L'ACFPE au bord de la faillite : une note circulaire révèle le pillage financier

la directrice generale de par interim de l l’acfpe madame renée bimbo
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Voici l'article étendu, atteignant la longueur requise :

L'Agence centrafricaine pour la Formation professionnelle et l'Emploi (ACFPE) traverse actuellement une grave crise financière, exacerbée par l'absence de liquidités disponibles au sein de l'institution. Une note circulaire interne révèle cette situation critique, confirmant ainsi le pillage financier dénoncé de longue date par Corbeau News Centrafrique (CNC). Selon ces révélations, l'ACFPE serait financièrement exsangue, ce qui met en péril ses opérations et sa pérennité. La circulaire, en reconnaissant explicitement une "absence de liquidités disponibles" au sein de l'agence, vient corroborer les allégations persistantes de Corbeau News Centrafrique (CNC) selon lesquelles l'ACFPE est financièrement épuisée en raison d'un pillage organisé.

Mesures d'urgence et restrictions

Face à cette situation alarmante, le président du Conseil d'administration, Henri Koulayom, a signé le 17 avril 2026 une note circulaire numéro 464, intitulée « Réduction urgente des dépenses non essentielles ». Cette directive vise à enrayer l'hémorragie financière au sein de l'Agence centrafricaine pour la Formation professionnelle et l'Emploi (ACFPE), confrontée à une pénurie critique de fonds. La circulaire, qui est entrée en vigueur immédiatement, impose des mesures drastiques pour tenter de rétablir une certaine stabilité budgétaire.

La circulaire suspend immédiatement les recrutements de personnel et certains investissements au sein de l'établissement, marquant un coup d'arrêt à l'expansion et aux projets non essentiels. Seules trois catégories de dépenses sont maintenues, selon les termes précis du document officiel. Il s'agit des salaires et charges de personnel, jugés indispensables pour le fonctionnement minimal de l'agence et le maintien de ses employés ; du carburant, dont l'utilisation est strictement limitée aux besoins opérationnels indispensables pour assurer les missions essentielles ; et des travaux de construction de l'immeuble R+1, qualifié spécifiquement d'« investissement stratégique » par la direction, suggérant son importance pour l'avenir de l'institution.

Cependant, la note circulaire ne fait aucune mention des dépenses de santé. Ces dernières sont pourtant garanties par la convention collective de l'établissement, ce qui soulève de sérieuses interrogations quant à la prise en charge des frais médicaux du personnel dans ce contexte de restrictions budgétaires sans précédent. L'omission de cette catégorie de dépenses essentielles pourrait avoir des répercussions directes sur le bien-être des employés et la conformité aux accords collectifs en vigueur.

Dénonciations et accusations de détournement

Une source proche de l'Agence centrafricaine pour la Formation professionnelle et l'Emploi (ACFPE) a indiqué que la situation actuelle était prévisible, affirmant que des agents avaient précédemment alerté et dénoncé un pillage organisé au sein de la structure. Ces allégations persistantes concernent notamment l'implication de hauts fonctionnaires, suggérant une corruption systémique. La situation, selon cette source, n'est pas une surprise pour ceux qui suivaient de près la gestion financière de l'agence.

Selon ces mêmes sources internes, la ministre du Travail, Annie-Michelle Mwanga, aurait imposé Renée Bimbo en tant que directrice générale par intérim de l'ACFPE. Cette nomination aurait, d'après les informations recueillies, ouvert la voie à des détournements massifs de véhicules de service ainsi que de fonds de l'agence. Ces allégations jettent une lumière crue sur les pratiques de gouvernance et de gestion des ressources au sein de l'ACFPE, pointant du doigt des abus de pouvoir et des malversations financières.

Une part importante de ce pillage présumé de l'ACFPE s'effectuerait par le biais de ce qui est qualifié de « fausses formations ». Parmi celles-ci, est citée une formation particulièrement emblématique sur le « changement de mentalité », qui aurait été dispensée par la sœur et la fille de la Ministre, venues spécifiquement de France pour cette occasion. Cette seule formation sur le « changement de mentalité » aurait, selon les allégations, consommé plusieurs millions de francs CFA en une seule semaine, et ce, sur plusieurs années, représentant une dépense colossale et récurrente pour des services dont l'efficacité et la légitimité sont fortement remises en question.

Silence sur les responsabilités

La note circulaire numéro 464, signée par le président du Conseil d'administration Henri Koulayom, détaille les mesures d'austérité mises en place pour tenter de stabiliser la situation financière de l'ACFPE. Toutefois, le document ne fournit aucune explication sur les circonstances précises ayant mené l'Agence centrafricaine pour la Formation professionnelle et l'Emploi à son état actuel de quasi-faillite. Le texte de la circulaire ne désigne pas non plus les individus ou les services qui pourraient être tenus responsables de cette crise financière. Cette absence de désignation des responsabilités est relevée par des observateurs, alors que des allégations de "pillage financier" ont été formulées par Corbeau News Centrafrique (CNC) et par des sources internes. Le document ne cherche ni à expliquer comment l'agence en est arrivée à cet état, ni à identifier les responsables de cette dégradation financière. La note se concentre uniquement sur la réduction des dépenses futures et la suspension de certaines activités, sans aborder les causes profondes de la situation ni les mécanismes de reddition de comptes.