La Banque Mondiale propose des réformes pour sauver ENERCA et SODECA

Le Premier ministre centrafricain Felix Moloua devant les elus de la Nation ce 24 aout 2022
Photo via Corbeaunews-centrafrique

La Banque mondiale a souligné les importantes pertes financières enregistrées par ENERCA, la société de distribution d'électricité, et SODECA, celle de distribution d'eau, en République centrafricaine. Son analyse met en lumière la gravité de la situation de ces deux entreprises d'État. Cette situation critique contraint le gouvernement à injecter continuellement des fonds publics pour maintenir ces structures de distribution essentielles opérationnelles. Face à ces difficultés persistantes et à l'impact grandissant sur la vie quotidienne des citoyens, une demande pressante a été formulée au Premier ministre, Félix Moloua, l'exhortant à entreprendre des réformes exigeantes afin d'imposer une gouvernance rigoureuse au sein de ces entités essentielles pour le développement du pays.

Lourdes pertes financières

Les défaillances récurrentes d'ENERCA et de SODECA génèrent des dettes considérables que le Trésor public est contraint d'éponger régulièrement. Ces pertes financières massives pèsent lourdement sur les finances de l'État. Selon les analyses détaillées de la Banque mondiale, les tarifs actuellement appliqués par ces entreprises ne couvrent pas leurs coûts de production, aggravant ainsi de manière continue leur déficit comptable. Cette inadéquation entre les recettes et les dépenses est un facteur clé de leur instabilité financière. Cette situation financière est également exacerbée par les impayés des administrations publiques elles-mêmes, affaiblissant davantage la trésorerie de ces fournisseurs essentiels d'énergie et d'eau. La somme de ces facteurs crée un cercle vicieux de dépendance aux subventions étatiques.

Impact sur la population

Les coupures d'électricité et les pénuries d'eau potable affectent négativement le quotidien des citoyens en République centrafricaine, selon des observations rapportées. Ces perturbations ont des conséquences directes et souvent dramatiques sur les ménages, les activités économiques et la santé publique, rendant l'accès à des services de base incertain et imprévisible. La situation est particulièrement préoccupante pour les populations des zones reculées, où les infrastructures sont déjà limitées. Les Centrafricains de l'intérieur du pays sont gravement touchés par l'absence de raccordement aux réseaux essentiels de survie. Cette déconnexion prive une partie significative de la population d'accès fiable à l'électricité et à l'eau potable, accentuant les disparités régionales et les difficultés quotidiennes dans ces régions. L'accès insuffisant à ces services fondamentaux freine également le développement économique local et la qualité de vie des habitants.

Gouvernance défaillante et urgence

La gestion de ces entreprises d'État souffre d'une absence totale de contrôle indépendant, selon les experts qui ont examiné la situation. Ce constat met en lumière les lacunes structurelles qui contribuent aux difficultés financières persistantes d'ENERCA et de SODECA. L'absence de supervision externe rigoureuse est perçue comme un facteur aggravant la situation actuelle des deux sociétés, permettant des inefficacités et des gaspillages. Pour y remédier, la mise en œuvre de compteurs prépayés et la révision des contrats de fourniture sont identifiées comme des mesures de secours urgentes et nécessaires. Ces initiatives visent à améliorer la gestion des revenus, à réduire les pertes non techniques et à optimiser les coûts opérationnels, offrant ainsi une perspective de redressement pour les entreprises. Ces réformes sont jugées essentielles pour stabiliser la situation financière des services publics d'eau et d'électricité et garantir leur pérennité.

Conséquences budgétaires et internationales

Le poids financier que représentent ENERCA et SODECA prive l'État centrafricain de ressources essentielles destinées au développement économique et social de la population. Ce fardeau budgétaire détourne des fonds qui pourraient être alloués à d'autres secteurs vitaux comme l'éducation, la santé ou les infrastructures. Sans un assainissement immédiat de ces portefeuilles publics, le budget de l'État restera tributaire de subventions d'urgence, ce qui limite considérablement sa capacité à investir dans l'avenir du pays, selon des analyses. Cette situation rend difficile l'allocation de fonds à d'autres secteurs cruciaux et entrave la planification budgétaire à long terme. L'aide des donateurs internationaux ne pourra pas couvrir indéfiniment les pertes de ces entreprises en état de déliquescence, selon les mêmes sources. Une réforme s'avère donc nécessaire pour éviter de compromettre davantage la stabilité financière du pays et l'efficacité de l'aide internationale, qui est censée soutenir le développement durable et non compenser des déficits structurels.