La Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR) a organisé un atelier d'information et de renforcement des capacités destiné aux professionnels des médias le mardi 13 octobre 2026. Cette session de travail clé pour le paysage médiatique national s'est tenue dans l'enceinte du stade de 20 000 places situé à Bangui. Ce choix de lieu, par sa capacité d'accueil, note l'importance accordée par l'institution à une large diffusion de ses objectifs auprès des différents organes de presse présents dans la capitale.
Le Dr Henri Yenzapa, président de la CVJRR, a justifié cette initiative par la nécessité de « bâtir des ponts entre la recherche de la vérité et l’information ». Les participants ont ainsi abordé les enjeux complexes liés à la couverture médiatique du processus de réconciliation nationale en République centrafricaine. Cet événement vise à accompagner concrètement les acteurs de la presse dans le traitement des thématiques mémorielles et judiciaires, souvent délicates à aborder. La mobilisation des médias constitue, selon l'institution, un levier opérationnel indispensable pour favoriser la compréhension publique des travaux de la commission et garantir une information fiable auprès des populations.
Un mandat historique étendu
Le mandat de la CVJRR englobe les événements survenus entre 1959 et 2019. Le Dr Henri Yenzapa, président de la CVJRR, a précisé l'étendue temporelle de cette mission lors de ses interventions devant les journalistes. Il a déclaré : « C’est de chercher à éclairer ce qui s’était passé depuis 1959, depuis la disparition de feu Barthélemy Boganda, jusqu’en 2019 ». Cette période, qui s'étend sur soixante ans, représente un pan entier de l'histoire du pays que la commission a pour charge d'analyser en profondeur.
La commission prévoit d'entamer la phase effective de recherche de la vérité à la fin de l'année 2026. Cette étape opérationnelle, attendue par de nombreux acteurs de la société civile, doit permettre de documenter avec rigueur les faits survenus durant cette période de soixante ans. Le Dr Henri Yenzapa a insisté sur la transparence nécessaire à ce processus, affirmant : « Une commission vérité ne peut accomplir sa mission dans le secret ».
L'institution entend élargir sa démarche de concertation dès la semaine suivant l'atelier médiatique organisé le 13 octobre 2026. Les responsables de la CVJRR prévoient de rencontrer les représentants des confessions religieuses, acteurs influents du tissu social centrafricain. Le Dr Henri Yenzapa a expliqué l'objectif de ces échanges : « Après les médias, nous allons aborder les confessions religieuses, pour que toutes les églises, toutes les paroisses, tous les musulmans parlent de cette commission ». Cette série de rencontres programmée pour la semaine suivant l'atelier vise à ancrer le processus de réconciliation nationale au sein des structures sociales et communautaires du pays, en s'appuyant sur les relais spirituels et moraux que représentent les différentes confessions. Par cette stratégie, la CVJRR cherche à garantir une adhésion large et une participation active de toutes les composantes de la nation à ses travaux de documentation historique et de quête de vérité.