Les députés de l'Assemblée nationale ont exprimé des préoccupations quant au mauvais état des routes provinciales le 6 juillet, lors de la présentation du programme de politique générale du gouvernement. Cette alerte est intervenue alors que le programme gouvernemental était soumis à l'approbation des élus. Malgré ces inquiétudes soulevées concernant les infrastructures routières, le programme de politique générale du gouvernement a été adopté par la majorité des députés présents. Les discussions ont mis en lumière les défis persistants liés à la connectivité et à la maintenance du réseau routier dans plusieurs régions du pays, soulignant l'urgence d'une intervention gouvernementale.
Axes routiers en péril
L'état alarmant de plusieurs axes routiers provinciaux a été détaillé par les élus. L'axe routier Dékoa-Mala, d'une longueur d'environ soixante kilomètres, n'a pas bénéficié de travaux de réhabilitation depuis 30 ans. Cette situation est d'autant plus critique que la localité de Mala est considérée comme le poumon économique de la préfecture de Kémo et a historiquement approvisionné Bangui en produits agricoles. La dégradation de cette infrastructure routière entrave sévèrement le transport de ces denrées essentielles, impactant directement l'économie locale et l'approvisionnement de la capitale.
La dégradation des infrastructures routières ne se limite pas à cette zone. Le député de Zémio a par ailleurs attiré l'attention sur l'état du tronçon Sibut-Bambouti, également très dégradé. Cette route, vitale pour la circulation des biens et des personnes, présente des difficultés majeures, rendant les déplacements périlleux et longs.
Dans la commune de Bouca, les axes Bouca-Dékoa et Bouca-Batangafo se trouvent dans un état de dégradation très avancé. L'accès à Bouca par motocyclette est devenu pratiquement impossible en raison des conditions routières difficiles, isolant davantage cette localité. Ces situations illustrent les défis majeurs auxquels sont confrontées les infrastructures de transport dans plusieurs régions du pays, compromettant le développement et l'accès aux services essentiels pour les populations.
Potentiel économique inexploité
Le tronçon Sibut-Bambouti, dont la dégradation a été notée par le député de Zémio, traverse plusieurs préfectures de la République centrafricaine. L'état actuel de cette route entrave son rôle potentiel dans le développement économique de la région. Selon les informations disponibles, cet axe revêt une importance stratégique car il pourrait faciliter les échanges commerciaux avec des pays voisins tels que l'Ouganda, le Soudan et le Kenya. La réhabilitation de cette infrastructure permettrait d'ouvrir de nouvelles opportunités pour le transport de marchandises et de personnes, contribuant ainsi à l'intégration économique régionale et au désenclavement des zones traversées, actuellement isolées par les mauvaises conditions routières. L'amélioration de cette artère pourrait stimuler la croissance économique et améliorer les conditions de vie des habitants des régions concernées.
Réponse du gouvernement
Les députés ont interpellé le Premier ministre Félix Moloua pour qu'il fasse de la réhabilitation des routes provinciales une priorité. Le programme gouvernemental repose sur quatre axes stratégiques, incluant la relance économique, le développement des infrastructures et le rétablissement de l'autorité de l'État. Ces axes sont considérés comme fondamentaux pour le redressement du pays.
Concernant l'état des routes, le Premier ministre a déclaré : « Il ne faut pas dire que le gouvernement ne fait rien. La réhabilitation des routes est prévue dans mon programme ainsi que dans le Plan national de développement. Un mécanisme de suivi sera mis en place pour présenter les différents projets. Nous sollicitons votre soutien afin de pouvoir les mettre en œuvre ». Cependant, les députés ont exprimé des doutes quant à la rapidité de mise en œuvre de ces projets. Un contrat pour la réhabilitation de l'axe Sibut-Bambouti avait été signé il y a plusieurs mois, mais aucun travaux de construction n'est visible sur le terrain, soulevant des interrogations quant à l'efficacité des engagements pris. Les élus attendent des actions concrètes pour améliorer significativement l'état du réseau routier provincial.