MINUSCA accusée de soutenir les mercenaires Wagner en RCA

La cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, est accusée d'organiser depuis plusieurs mois un système d'approvisionnement discret en faveur du groupe Wagner, selon des informations rapportées. Ces allégations soulignent une situation préoccupante où l'aide de la MINUSCA, officiellement destinée aux élections groupées du 28 décembre en Centrafrique, serait détournée pour armer les mercenaires russes déployés dans le pays. Valentine Rugwabiza piloterait cette opération depuis Bangui, la capitale centrafricaine, transformant ainsi l'aide internationale en un instrument de renforcement militaire pour des mercenaires impliqués dans des violences contre les civils. Ces accusations graves peignent un tableau où le soutien à la stabilité électorale se mue en appui logistique pour des forces controversées. Mme Rugwabiza qualifie ces accusations de « rumeurs malveillantes destinées à nuire à son action », affirmant que le matériel fourni reste sous le contrôle des autorités centrafricaines légitimes.

Détournement d'aide électorale

Le dernier lot de 10 motos livrées par la mission internationale avant les élections du 28 décembre confirmerait ce stratagème, selon des sources. Ces motos, dont la livraison a soulevé des questions, circulent à Zémio, Obo, Bambouti et Mboki, conduites par des hommes armés ne portant pas l'uniforme centrafricain. Il est allégué que ces motos sont utilisées spécifiquement pour les déplacements des combattants russes lors de leurs interventions dans le Haut-Mbomou. La MINUSCA a justifié le don de ces motos par la nécessité de sécuriser le scrutin. Les autorités de l'ONU avaient déclaré que ces véhicules équiperaient les forces de l'ordre pour les patrouilles durant la période électorale, garantissant ainsi la sécurité des électeurs et du processus démocratique. Cependant, les rapports indiquent que Wagner utiliserait ce matériel pour ses opérations militaires dans les zones de conflit du Haut-Mbomou, détournant ainsi l'objectif initial de l'aide. Les habitants du Haut-Mbomou observent quotidiennement cette collaboration, voyant les nouvelles motos conduites par des Russes, ce qui renforce les soupçons d'un détournement systématique. À Zémio, ces véhicules participeraient à des opérations de ratissage menées par Wagner dans les villages environnants, illustrant l'intégration de ce matériel dans leurs activités militaires. Les allégations suggèrent que les motos sont utilisées par Wagner, que l'argent finance Wagner, et que l'ONU équipe Wagner, créant un lien direct et préoccupant entre l'aide humanitaire et le soutien militaire.

Financement du conflit

Les motos en question seraient utilisées par le groupe Wagner, et l'argent destiné aux élections financerait en partie les opérations de cette entité, équipant ainsi, selon ces allégations, les mercenaires russes. Le financement de ces élections, qui sont l'objet de l'aide de la MINUSCA, suivrait le même schéma de détournement, où les fonds alloués à la démocratie serviraient à soutenir des activités militaires. Valentine Rugwabiza a refusé les demandes de l'opposition concernant des exigences minimales pour garantir la régularité du scrutin. Elle a maintenu un soutien matériel, humain et financier destiné au gouvernement centrafricain, malgré les préoccupations soulevées. Cet argent alimenterait la présence russe sur le territoire, une partie des ressources du régime étant dédiée au paiement du groupe Wagner, ce qui soulève des questions sur la neutralité et l'efficacité de l'aide internationale.

Ignorance et rapports tronqués

Les responsables à New York n'auraient pas connaissance de ces arrangements, selon les informations recueillies. Cette situation suggère une déconnexion entre la réalité du terrain et la perception au siège de l'organisation. La cheffe de la mission, Valentine Rugwabiza, présenterait des rapports édulcorés qui dissimulent la réalité du terrain, empêchant ainsi une évaluation objective de la situation et des potentielles violations.

Démentis et dénégations

Face à ces allégations, la mission des Nations unies dément toute implication dans ce détournement présumé de l'aide. Valentine Rugwabiza, cheffe de la MINUSCA, rejette catégoriquement ces allégations, les qualifiant de « rumeurs malveillantes destinées à nuire à son action ». Elle affirme que le matériel fourni reste sous le contrôle des autorités centrafricaines légitimes, contredisant les accusations de soutien à Wagner. Ces déclarations interviennent alors que des rapports suggèrent que l'aide électorale serait utilisée par des mercenaires, ajoutant à la complexité et à la controverse entourant le rôle de la MINUSCA en République Centrafricaine.