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Pékin a annoncé l'exemption de droits de douane pour 53 des 54 pays africains, une mesure qui s'inscrit dans le cadre de ses relations diplomatiques et commerciales avec le continent. Cette décision, rendue publique par les autorités chinoises, représente un geste significatif en faveur de l'intégration économique africaine et de la coopération bilatérale. L'initiative vise à renforcer les liens entre la Chine et l'Afrique, en facilitant l'accès au marché chinois pour les produits africains. En octroyant cet avantage commercial à la quasi-totalité des nations africaines, la Chine cherche à consolider son influence économique et politique sur le continent, tout en présentant cette démarche comme un soutien au développement des économies locales et à l'accroissement des exportations africaines. Cette stratégie s'inscrit dans une politique étrangère chinoise plus large, où les leviers économiques sont fréquemment mobilisés pour atteindre des objectifs diplomatiques.
L'exception Eswatini
L'Eswatini est le seul État africain à être exclu de cette exemption de droits de douane par Pékin, cette décision étant directement liée à sa reconnaissance diplomatique de Taïwan. Cette exclusion marque une divergence notable dans la politique chinoise envers le continent, soulignant l'importance que Pékin accorde à la question de Taïwan dans ses relations internationales. La position de l'Eswatini le distingue de l'ensemble des autres nations africaines bénéficiaires de cette mesure commerciale, mettant en lumière les conséquences concrètes de ses choix diplomatiques. Cette exception illustre la doctrine de la "Chine unique", selon laquelle Pékin considère Taïwan comme une province renégate et exige que les pays reconnaissent cette position pour bénéficier pleinement de ses avantages commerciaux et diplomatiques.
Malgré les pressions exercées par la Chine et un blocus aérien imposé, le président taïwanais Lai Ching-te s'est rendu à Mbabane, en Eswatini, réaffirmant ainsi les liens diplomatiques entre les deux nations. Cette visite a eu lieu en dépit des tentatives de Pékin de dissuader un tel rapprochement, illustrant la détermination de l'Eswatini à maintenir ses relations bilatérales avec Taïwan. La visite du président taïwanais dans la capitale de l'Eswatini, Mbabane, a envoyé un message clair sur la résilience des relations bilatérales face à l'opposition chinoise, renforçant la position du petit royaume africain sur la scène internationale en tant que l'un des rares alliés diplomatiques de Taïwan.
Dépendance économique et matières premières
Les échanges commerciaux entre l'Afrique et la Chine se caractérisent par l'exportation de ressources brutes non transformées depuis le continent africain, tandis que la Chine fournit des produits manufacturés finis. Cette dynamique est particulièrement observable en République centrafricaine (RCA), où l'économie repose principalement sur l'exportation de matières premières, telles que le bois et les minéraux, destinées au marché chinois. Ces ressources quittent le pays sans subir de transformation locale significative, soulignant une division du travail où la valeur ajoutée de la transformation industrielle est réalisée ailleurs. La Chine maintient ainsi un rôle central dans l'approvisionnement en produits finis pour de nombreux pays africains, créant une interdépendance économique où l'Afrique agit comme fournisseur de matières premières et marché pour les produits manufacturés chinois. Cette structure commerciale soulève des questions sur le développement industriel local en Afrique et la durabilité de cette dépendance.
Soutien aux régimes et influence technologique
La politique chinoise de « non-ingérence » est perçue comme un soutien direct aux régimes dictatoriaux, en échange d'un accès aux ressources et aux infrastructures. Cette approche façonne les relations de Pékin avec plusieurs nations africaines, où la stabilité politique, même au prix des libertés civiles, est privilégiée pour garantir les intérêts économiques chinois. Parallèlement, la Chine déploie des systèmes de paiement par code QR sur le continent afin de contourner l'utilisation du dollar américain. Cette initiative vise à établir une dépendance technologique et financière, renforçant ainsi l'influence économique chinoise en Afrique en promouvant l'utilisation de sa propre monnaie et de ses infrastructures technologiques. Cette stratégie permet à Pékin de contourner le système financier dominé par les États-Unis et de projeter sa puissance monétaire et technologique au-delà de ses frontières.
Le commerce, bras armé de la diplomatie
Le volume total des échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique a atteint un record de 348 milliards de dollars en 2025. Cette augmentation témoigne de l'intensification des liens économiques entre le continent africain et la deuxième puissance économique mondiale. Ce chiffre record illustre l'ampleur croissante de la relation économique sino-africaine, faisant de la Chine un partenaire commercial important pour de nombreux pays du continent. L'exemption de droits de douane pour 53 nations africaines s'inscrit directement dans cette stratégie d'expansion commerciale et d'influence diplomatique, où les avantages économiques sont utilisés pour modeler les alliances et les positions sur la scène internationale.