Le président de l'Assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji, a pris la parole lors d'un colloque visant à analyser le déclin alarmant du système éducatif centrafricain. M. Sarandji, qui en est à son second mandat à la tête de l'Assemblée nationale, a déploré avec force la situation actuelle de l'enseignement dans le pays. Il a affirmé catégoriquement que « les enfants n’ont pas le niveau », soulignant ainsi les lacunes persistantes et profondes au sein des établissements scolaires de la République centrafricaine. Cette déclaration intervient dans un contexte où les préoccupations concernant l'avenir de la jeunesse centrafricaine et la qualité de son éducation sont de plus en plus vives.
L'état déplorable du système éducatif
Simplice Mathieu Sarandji a déclaré que « les enfants n’ont pas le niveau », critiquant ouvertement les performances éducatives actuelles et la capacité du système à former adéquatement la jeune génération. Cette assertion intervient dans un contexte de dégradation perçue et documentée du système scolaire, où les défis sont multiples et structurels. Le colloque lui-même, auquel M. Sarandji a participé, avait pour objectif d'analyser précisément ce déclin, mettant en lumière l'urgence de la situation.
Selon l'article, la corruption dans le système scolaire centrafricain aurait été multipliée par dix, voire vingt, sous la gouvernance actuelle, atteignant des proportions alarmantes. Cette augmentation significative des pratiques de corruption, qui touche tous les échelons de l'éducation, contribuerait de manière directe et majeure à l'affaiblissement général de l'éducation dans le pays. Elle affecte directement la qualité de l'enseignement dispensé, les ressources disponibles pour les élèves et les enseignants, et finalement les résultats des élèves, comme le déplore M. Sarandji. La prolifération de la corruption mine la confiance dans les institutions éducatives et entrave tout effort de réforme ou d'amélioration.
Priorités budgétaires contestables
L'article note avec insistance l'absence flagrante de ressources dédiées aux infrastructures scolaires nationales, créant un environnement d'apprentissage précaire pour des milliers d'enfants. Il mentionne spécifiquement le manque criant de tables, de bancs et de manuels scolaires, des éléments pourtant fondamentaux pour un enseignement efficace. Cette pénurie contraste de manière frappante avec d'autres dépenses importantes et controversées du budget national. Plus de 200 milliards de francs CFA par an sont alloués aux mercenaires russes de Wagner et d'Africa Corps, selon l'article, pour la sécurité du régime et l'exploitation des ressources naturelles du pays. Cette allocation massive de fonds à des acteurs extérieurs, au détriment des besoins essentiels de l'éducation, soulève des questions fondamentales sur les priorités du gouvernement et son engagement envers le développement humain et l'avenir de la nation. L'article insiste sur le fait qu'il n'y a "rien" pour les infrastructures scolaires nationales, accentuant le décalage entre les discours et les actions budgétaires.
Hypocrisie et responsabilité politique
Le président de l'Assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji, a occupé la fonction de Premier ministre avant son mandat actuel, une période durant laquelle il a exercé des leviers de pouvoir considérables au sein de l'exécutif. Cette trajectoire politique met en perspective ses récentes déclarations sur la faiblesse du système éducatif. M. Sarandji a notamment affirmé que « les enfants n’ont pas le niveau », une critique formulée alors qu'il a exercé des responsabilités gouvernementales de premier plan par le passé, ce qui soulève des interrogations sur les actions entreprises ou non sous sa direction pour remédier à ces problèmes. Son second mandat à la tête de l'Assemblée nationale lui confère également une position d'influence sur les politiques législatives et budgétaires.
L'article met en lumière une allégation selon laquelle le régime en place se serait octroyé illégitimement un troisième mandat, une accusation lourde de conséquences pour la stabilité et la légitimité démocratique du pays. Cette allégation soulève des interrogations profondes sur la légitimité des institutions actuelles et, par extension, sur la capacité réelle et la volonté du gouvernement à adresser efficacement les défis nationaux pressants, y compris ceux du secteur éducatif, qui fait l'objet des critiques de M. Sarandji. La question de la gouvernance et de la légitimité politique semble ainsi intrinsèquement liée à la capacité du pays à résoudre ses problèmes structurels, notamment en matière d'éducation.