Dologuélé dénonce la dérive autoritaire de Touadéra

Anicet-Georges Dologuélé, opposant et ancien Premier ministre, dénonce une profonde transformation du pouvoir à Bangui, caractérisant la dérive autoritaire du président Faustin-Archange Touadéra. L'ancien candidat modeste de 2016 est désormais jugé inaccessible, protégé par les armes et animé par un sentiment d'impunité, selon Dologuélé. Cette évolution se traduit par une distance croissante avec les citoyens, isolés de la gouvernance. Dologuélé affirme que le président Touadéra agit avec une impunité totale, déclarant que "Il se voit désormais comme un dieu". Son isolement du pouvoir renforce cet éloignement des citoyens de la gouvernance. Faustin-Archange Touadéra est ainsi accusé d'une dérive autoritaire accompagnée d'un sentiment croissant d'impunité.

Isolement et impunité présidentielle

Selon Anicet-Georges Dologuélé, le président Faustin-Archange Touadéra s'est progressivement « enfermé dans une tour d'ivoire ». Le chef d'État aurait abandonné les échanges directs avec les citoyens centrafricains, un isolement devenu durable au fil des années. Aucune marque de retour à une proximité avec la population n'est visible aujourd'hui, contrairement à son image lors de la campagne électorale de 2016. Le président évite toute proximité avec la population, à l'opposé de son comportement de campagne en 2016. Dologuélé affirme que le président Touadéra ne ressent plus la nécessité d'expliquer ses décisions. Il ne rendrait pas non plus compte de sa gestion, et les contacts humains auraient disparu de son mode de gouvernance. Ce détachement s'exercerait désormais face aux difficultés quotidiennes que traverse le pays, a ajouté l'ancien Premier ministre. Cette évolution alimente un sentiment de rupture chez de nombreux Centrafricains, selon Anicet-Georges Dologuélé.

Les finances au cœur du pouvoir

La transformation que dénonce Anicet-Georges Dologuélé s'opère tandis que les ressources de l'État continuent d'affluer dans les caisses publiques. Selon Dologuélé, l'accès à des moyens considérables a modifié la perception du rôle présidentiel. Il estime que l'abondance de financements change souvent la relation au pouvoir. Cependant, la population n'aperçoit aucun bénéfice concret de cette richesse, d'après ses déclarations. Cet écart croissant entre les dirigeants et les dirigés persiste, alimentant les préoccupations de l'ancien Premier ministre. Ce fossé entre les dirigeants et les gouvernés ne cesse de s'élargir, contribuant à la déconnexion perçue.

Le dispositif sécuritaire renforcé

L'accumulation de mesures de sécurité autour du président Faustin-Archange Touadéra alimente la déconnexion avec la population, selon Anicet-Georges Dologuélé. Des bataillons territoriaux, des milices et des troupes étrangères entourent désormais le chef de l'État, une protection qui renforce en lui un sentiment d'invincibilité. Cette situation l'éloigne davantage des attentes quotidiennes des Centrafricains, a affirmé l'ancien Premier ministre. La bulle sécuritaire limite les contacts avec la population, car les citoyens n'ont plus accès à leur dirigeant lors de ses déplacements. Pour Dologuélé, ce dispositif traduit une distance croissante entre le pouvoir et le pays réel.

Conséquences sur la confiance citoyenne

Cette évolution alimente un sentiment de rupture chez de nombreux Centrafricains, selon Anicet-Georges Dologuélé. L'opposant estime que cette gouvernance distante affaiblit la confiance des citoyens. Les administrations locales peinent à relayer leurs préoccupations au Palais de la renaissance. Cette difficulté à communiquer avec le centre du pouvoir contribue à la méfiance et au sentiment d'abandon au sein de la population.