La Banque Mondiale tire la sonnette d'alarme sur les finances publiques centrafricaines

Une vue du centre-ville de Bangui, capitale centrafricaine.
Photo: RNL/Hervé Cyriaque Séréfio via Radiondekeluka

La Banque mondiale a publié un rapport le 2 juillet, tirant la sonnette d'alarme sur la gestion des finances publiques en République centrafricaine. L'institution de Washington a appelé à une plus grande transparence dans ce domaine. Ce rapport intervient alors que la République centrafricaine fait face à des défis économiques persistants, soulignant l'urgence de réformes visant à améliorer la gouvernance financière du pays. Les conclusions de la Banque mondiale mettent en lumière la nécessité pour Bangui d'adopter des mesures concrètes pour garantir une meilleure visibilité et une gestion plus saine de ses ressources budgétaires.

Dépendance excessive aux aides extérieures

Le rapport de la Banque mondiale estime que la République centrafricaine reste excessivement dépendante des aides extérieures, ce qui la rend vulnérable aux chocs économiques mondiaux. Cette dépendance structurelle expose le pays à des fluctuations imprévues, impactant la stabilité de ses finances publiques et sa capacité à planifier des investissements à long terme. La Banque mondiale a mis en évidence que cette situation représente un défi majeur pour l'autonomie budgétaire et le développement économique durable de Bangui.

Les données du rapport indiquent que l'aide extérieure a représenté près de 43,5% des recettes de l'État et a financé plus de 84% des dépenses d'investissement au cours des dernières années. Ces chiffres témoignent de la part prépondérante des financements externes dans le budget national et dans la réalisation des projets d'infrastructures et de développement. La Banque mondiale note l'urgence pour le pays de diversifier ses sources de revenus et de renforcer ses capacités internes de mobilisation des ressources.

Faiblesse des recettes intérieures

Les recettes intérieures de la République centrafricaine demeurent insuffisantes pour couvrir les besoins essentiels de l'État, selon le rapport de la Banque mondiale. Les experts de l'institution de Washington indiquent que les recettes domestiques représentent moins de 10% du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays. Ce niveau est jugé bien en deçà du seuil nécessaire pour assurer le fonctionnement minimal de l'État. Les besoins opérationnels minimaux de l'administration exigent un niveau de recettes d'au moins 12% du PIB. Cet écart met en lumière une fragilité structurelle des finances publiques centrafricaines et une difficulté persistante à mobiliser les ressources internes. La Banque mondiale insiste sur la nécessité de réformes fiscales et administratives pour accroître significativement la capacité de l'État à générer ses propres revenus, afin de réduire sa dépendance et de garantir une meilleure autonomie budgétaire.

Recommandations de la Banque Mondiale

La Banque mondiale recommande une amélioration de la coordination de l'aide extérieure. L'institution préconise également un soutien au développement plus prévisible et mieux aligné sur les priorités nationales de la République centrafricaine. Ces mesures visent à renforcer l'efficacité de l'assistance internationale et à permettre au pays de mieux planifier ses investissements et ses politiques publiques. Une meilleure prévisibilité des flux financiers externes est jugée essentielle pour stabiliser le budget de l'État et soutenir une croissance durable, réduisant ainsi la vulnérabilité aux chocs économiques.

Réaction du gouvernement centrafricain

Le gouvernement centrafricain reconnaît les lacunes notées par le rapport de la Banque mondiale et affirme son engagement à mettre en œuvre les recommandations formulées. Les autorités de Bangui ont indiqué prendre acte des conclusions de l'institution de Washington concernant la gestion des finances publiques. Elles ont exprimé leur détermination à travailler sur les réformes nécessaires pour améliorer la transparence et l'efficacité budgétaire. La publication de l'article sur cette analyse a eu lieu le 3 juillet 2026, au lendemain de la diffusion du rapport.