Crépin Mboli-Goumba : Pas de solution militaire dans l'Est, appel à l'intégration des Zandé

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Crépin Mboli-Goumba, coordinateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) et président du parti PATRIE, a abordé la situation tendue dans l'Est de la République Centrafricaine lors d'un entretien exclusif. Au cours de cette interview, M. Mboli-Goumba a affirmé qu'il n'y avait pas de solution militaire et que la force ne résolvait rien. Il a insisté sur la nécessité de résoudre le problème en profondeur en intégrant les Zandé dans la République. Le leader politique a également appelé à l'ouverture d'une enquête judiciaire réelle et non politisée pour faire la lumière sur les troubles de la région.

Contexte historique et identitaire Zandé

Des royaumes Zandé se sont formés sur le territoire qui deviendra plus tard la République Centrafricaine, témoignant de leur présence historique et de leur ancrage profond dans cette région. Le pays compte deux millions de Zandé, tandis qu'un million d'entre eux résident au Soudan du Sud, soulignant l'importance démographique de cette communauté. Crépin Mboli-Goumba a précisé être né à Bangassou et y avoir grandi, sa mère étant originaire de Kitika. Il a affirmé descendre de Bari Nduba, dernier grand sultan de Bangassou, renforçant ainsi son lien personnel avec l'histoire et l'identité Zandé. En 1898, les Zandé ont vaincu le Mahdi lors de la bataille de Mburekhiye, un événement marquant de leur histoire. Cette partie du pays était désignée comme les territoires autonomes du Haut-Oubangui depuis 1892, ce qui met en lumière une tradition d'autonomie régionale.

Accusations et dénonciations

Crépin Mboli-Goumba a dénoncé des accusations fabriquées à son encontre, affirmant qu'un plan avait été conçu au palais pour lui attribuer la responsabilité des troubles via les Anikoubé. Il a indiqué que ces Anikoubé avaient été formés avec l'aide de Wagner. Un communiqué émis par les Anikoubé précisait que Wagner leur avait enseigné que les hommes de l'UPC étaient des envahisseurs à tuer. Ces allégations soulèvent de sérieuses questions sur les manipulations politiques et l'influence de forces étrangères dans la région.

M. Mboli-Goumba a également dénoncé le mépris du gouvernement, citant un porte-parole qui aurait parlé d'« écraser » des familles souffrantes, ce qui, selon lui, est une preuve du manque de considération envers les populations locales. Il a souligné qu'un drapeau d'un pays étranger, Boki, avait pu flotter pendant deux ans sans aucune réaction officielle, illustrant un abandon ou une faiblesse de la souveraineté de l'État dans cette zone. Selon M. Mboli-Goumba, annoncer l'ouverture d'une enquête et la présence d'auteurs intellectuels à Bangui le même jour est irresponsable, car cela pourrait compliquer la recherche de la vérité et la résolution des conflits.

Problèmes structurels de l'Est

La partie orientale du pays a été abandonnée depuis l'indépendance, selon Crépin Mboli-Goumba. Le coordinateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) a affirmé que cette zone manquait cruellement d'infrastructures, notamment de routes et d'écoles, ce qui entrave son développement et maintient ses habitants dans la précarité. Cette situation de délaissement prolongé a contribué à l'isolement de la région et à l'aggravation des difficultés rencontrées par ses habitants, créant un sentiment de marginalisation.

M. Mboli-Goumba a également souligné que la monnaie soudanaise est essentiellement utilisée dans cette partie du pays, révélant une intégration économique limitée avec le reste de la République Centrafricaine. Cette prédominance d'une devise étrangère illustre les défis structurels et l'autonomie de fait de la région par rapport à l'administration centrale, soulignant la nécessité d'une véritable intégration nationale.

Appel à la responsabilité et à l'intégration

Crépin Mboli-Goumba rejette toute idée de solution militaire contre les Zandé sur leurs terres ancestrales. Le coordinateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) appelle à la responsabilité du chef de l'État, insistant sur l'absence de solution militaire viable dans l'Est du pays. M. Mboli-Goumba avertit qu'aucune force d'occupation n'est éternelle et que leur retrait laisserait les Centrafricains face à une crise supplémentaire, potentiellement plus complexe et dangereuse. Selon lui, cette approche ne ferait qu'aggraver les tensions existantes et n'apporterait pas de paix durable à la région, mais plutôt un cycle incessant de violence et d'instabilité. ---