé la nature des activités de son collaborateur, s'opposant aux allégations gouvernementales de déstabilisation. MSF a souligné que ses activités étaient purement humanitaires et n'avaient aucun lien avec les accusations de subversion.

MSF a également affirmé que M. Zamparini travaillait pour sa branche suisse, basée en RDC, et qu'il se trouvait à Zémio pour des réunions officielles avec les autorités locales. Cette déclaration vise à clarifier la légitimité de sa présence et de ses actions, contredisant l'idée d'une entrée illégale ou d'activités clandestines. La présence de M. Zamparini à Zémio était, selon MSF, en parfaite conformité avec les protocoles et les exigences d'une organisation humanitaire internationale.

Contrairement aux affirmations du ministère de la Défense, MSF a déclaré que François Zamparini figurait bien sur ses listes de personnel. Cette clarification met en lumière une divergence significative entre les informations du gouvernement centrafricain et celles de l'organisation humanitaire concernant le statut officiel de M. Zamparini. MSF a ainsi réfuté l'allégation selon laquelle M. Zamparini se serait frauduleusement présenté comme un de ses travailleurs pour faciliter ses déplacements.

MSF a précisé que M. Zamparini est affilié à MSF-Suisse et que sa mission était légitime et déclarée. L'organisation a insisté sur la transparence de ses opérations et la validité du statut de son collaborateur, réfutant les accusations du ministère selon lesquelles il se présenterait frauduleusement comme un travailleur humanitaire. Cette confirmation de MSF-Suisse renforce la position de M. Zamparini et met en doute la crédibilité des accusations officielles.

La Coordination du groupe Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG) a exigé la libération de tous les travailleurs humanitaires détenus et le respect du droit international. Cette demande note l'importance des principes humanitaires et la nécessité de protéger le personnel engagé dans l'aide aux populations vulnérables, rappelant aux autorités leurs obligations en vertu des conventions internationales.

Propagande et rôle de Wagner

Le groupe Wagner aurait orchestré l'arrestation de François Zamparini, le transférant ensuite aux autorités centrafricaines et dictant les communiqués officiels relatifs à l'incident. Cette allégation suggère une implication directe des mercenaires russes dans les opérations de sécurité intérieure en République centrafricaine, dépassant un rôle de simple soutien logistique ou de formation. Leur influence s'étendrait ainsi à la gestion de la communication gouvernementale, indiquant une mainmise sur le récit officiel des événements. Les actions de Wagner dans cette affaire soulèvent de sérieuses questions sur la souveraineté de l'État centrafricain et sur la nature de ses partenariats sécuritaires.

La Coordination du groupe Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG) accuse le groupe Wagner de tentatives d'extermination à l'encontre de la communauté Azandé. Cette accusation grave met en lumière les tensions et les conflits dans la région, impliquant les forces du groupe Wagner dans des actions répressives ciblées contre une ethnie spécifique. L'AAKG attribue à Wagner une stratégie visant à éradiquer cette population, soulevant des préoccupations humanitaires et des questions sur les tactiques employées par les mercenaires russes en Centrafrique. Ces allégations, si elles sont avérées, dépeignent un tableau alarmant des opérations du groupe Wagner et de leur impact sur les populations civiles.