De l’Investiture à l’Imposture : Les promesses d’indépendance judiciaire de Touadéra déjà enterrées avec la confiscation du passeport de l’opposant Anicet-Georges Dologuelé

L'article intitulé « De l’Investiture à l’Imposture : Les promesses d’indépendance judiciaire de Touadéra déjà enterrées avec la confiscation du passeport de l’opposant Anicet-Georges Dologuelé » examine la situation politique actuelle en République centrafricaine. Le texte, rédigé par Alain Nzilo, met en perspective les engagements du président Faustin-Archange Touadéra en matière d'indépendance judiciaire. La publication intervient après la prestation de serment pour la septième République, qui a eu lieu le 30 mars 2026. L'analyse de Nzilo suggère un écart significatif entre les promesses d'indépendance judiciaire formulées par le chef de l'État et les actions concrètes du gouvernement, particulièrement dans le traitement des opposants politiques.

Obstacles à la liberté de mouvement

Le refus de délivrer un passeport à Anicet-Georges Dologuelé, dont la nationalité a été certifiée par le Conseil Constitutionnel, est présenté comme une preuve irréfutable de l'intention du régime de nuire. Cette situation transformerait une simple procédure administrative liée au voyage international en un obstacle politique délibéré, visant à restreindre les déplacements de l'opposant. Le fait que la nationalité de M. Dologuelé ait été officiellement confirmée par la plus haute instance constitutionnelle rend cette entrave d'autant plus préoccupante, soulignant une possible instrumentalisation des services administratifs.

Le ministre de l'Intérieur et le procureur de la République sont accusés d'agir par haine personnelle dans cette affaire, transformant ainsi une procédure de voyage en une barrière politique. Cette allégation suggère une instrumentalisation des fonctions publiques et des prérogatives de l'État pour des motifs personnels, entravant de manière directe et arbitraire la liberté de mouvement d'un opposant politique. Cette accusation met en lumière une dérive potentielle où le pouvoir judiciaire et administratif serait mis au service d'agendas individuels plutôt que de l'intérêt général et du respect des droits fondamentaux.

Détournement des institutions

Les institutions de l'État ne sont plus perçues comme des garanties contre l'arbitraire, mais comme des instruments de coercition, selon l'article. Cette situation signale une dérive profonde dans la fonction première de ces entités, transformées en outils au service d'objectifs non démocratiques ou partisans. Le rôle protecteur des institutions, censé assurer l'équilibre des pouvoirs et le respect des lois, semble être érodé au profit d'une logique de contrôle et d'intimidation.

Un mépris affiché pour la correspondance officielle et les demandes d'audience est également relevé, ce qui indique une rupture du dialogue institutionnel. Cette attitude suggère une préférence pour une logique de confrontation permanente et de non-reconnaissance des voies légales de communication, plutôt qu'une recherche de consensus ou de résolution des différends par des voies institutionnelles. Ce refus de dialogue marque ainsi une dégradation inquiétante des relations politiques, où les canaux officiels sont ignorés, favorisant un bras de fer permanent plutôt qu'une gouvernance basée sur l'échange et la concertation.

Contexte politique et accusations

Des allégations rapportent l'utilisation de ressources étatiques, incluant des hélicoptères et des moyens financiers importants, dans une campagne contre un candidat dépeint comme étranger ou apatride. Cette campagne viserait spécifiquement à discréditer l'opposant Anicet-Georges Dologuelé par des accusations remettant en question sa nationalité, malgré la certification du Conseil Constitutionnel. Ces moyens considérables seraient mobilisés pour appuyer des actions visant à l'écarter de la scène politique, selon les informations disponibles, suggérant une utilisation abusive des deniers publics et des infrastructures de l'État à des fins partisanes.

Implications pour la démocratie

La situation vécue à l'aéroport de Bangui, où Anicet-Georges Dologuelé s'est vu refuser son passeport, brise l'illusion d'une indépendance judiciaire promise par le président Faustin-Archange Touadéra. Cette entrave à la liberté de mouvement d'un opposant politique, dont la nationalité avait pourtant été confirmée par le Conseil Constitutionnel, met en lumière les défis persistants auxquels est confrontée la démocratie en République centrafricaine. L'article suggère que les institutions étatiques, loin de garantir l'équité et l'impartialité, pourraient être instrumentalisées à des fins politiques, compromettant ainsi les principes fondamentaux d'un État de droit et les engagements pris lors de l'investiture du président. Cette réalité à l'aéroport de Bangui est perçue comme la preuve de l'intention du régime de nuire à l'opposant, signalant une dégradation des pratiques démocratiques et une menace pour la pluralité politique dans le pays.