Extorsions illégales par les FACA à Mouka

À Bria, les soldats FACA ont instauré une nouvelle forme de formalité à la barrière de Mouka
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Des soldats des FACA imposent une taxe fixe de 2000 FCFA pour chaque passage au poste de contrôle situé à Mouka, sur l'axe reliant Bria à Ouadda Maïkaga. Cette pratique s'accompagne d'une ponction systématique de carburant, les militaires prélevant un demi-litre d'essence dans les réservoirs des mototaxis ainsi que des véhicules transitant par ce point de passage.

L'instauration de ce péage informel au niveau de Mouka contraint les usagers de cet axe stratégique à s'acquitter d'une somme forfaitaire de 2000 FCFA à chaque fois qu'ils se présentent devant les soldats des FACA stationnés sur place. Ce prélèvement, qui ne repose sur aucune base légale, est devenu une pratique récurrente pour les conducteurs de mototaxis et les chauffeurs de véhicules empruntant régulièrement la route entre Bria et Ouadda Maïkaga. En plus de cette exigence financière immédiate, les militaires procèdent à une ponction systématique de carburant sur les engins en circulation. Chaque passage à ce point de contrôle spécifique est ainsi marqué par le retrait forcé d'un demi-litre d'essence directement puisé dans les réservoirs des véhicules et des mototaxis. Cette double contrainte, financière et matérielle, pèse lourdement sur les activités de transport et sur le coût des déplacements le long de cet itinéraire reliant Bria à Ouadda Maïkaga.

Un décret présidentiel daté de 2023 ordonnait pourtant le démantèlement de tous les points de contrôle routiers illégaux sur le territoire. Ce texte législatif restreignait par ailleurs l'autorité de contrôle aux seuls membres de la gendarmerie et de la police nationale, excluant de facto les unités militaires de ces missions de régulation sur les axes routiers.

La persistance du poste de contrôle à Mouka, tenu par des soldats des FACA, entre en contradiction directe avec les dispositions édictées par ce décret présidentiel de 2023. Le texte législatif avait pour objectif explicite d'assainir les axes routiers en ordonnant le démantèlement systématique de tous les points de passage illégaux qui entravent la libre circulation des personnes et des biens. En délimitant strictement les prérogatives des forces de sécurité, le décret a clarifié que seules les unités de la gendarmerie et de la police nationale sont habilitées à exercer des missions de contrôle routier. Cette disposition juridique exclut formellement les unités militaires de toute activité de régulation ou de vérification sur les routes du pays. Malgré cette interdiction claire, les soldats des FACA maintiennent leur présence à Mouka, imposant la taxe de 2000 FCFA et procédant au prélèvement d'un demi-litre d'essence sur les véhicules et mototaxis, en violation flagrante des directives présidentielles en vigueur depuis 2023. Les usagers de l'axe Bria-Ouadda Maïkaga se retrouvent ainsi confrontés à une situation où les pratiques observées au point de passage de Mouka contreviennent aux mesures de régulation instaurées pour sécuriser et libérer les voies de communication nationales.