Une controverse persistante autour de la nationalité d'Anicet Georges Dologuélé agite la scène politique centrafricaine, opposant les affirmations d'Évariste Ngamana à la position de Crépin Mboli-Goumba, qui s'appuie sur une décision du Conseil Constitutionnel. Évariste Ngamana, décrit comme « le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé », affirme avec insistance qu'Anicet Georges Dologuélé doit adresser un courrier au Président Faustin-Archange Touadéra pour demander sa réintégration dans la nationalité centrafricaine. M. Ngamana soutient que, sans cette démarche formelle, Dologuélé n'aurait « aucune nationalité » et par conséquent « aucune nationalité pour continuer à siéger à l’Assemblée nationale ». Cette question de nationalité a été examinée par le Conseil Constitutionnel dans le cadre de la candidature de M. Dologuélé à l'élection présidentielle de 2025, une procédure qui visait à clarifier sa situation juridique avant l'échéance électorale majeure. Le Conseil Constitutionnel a relevé qu'aucun décret n'avait formellement établi la perte de la nationalité centrafricaine par Anicet Georges Dologuélé. En conséquence, la requête contestant la candidature de Dologuélé a été rejetée, jugée infondée par l'instance constitutionnelle, renforçant la position de M. Dologuélé quant à sa citoyenneté.
La position d'Évariste Ngamana
Évariste Ngamana, identifié par certains comme « le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé », a explicitement affirmé qu'Anicet Georges Dologuélé se retrouverait « aucune nationalité » sans cette démarche clé. Selon M. Ngamana, cette absence de nationalité l'empêcherait non seulement de se présenter à des élections, mais aussi de continuer à siéger à l’Assemblée nationale, soulevant des questions fondamentales sur sa légitimité politique actuelle. La question centrale de cette controverse réside dans la détermination de savoir si Anicet Georges Dologuélé est légalement dans une situation où il aurait perdu sa nationalité centrafricaine, et s'il est par conséquent tenu de solliciter sa réintégration par les voies administratives. M. Ngamana insiste sur le fait que l'envoi d'un courrier officiel au Président Faustin-Archange Touadéra serait une étape indispensable pour M. Dologuélé afin de demander sa réintégration dans la nationalité centrafricaine, considérant cela comme la seule voie pour régulariser sa situation.
Décision du Conseil Constitutionnel
Crépin Mboli-Goumba a contesté cette affirmation d'Évariste Ngamana, rappelant une décision antérieure et décisive du Conseil Constitutionnel concernant la nationalité d'Anicet Georges Dologuélé. Cette décision, référencée sous le numéro 14/CC/25, avait été rendue le 14 novembre 2025, après un examen approfondi de la situation de M. Dologuélé. Le Conseil Constitutionnel avait alors conclu qu'Anicet Georges Dologuélé ne pouvait pas être soumis à des formalités de réintégration de nationalité en l'absence d'un acte juridique formel confirmant sa perte de nationalité centrafricaine. L'instance constitutionnelle a considéré que la perte de la nationalité par l'acquisition volontaire d'une nationalité étrangère n'était pas automatique dans les circonstances examinées, soulignant ainsi la nécessité d'une procédure légale explicite pour constater une telle perte. Ce verdict a eu pour effet de rejeter la requête contestant la candidature de Dologuélé, la jugeant infondée. Le Conseil a en effet noté qu'aucun décret n'avait formellement établi la perte de la nationalité centrafricaine par Anicet Georges Dologuélé, ce qui était un élément clé de sa décision.
Cadre légal et décisions antérieures
Les décisions du Conseil Constitutionnel, selon l'Article 147 de la Constitution du 30 août 2023, sont insusceptibles de recours et s'imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, ainsi qu'à toutes les personnes physiques et morales. Cette disposition constitutionnelle confère une autorité incontestable et une force exécutoire immédiate aux arrêts rendus par cette instance suprême en matière constitutionnelle. Toutefois, la situation d'Anicet Georges Dologuélé a connu un développement ultérieur qui a ajouté une couche de complexité à cette affaire. Le Tribunal de grande instance de Bangui a annulé le certificat de nationalité de M. Dologuélé le 16 octobre 2025. Cette décision judiciaire est intervenue après l'arrêt du Conseil Constitutionnel, créant une apparente dichotomie juridique.
Le Tribunal de grande instance de Bangui a fondé son annulation sur les dispositions du Code de la nationalité relatives à l'acquisition volontaire d'une nationalité étrangère, qui stipulent les conditions et les conséquences d'une telle acquisition. Ce Code de la nationalité centrafricaine prévoit également des procédures spécifiques de réintégration pour les personnes ayant perdu leur nationalité, offrant une voie pour ceux qui souhaitent la recouvrer. La réintégration peut être prononcée par décret présidentiel, après une enquête administrative approfondie menée par les services compétents, pour ceux qui souhaitent retrouver leur statut de citoyen centrafricain et exercer pleinement leurs droits civiques. Cette procédure de réintégration par décret, telle que prévue par le Code, contraste fortement avec l'absence de formalité requise par le Conseil Constitutionnel dans son jugement, soulignant la complexité du cadre légal entourant la nationalité et les interprétations divergentes des différentes instances juridiques du pays. Le litige fondamental réside donc dans la question de savoir si M. Dologuélé est légalement dans une situation où il aurait perdu sa nationalité et s'il doit, par conséquent, solliciter activement sa réintégration.