Le gouvernement Moloua 3 a été officiellement constitué le 21 mai 2026 en République Centrafricaine, suite à la publication du décret n°26.146 détaillant sa composition. Ce décret, signé par le président Faustin-Archange Touadéra et le Premier ministre Félix Moloua, marque les premiers pas de cette nouvelle administration. Parmi les nominations, Madame Maxime BALALOU a été listée en tant que Ministre du Commerce et de l'Industrie, un poste clé au sein du cabinet. La publication du décret intervient dans un contexte où les observateurs examinent attentivement la formation de cette équipe gouvernementale, notant déjà des éléments qui suscitent des interrogations.
Erreurs de composition gouvernementale
Le décret initial n°26.146, qui officialisait la composition du gouvernement Moloua 3, a omis le ministère de la Culture et du Tourisme, selon des sources officielles. Cette absence notable dans la première publication a nécessité une clarification ultérieure, soulignant une certaine hâte ou un manque de rigueur dans le processus initial de formation du cabinet. Le gouvernement Moloua 3 est désormais composé de 29 membres, ce qui représente une équipe gouvernementale élargie par rapport aux configurations précédentes. Parmi ces membres, une dizaine de nouvelles personnalités ont fait leur entrée, marquant un renouvellement partiel au sein de l'exécutif de la République Centrafricaine. Ce nombre de membres et l'intégration de nouveaux visages étaient attendus après la période de consultations précédant la formation de ce nouveau cabinet.
Nominations controversées
La reconduction de Hassan Bouba au poste de Ministre de l'Urbanisme, de la Réforme foncière, de la Ville et de l'Habitat au sein du gouvernement Moloua 3 a suscité des interrogations. Cette nomination intervient alors que Hassan Bouba est inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité par la Cour Pénale Spéciale. Sa présence continue au sein de l'exécutif de la République Centrafricaine attire l'attention sur les critères de sélection des membres du cabinet, d'autant plus que son passé judiciaire est bien connu. Cette situation est observée de près par les analystes politiques et les organisations de défense des droits humains, qui s'interrogent sur les implications de maintenir une personnalité sous le coup de telles accusations à un poste ministériel.
Discours présidentiel et climat
Le décret n°26.147 a été publié le 22 mai 2026, corrigeant ainsi le décret initial relatif à la composition du gouvernement Moloua 3. Cette publication rectificative a notamment clarifié des éléments omis ou erronés précédemment, comme l'intégration du ministère de la Culture et du Tourisme. Le Président Faustin-Archange Touadéra avait, pour sa part, prononcé un discours le 30 mars 2026, bien avant la constitution de ce nouveau gouvernement. Dans cette allocution, il s'était engagé à défendre la République avec une détermination absolue, mettant en garde contre toute tentative de déstabilisation. Il avait spécifiquement ciblé ceux qu'il accusait d'utiliser les réseaux sociaux pour générer le chaos, soulignant ainsi une préoccupation concernant la stabilité et la communication publique dans le pays. Ce discours présidentiel préfigurait un climat de fermeté face à ce qui est perçu comme des menaces à l'ordre public et à l'harmonie sociale. Des informations précisent que Maxime Balalou, dont la nomination au poste de Ministre du Commerce et de l'Industrie a été annoncée, est un homme. Cette précision est importante car le décret du 21 mai 2026 l'avait initialement désigné comme "Madame Maxime BALALOU", une erreur qui a également contribué à la confusion initiale autour de la composition du gouvernement.
Implications et perspectives
Hassan Bouba, ancien cadre de la rébellion UPC, est d'origine tchadienne et a précédemment occupé le poste de Ministre de l'Élevage et de la Santé animale. Son parcours est marqué par une histoire complexe au sein de la scène politique et militaire centrafricaine. Sa situation est d'autant plus complexe qu'il s'était évadé de prison en 2021, après avoir été arrêté dans le cadre de l'enquête de la Cour Pénale Spéciale. Cette évasion, suivie de sa reconduction à un poste ministériel, ajoute une dimension particulière à sa présence au sein du gouvernement et soulève des questions quant à l'application de la justice et à la primauté du droit. La persistance de telles nominations controversées pourrait potentiellement affecter la crédibilité internationale du gouvernement Moloua 3 et sa capacité à s'engager pleinement dans les réformes nécessaires pour la stabilité et le développement de la République Centrafricaine. Les prochains mois seront cruciaux pour évaluer la direction que prendra cette nouvelle administration face aux défis internes et aux attentes de la communauté internationale.