Jeudi 20 août, une assemblée générale des contractuels et journaliers de la MINUSCA gérés par l'UNOPS s'est tenue à Bangui. Au cours de cet événement, Djamaka, le directeur adjoint de la MINUSCA, s'est adressé aux travailleurs, leur annonçant des conditions de paiement difficiles. Il a déclaré que les employés recevraient un seul mois de salaire, même après plusieurs mois de travail. Djamaka a précisé : « Vous pouvez travailler trois mois, on vous paie un mois ». Cette déclaration a provoqué la stupéfaction parmi les employés concernés. Les employés ont été informés qu'ils pourraient travailler deux à trois mois sans être payés, pour ensuite ne recevoir qu'un seul mois de salaire.
Explications des retards de paiement
Djamaka a attribué ces retards de paiement au processus de l'UNOPS, expliquant que l'organisation doit traiter les dossiers avant de les envoyer à New York pour validation. Ce processus, a-t-il indiqué, est la cause des délais rencontrés par les employés. Le directeur adjoint de la MINUSCA avait déjà déclaré que les employés pouvaient « travailler trois mois, on vous paie un mois », soulignant la longueur des attentes. Il a souligné que ces procédures administratives complexes, impliquant des validations internationales, étaient à l'origine des frustrations des travailleurs.
De son côté, l'UNOPS a précisé que le traitement des salaires nécessite un minimum de douze jours après le retour des fonds dans leurs systèmes. Cette procédure, comprenant plusieurs étapes administratives, contribue aux délais observés entre le travail effectué et la réception effective des rémunérations. Ces délais, bien que présentés comme inhérents au système, ont des répercussions directes et souvent dramatiques sur la vie quotidienne des contractuels et journaliers concernés.
Un incident dramatique
Une employée nommée Rita, contractuelle affectée à un entrepôt, s'est effondrée lors de l'assemblée générale. Cet incident est survenu alors que le directeur adjoint de la MINUSCA, Djamaka, s'exprimait sur les conditions de paiement. Le malaise de Rita a interrompu l'assemblée, rappelant de manière poignante les conséquences humaines des retards de salaire. Suite à son malaise, Rita a été évacuée d'urgence vers un hôpital de Bangui pour y recevoir des soins. Cet événement a marqué les esprits des autres travailleurs présents, renforçant leur sentiment d'urgence face à la situation.
Inégalités de traitement dénoncées
Certains employés ont affirmé avoir accumulé des dettes pendant un an en raison des retards de salaire persistants. Cette situation contraste avec les déclarations de Djamaka, qui avait auparavant précisé aux travailleurs : « Vous pouvez travailler trois mois, on vous paie un mois ». Les témoignages des employés ont mis en lumière des difficultés financières importantes, certains étant contraints d'emprunter pour subvenir à leurs besoins essentiels et à ceux de leurs familles.
Face à ces difficultés, les employés ont interpellé Djamaka, directeur adjoint de la MINUSCA, en lui demandant pourquoi le personnel national et international directement rattaché à la MINUSCA ne subissait pas de tels retards de paiement, contrairement à ceux gérés par l'UNOPS. Cette question met en lumière les disparités perçues dans le traitement des différentes catégories de personnel au sein de la mission. Les travailleurs ont exprimé leur incompréhension face à cette dichotomie, se sentant traités différemment malgré leur contribution essentielle aux opérations de la MINUSCA.
Réactions et contexte
Les employés ont été informés qu'ils pourraient travailler deux à trois mois sans être payés, une situation notée par Djamaka, directeur adjoint de la MINUSCA, qui a déclaré : « Vous pouvez travailler trois mois, on vous paie un mois ». Cette affirmation intervient dans un contexte de difficultés financières. Djamaka a également mentionné la découverte de plus de 400 « employés fantômes », une situation qu'il a présentée comme une raison majeure du déficit budgétaire actuel. Cette révélation met en lumière les défis de gestion auxquels la mission est confrontée et justifie, selon lui, les retards de paiement subis par certains contractuels. La découverte de ces irrégularités, bien que visant à expliquer les contraintes budgétaires, n'a pas apaisé les inquiétudes des employés, qui continuent de faire face à des retards de paiement qui affectent profondément leur quotidien et leur stabilité financière.