République Centrafricaine : Touadéra reconduit son gouvernement, le "Moloua 3"

Touadera et son gouvernement reunis autour de diamant decouvert par le collecteur de boubou blanc au Bec d'or a Bangui
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a dévoilé jeudi 21 mai 2026 la composition de sa nouvelle équipe ministérielle à Bangui. Ce cabinet, désormais désigné sous le nom de « Moloua 3 », marque une reconduction complète de l'équipe précédente, selon les informations rapportées. Le décret présidentiel a confirmé cette stabilité gouvernementale, soulignant la volonté de l'exécutif de maintenir le cap. Parallèlement, Simplice Mathieu Sarandji a été maintenu à son poste de président de l'Assemblée nationale, assurant la continuité de la direction de l’institution législative et la stabilité au sein des organes de l'État.

Stabilité ministérielle annoncée et prédictions confirmées

La stabilité de l'équipe gouvernementale avait été largement anticipée. Podolski, un mercenaire russe et conseiller du président Touadéra, avait affirmé dès le 7 février 2026 sur la chaîne RT qu'il n'y aurait pas de changements majeurs pour le nouveau mandat. Cette prédiction se confirme avec la reconduction des titulaires de postes clés, démontrant une ligne politique cohérente avec les annonces précédentes. Les portefeuilles stratégiques des ministères des Finances, de la Défense, de la Justice, des Transports, ainsi que le Secrétariat général du gouvernement, demeurent inchangés, signalant une continuité dans les politiques sectorielles. La composition du gouvernement inclut toujours Hassan Bouba, malgré le fait qu'il soit formellement recherché par la Cour Pénale Spéciale, une situation qui continue de susciter des interrogations. Cette persistance de figures controversées au sein de l'exécutif met en lumière la complexité des équilibres politiques internes.

Contexte politique et alliances complexes

La situation politique en République Centrafricaine a été marquée par des tensions significatives autour de la révision constitutionnelle, un dossier central pour l'administration actuelle. Danièle Darlan, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, a été démise de ses fonctions après avoir rejeté le projet de révision constitutionnelle de 2016. Cette décision, qui avait fait grand bruit, note les défis rencontrés par l'administration dans sa tentative de modifier la loi fondamentale du pays et de consolider son pouvoir. Le maintien d'une stabilité gouvernementale, comme en témoigne la reconduction de l'équipe « Moloua 3 », s'inscrit précisément dans un contexte où le pouvoir cherche à renforcer ses assises et à éviter toute perturbation interne. Les récents événements, y compris le maintien de figures comme Hassan Bouba au sein du cabinet, illustrent la complexité des alliances politiques et des enjeux de pouvoir dans le pays, où les impératifs de stabilité semblent primer sur d'autres considérations.

Réactions et perceptions populaires

Le ressentiment de la population grandit en République Centrafricaine, alimenté par la perception d'une structure gouvernementale inchangée et une situation économique stagnante. Cette reconduction du cabinet, le « Moloua 3 », intervient alors que de nombreux citoyens expriment leur déception face à l'absence de nouveaux visages ou de réformes significatives. L'immobilisme apparent de l'équipe au pouvoir, sans remaniement notable, est perçu par une partie des Centrafricains comme un manque de considération pour leurs préoccupations quotidiennes et leurs aspirations à un changement. La persistance des défis économiques, notamment, contribue à cette insatisfaction croissante au sein de la société, qui attend des réponses concrètes et une amélioration de ses conditions de vie.

Implications pour le mandat présidentiel

Le Premier ministre Félix Moloua, reconduit à son poste, entame une période qui pourrait le voir rester en fonction pendant sept ans, une durée significative pour un chef de gouvernement dans la région. Sa continuité à la tête du gouvernement renforce la stratégie présidentielle de stabilité et de consolidation du pouvoir, mise en œuvre par Faustin-Archange Touadéra. Cette prolongation potentielle de son mandat s'inscrit dans la lignée des attentes, après que le conseiller Podolski a évoqué l'absence de changements majeurs. La reconduction du "Moloua 3" suggère une volonté de maintenir le cap des politiques actuelles, malgré les défis persistants et les tensions politiques autour de la révision constitutionnelle. Elle témoigne d'une approche visant à assurer une continuité de l'action gouvernementale dans un environnement politique complexe.