Fraude de diplômes : des accusations de doctorats falsifiés secouent la République Centrafricaine

Maître Crépin Mboli-Goumba : « Tout ce qui se réclame de doctorat venant du Cameroun ne veut rien dire », une violente charge contre le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Maître Crépin Mboli-Goumba, président de Patri et coordinateur du BRDC, a publiquement accusé des personnalités politiques de la République Centrafricaine, dont le porte-parole du gouvernement Évariste Ngamana, d'avoir falsifié leurs diplômes de doctorat. Selon Maître Mboli-Goumba, ces individus auraient obtenu des titres universitaires après de longues interruptions académiques, remettant en question la légitimité de leurs qualifications. Il a notamment déclaré : « Tout ce qui, aujourd’hui, se réclame de doctorat venant du Cameroun ne veut rien dire », précisant qu'il ne visait pas « tous ceux qui sont dans un cycle normal, qui terminent leur master et suivent leur cursus normal ». Le président de Patri a ajouté qu'« Avoir un doctorat ne veut rien dire quand on a déjà passé l’âge de faire un cursus d’horreur », et qu'« On proposait que quelqu’un puisse rédiger ma thèse à ma place ». Ces allégations jettent une ombre sur l'intégrité de certains hauts fonctionnaires du pays.

Les allégations de Mboli-Goumba

Maître Crépin Mboli-Goumba, président de Patri, a affirmé que les doctorats obtenus du Cameroun n'avaient "rien à dire" à l'heure actuelle, sans toutefois remettre en cause les cursus académiques classiques. Il a souligné que ces titres seraient fabriqués après de longues interruptions académiques, ce qui en altère la crédibilité. L'opposant a spécifiquement mis en cause le porte-parole du gouvernement, Évariste Ngamana, qu'il a désigné sous les appellations de "le grand sorcier de Carnot" et de "le faux diplômé" dans le cadre de ces accusations de diplômes falsifiés. Ces désignations publiques visent à attirer l'attention sur la gravité de la situation et à identifier clairement les personnes concernées par ces pratiques. Les accusations de Mboli-Goumba suggèrent une fraude généralisée qui pourrait affecter la crédibilité des institutions publiques.

L'infiltration pour dénoncer la fraude

Maître Crépin Mboli-Goumba a déclaré avoir infiltré des réseaux impliqués dans la vente de diplômes, afin de dénoncer cette fraude. Il a précisé que cette démarche visait à exposer les pratiques illégales et non à discréditer l'ensemble du système universitaire. L'opposant a souligné que son action ne remettait pas en question les parcours académiques réguliers. Pour étayer ses dires et prouver la facilité d'accès à ces faux titres, Maître Mboli-Goumba a lui-même payé 300 000 francs CFA pour une inscription dans une université camerounaise. Cette action d'infiltration a été menée dans le but de fournir des preuves concrètes de l'existence de ces réseaux de fraude et de la manière dont ils opèrent, offrant un aperçu direct des mécanismes de falsification.

« Je ne parle pas de tous ceux qui sont dans un cycle normal, qui terminent leur master et suivent leur cursus normal », a affirmé Maître Mboli-Goumba. Il a ainsi distingué les étudiants et universitaires qui suivent un cursus légitime de ceux qui pourraient être impliqués dans des obtentions frauduleuses de titres. Cette précision vise à circonscrire les accusations aux cas de falsification et à éviter toute généralisation injuste concernant l'ensemble des diplômés ou des institutions universitaires. La démarche de Maître Mboli-Goumba cherche à cibler précisément les individus et les réseaux qui sapent l'intégrité académique.

Le contexte des diplômes camerounais

Le débat concernant la fraude aux diplômes au plus haut niveau de l'État centrafricain est désormais "définitivement ouvert", selon l'article. Cette situation met en lumière des interrogations persistantes sur la légitimité de certains titres universitaires détenus par des personnalités publiques. Les allégations de Mboli-Goumba, notamment celles concernant les doctorats obtenus du Cameroun, soulèvent des questions sur les processus d'accréditation et de vérification des diplômes dans la région. La somme versée par Mboli-Goumba pour une inscription dans une université camerounaise illustre la facilité avec laquelle de tels titres peuvent être obtenus en dehors des cursus académiques réguliers, alimentant les soupçons de fraude. Cette révélation met en exergue la vulnérabilité du système aux manipulations et la nécessité d'une vigilance accrue.

Implications et appels à l'action

L'article note que la situation actuelle exige une action ferme. Il est préconisé l'annulation des équivalences pour les diplômes jugés frauduleux. Cette mesure vise à garantir l'intégrité du système éducatif et de la fonction publique, en s'assurant que seuls les titres légitimes soient reconnus. La proposition inclut également l'expulsion des individus titulaires de faux doctorats de l'administration publique, afin de restaurer la confiance du public dans l'intégrité des services de l'État. Ces appels à l'action reflètent une volonté de restaurer la crédibilité des qualifications universitaires et de sanctionner les pratiques de fraude. La démarche vise à assainir l'environnement académique et administratif, et à envoyer un message clair contre la corruption intellectuelle.