Irène Moussa-Kembe, juriste de formation et Directrice Générale de Télécel depuis plusieurs années, incarne un leadership centrafricain dans le secteur des télécommunications de la République centrafricaine (RCA). Sa carrière démontre la possibilité d'une gouvernance de haut niveau dans ce domaine en RCA, prouvant que le secteur des télécommunications dans le pays peut être géré avec succès par des compétences nationales. Elle dirige cette entreprise de télécommunications, contribuant ainsi à l'essor et à la stabilisation du secteur dans le pays. Son mandat en tant que Directrice Générale de Télécel est perçu comme une redéfinition du leadership entrepreneurial.
Un parcours exemplaire à Télécel
Télécel Centrafrique, initialement fondée par un entrepreneur centrafricain, a par la suite été contrôlée par des groupes internationaux, et est actuellement sous la houlette d'un consortium libano-français. Ce parcours, typique de nombreuses entreprises africaines, met en lumière la transition entre l'initiative locale et l'investissement étranger. Sous la direction d'Irène Moussa-Kembe, l'entreprise a consolidé sa structure interne de manière significative. Les indicateurs de performance de Télécel se sont stabilisés, et la continuité de ses services a été maintenue sans interruption, permettant ainsi la rétention et la fidélisation de sa clientèle dans un marché concurrentiel. Avant sa nomination à ce poste stratégique, la direction générale de Télécel a été occupée par des expatriés, venant notamment du Rwanda, de France et du Liban, une pratique courante dans le secteur.
Contre-modèle aux pratiques établies
Dans la République centrafricaine (RCA), de nombreuses grandes entreprises et banques, dont ÉCOBANK, BGFI, la Banque Marroco-centrafricaine, Moov et Orange-RCA, limitent structurellement les cadres centrafricains à des postes de directeur général adjoint ou à des fonctions de moindre responsabilité. Cette pratique est observée dans plusieurs secteurs clés du pays, entravant la progression des talents locaux vers les plus hautes sphères décisionnelles. La réticence des conseils d'administration d'autres entreprises de télécommunications et de banques à confier des postes de direction à des ressortissants centrafricains semble relever d'un choix de gouvernance interne, ancré dans des habitudes et des préjugés, plutôt que d'une nécessité technique ou d'un manque de compétences locales. Cette approche contraste fortement avec le modèle de direction observé à Télécel Centrafrique, où une citoyenne centrafricaine occupe la plus haute fonction exécutive.
Implications pour la loi de priorité nationale
La performance d'un cadre national à un poste de si haute responsabilité soulève des interrogations quant aux exigences de l'État centrafricain en matière d'emploi. Elle met en lumière les lacunes dans l'application effective des lois existantes visant à promouvoir l'emploi des nationaux. L'argument fiscal souvent avancé par les multinationales pour justifier le maintien d'un personnel expatrié, souvent perçu comme plus coûteux mais prétendument plus expérimenté, ne devrait plus justifier le contournement de la loi sur la priorité nationale. Ce prétexte, souvent utilisé pour maintenir des expatriés même lorsque des compétences locales équivalentes existent, doit être réévalué à la lumière de l'expérience de Télécel.
L'exemple concret de Télécel démontre sans équivoque qu'une gestion nationale rigoureuse, portée par des dirigeants locaux compétents, peut piloter des investissements d'envergure aussi efficacement, sinon plus, que des techniciens internationaux. Le ministère du Travail dispose ainsi d'un précédent solide et d'un argumentaire solide pour exiger l'application réelle et scrupuleuse des clauses binomiales, qui prévoient l'association de cadres nationaux à des postes clés. Il peut également faire respecter le remplacement effectif des directeurs étrangers par des cadres centrafricains après la période de transition légale, telle que stipulée par la réglementation en vigueur.
La compétence nationale à l'épreuve
La direction générale de Télécel Centrafrique par Irène Moussa-Kembe est perçue comme une redéfinition du leadership entrepreneurial dans la République centrafricaine. Son mandat met en lumière une nouvelle approche de la gestion d'entreprise dans le pays, axée sur la valorisation des ressources humaines locales. La présence d'une femme centrafricaine à la tête d'une entreprise stratégique comme Télécel Centrafrique démontre de manière éclatante que les compétences nationales sont non seulement aptes, mais aussi prêtes à prendre le contrôle du tissu économique de la République centrafricaine. Cela soulève des questions fondamentales sur l'application rigoureuse des lois de priorité nationale et sur la capacité des cadres locaux à diriger des entités d'envergure, offrant un modèle inspirant pour l'avenir économique du pays.