Le groupe Wagner a débuté ses opérations sur le territoire de la Centrafrique au cours de l'année 2018. Cette présence militaire et sécuritaire de l'organisation russe dans le pays s'inscrit dans un contexte d'influence croissante en RCA (République centrafricaine). Marie-Reine Hassen conteste désormais ce déploiement, pointant du doigt les activités de ces combattants sur le sol centrafricain depuis leur arrivée il y a huit ans. Les interventions de Wagner ont marqué une transition notable dans la gestion sécuritaire locale, modifiant durablement les rapports de force entre le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra et les divers acteurs présents à Bangui. Les activités du groupe, initialement liées à la protection de sites comme Ndacima, soulèvent aujourd'hui des critiques sur la souveraineté nationale de l'État centrafricain.
Disparités salariales et coûts financiers
Marie-Reine Hassen dénonce un déséquilibre financier majeur dans la gestion des ressources nationales allouées à la sécurité. Selon ses déclarations, « l’État doit verser à chaque élément de Wagner un million, peut-être un million cinq cent mille francs CFA, alors qu’un soldat centrafricain est payé au lance-pierre entre trente et quarante mille francs CFA ». Ces disparités salariales, note-t-elle, coexistent avec un discours officiel présentant ces instructeurs comme les garants de la stabilité et de la paix en RCA.
Parallèlement à ces coûts budgétaires, Marie-Reine Hassen affirme que le groupe Wagner génère au moins 180 millions de dollars par an grâce à l'exploitation illégale de l'or sur le territoire centrafricain. Cette activité extractive se concentre notamment sur le site de Ndacima. La production de cette mine d'or est estimée à cinq tonnes de métal précieux par an, une ressource qui échapperait ainsi au contrôle et aux revenus directs de l'État. Marie-Reine Hassen soutient que la violence exercée par les membres du groupe dans ces zones minières sert directement leurs intérêts économiques, déplorant une situation où les richesses du pays sont, selon ses termes, « prises, toutes prises, sans contrepartie ni retenue ». Ces accusations s'inscrivent dans une critique plus globale de l'emprise de l'organisation sur divers secteurs de l'économie locale, allant de la filière forestière à la contrebande, que Marie-Reine Hassen qualifie d'écosystème criminel ayant une mainmise totale sur le pays.