Daniel Nzéwé : Libération, Défiance et Protection Présidentielle

Daniel Nzéwé en garde à vue dans une cellule de l’OCRB à Bangui
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Daniel Nzéwé a été libéré dans la nuit de dimanche à lundi d'une cellule de l'Office Central pour la Répression du Banditisme (OCRB) à Bangui, en République Centrafricaine. Sa libération est intervenue sans poursuite concrète, malgré le dépôt d'une plainte pour escroquerie à son encontre. Cet événement marque un nouveau chapitre dans une série d'affaires judiciaires controversées impliquant Daniel Nzéwé, où les allégations de malversations n'ont que rarement abouti à des sanctions pénales durables.

Détails des Affaires Judiciaires

Daniel Nzéwé aurait extorqué dix millions de francs CFA à l'entrepreneur Thierry Ouambéti, également connu sous le nom de Sultan de Dékoa, en prétendant agir sur les instructions du ministre des Finances, Hervé Ndoba. Cette affaire, qui a mené au dépôt de la plainte pour escroquerie, s'inscrit dans un tableau plus large de ses activités.

Précédemment, Daniel Nzéwé a été transféré du Service de Renseignements Intérieurs (SRI) au tribunal pour un procès concernant la falsification de la signature du directeur de cabinet, Obed Namsio. Au cours de ce procès, Daniel Nzéwé et ses complices auraient escroqué des investisseurs canadiens, franco-israéliens et belges de plus de 1,5 milliard de francs CFA. Ces investisseurs auraient été victimes de manœuvres frauduleuses impliquant l'usage de documents falsifiés. Lors de cette audience, Daniel Nzéwé a reconnu avoir imité la signature officielle, justifiant son acte par la lenteur alléguée du directeur de cabinet dans le traitement des dossiers. Il a affirmé que cette falsification était un moyen d'accélérer des procédures administratives qu'il jugeait trop lentes, une explication qui n'a pas apaisé les inquiétudes concernant la légalité de ses actions.

Intervention Présidentielle Clé

Daniel Nzéwé bénéficierait d'un soutien direct au niveau présidentiel, ce qui aurait pour effet de neutraliser les tentatives de le poursuivre en justice, selon l'article. Cette allégation est renforcée par des événements passés. Des éléments de la garde présidentielle sont en effet intervenus durant le procès du prévenu. Cette intervention, qui a permis d'exfiltrer Daniel Nzéwé du tribunal, aurait eu lieu sur les ordres du Président Faustin-Archange Touadera lui-même. Cette ingérence perçue dans le processus judiciaire a soulevé de vives questions quant à l'indépendance de la justice et à l'application uniforme de la loi en République Centrafricaine. L'article suggère que cette protection de haut niveau est un facteur déterminant dans l'absence de condamnations définitives pour Daniel Nzéwé, lui permettant d'échapper aux conséquences légales de ses actes.

Historique d'Impunités

Des procédures antérieures impliquant Daniel Nzéwé, telles que la disparition de 14,9 millions de francs CFA confiés par Abel Goumba, ainsi que la transaction Bocom de 65 millions de francs CFA et des détournements de fonds publics, auraient été interrompues brutalement en raison d'une intervention de l'État. Ces allégations soulignent une série d'incidents où des enquêtes n'ont pas abouti à des conclusions judiciaires complètes. Ces affaires non résolues contribuent à l'image d'une impunité persistante pour Daniel Nzéwé.

L'article indique que l'usage répété de faux cachets, la création d'autorisations ministérielles falsifiées et l'usurpation de titres gouvernementaux par Daniel Nzéwé n'ont pas entraîné de sanctions pénales durables. Cette situation est présentée comme un schéma récurrent dans le parcours judiciaire de l'individu, renforçant les interrogations sur la capacité du système judiciaire à faire respecter la loi face à des figures potentiellement protégées. Les allégations de falsification et d'usurpation, bien que graves, semblent n'avoir eu que des conséquences temporaires ou nulles sur son statut légal.

Réactions et Défiance

À sa libération, Daniel Nzéwé a publié sur sa page Facebook un extrait du Psaume 91. Cette publication est intervenue alors que son parcours est marqué par des accusations répétées d'escroquerie et d'usurpation de titres. Malgré les procédures judiciaires engagées à son encontre, aucune n'a abouti à des sanctions pénales durables, une situation qui soulève des questions sur l'indépendance de la justice. La diffusion de ce passage biblique, souvent interprété comme un chant de protection divine, a été perçue par certains observateurs comme un acte de défiance face aux allégations et aux poursuites judiciaires, suggérant une confiance inébranlable dans une forme de protection, qu'elle soit divine ou d'une autre nature.