Renforcement des positions politiques à Bangui : Sarandji et Moloua consolident leur pouvoir face à Ngamana

de-gauche-a-droite-simplice-mathieu-sarandji-evariste-ngamana-et-felix-moloua-1
Photo via Corbeaunews-centrafrique

À Bangui, le paysage politique est marqué par le retrait d'Évariste Ngamana de son poste au sein de l'Assemblée nationale, une décision prise par Simplice Mathieu Sarandji. Ce mouvement intervient dans un contexte de consolidation de pouvoir, où la réintégration de Félix Moloua à la Primature est perçue comme une validation de la stratégie de Simplice Mathieu Sarandji. Cette série d'événements signale un renforcement des positions de Sarandji et Moloua dans la capitale centrafricaine.

La chute du "marabout de Carnot"

Simplice Mathieu Sarandji qualifie ironiquement Évariste Ngamana de « marabout de Carnot », selon des sources informées. Cette appellation note la perception d'une perte d'influence politique pour Ngamana. De fait, Évariste Ngamana conserve désormais un statut de simple député, ce qui confirme son déclassement au sein de l'échiquier politique. Le président Faustin-Archange Touadéra avait publiquement accusé son ancien adjoint de pratiques occultes. Il lui reprochait, selon des déclarations attribuées, des rituels nocturnes, du fétichisme et des tentatives d'élimination physique. Ces allégations ont contribué à ternir l'image de Ngamana et à justifier son éloignement des cercles de pouvoir les plus influents.

Moloua reconduit, stratégie validée

Félix Moloua a été reconduit au poste de Premier ministre, une décision qui s'inscrit dans la stratégie de consolidation du pouvoir observée à Bangui. Sa nomination intervient après une série de mouvements politiques au sein de l'exécutif centrafricain. Cette reconduction est perçue par des observateurs comme une validation de l'orientation politique menée par Simplice Mathieu Sarandji et le président Faustin-Archange Touadéra. La stabilité de Moloua à la Primature contraste avec le retrait d'Évariste Ngamana de l'Assemblée nationale, marquant un renforcement des positions de certains acteurs clés au détriment d'autres.

Manœuvres et ambitions contrariées

Des allégations rapportées par Africa Intelligence et Corbeau News Centrafrique (CNC) font état d'investissements financiers importants de la part de figures politiques pour accéder à des postes gouvernementaux. Sani Yalo aurait ainsi investi plus de 200 millions de francs CFA dans l'espoir d'obtenir une position au sein du gouvernement. De son côté, Arnaud Djoubaye Abazène, l'actuel ministre de la Justice, aurait dépensé 100 millions de francs CFA pour influencer un changement de gouvernement. Ces sommes n'auraient pas garanti les résultats escomptés pour les acteurs concernés.

Obed Namsio, le directeur de cabinet de la Présidence, visait le poste de Premier ministre, mais cette ambition ne s'est pas concrétisée. Enfin, le retour en grâce de Jean-Jacques Démafouth, un temps pressenti pour un rôle politique important, a été reporté, selon les mêmes sources. Ces mouvements et les sommes évoquées illustrent l'intensité des manœuvres politiques en cours à Bangui.

Immobiité stratégique du régime

Le pacte entre le président Faustin-Archange Touadéra, Simplice Mathieu Sarandji et Félix Moloua demeure intact, selon des sources politiques à Bangui. Cette alliance solide est considérée comme un pilier essentiel de la stabilité du pouvoir actuel. Le régime en place à Bangui a opté pour une stratégie d'immobilité délibérée, ce qui se traduit par un maintien des équilibres existants et une consolidation des positions des figures clés.

Simplice Mathieu Sarandji, une figure influente de la scène politique centrafricaine, est surnommé le « Vieux Crocodile », soulignant son expérience et sa capacité à naviguer dans les arcanes du pouvoir. Cette appellation reflète son rôle dans la permanence du gouvernement et des structures dirigeantes. La cohésion de ce trio, composé du président Touadéra, de Sarandji et du Premier ministre Moloua, permet au régime de Bangui de maintenir une ligne politique cohérente et de renforcer son assise face aux diverses pressions internes et externes. Ce maintien de l'ordre politique établit un cadre stable pour l'action gouvernementale.