Sarandji consolide son emprise sur Bangui

Simplice Mathieu Sarandji on the left and the two candidates for the mayor of Bangui
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Simplice Mathieu Sarandji, après avoir consolidé sa position de seul candidat à la présidence de l'Assemblée nationale et façonné son bureau, a organisé une réunion stratégique à l'Hôtel Ledger de Bangui le 13 juin. Cette rencontre visait à résoudre un conflit interne au sein du parti, le Mouvement Cœurs Unis (MCU), concernant la candidature à la mairie de la capitale. Lors de cette réunion, Portia Deya Abazene a été humiliée et a quitté les lieux après la décision prise par la direction du parti. Elle a déclaré avec fermeté : « Je tiens à rappeler aux conseillers municipaux de ne pas se détourner de leur premier choix. La décision du parti ne doit pas se refléter demain sur votre choix légitime. » Mme Abazene a ajouté, soulignant sa détermination : « Je suis et reste concentrée sur mon travail, qui aboutira demain à une victoire exceptionnelle, même si cela sera contraire à la décision de notre parti, qui perd parfois le bon sens du choix pour les élections. » Ces propos mettent en lumière une contestation ouverte de l'autorité du parti dans ce processus électoral clé.

Divergence pour la mairie

Le conflit interne au sein du Mouvement Cœurs Unis (MCU) pour la mairie de Bangui opposait deux candidates de poids : Portia Deya Abazene et Prisca Roseline Mano. Ce bras de fer politique a culminé avec la décision de Simplice Mathieu Sarandji, qui a imposé Prisca Roseline Mano comme la seule candidate officielle du parti MCU pour la mairie. Cette imposition a ravivé les tensions internes, notamment en raison des efforts déployés par l'autre candidate. Des sources proches du dossier indiquent que Portia Deya Abazene aurait dépensé des sommes importantes pour tenter de corrompre des conseillers municipaux afin d'obtenir leur soutien. Les contributions officielles au parti MCU révèlent des disparités financières significatives entre les soutiens des deux candidates. Les documents internes montrent que le couple Mano a versé une somme de 6 500 000 FCFA au parti, tandis que le couple Deya Abazene a contribué à hauteur de 1 600 000 FCFA. Ces chiffres soulignent l'importance des moyens financiers dans les dynamiques internes du parti et la course aux investitures.

Portia Deya Abazene a réitéré sa position de défi face à cette décision unilatérale. « Je tiens à rappeler aux conseillers municipaux de ne pas se détourner de leur premier choix. La décision du parti ne doit pas se refléter demain sur votre choix légitime », a-t-elle insisté, s'adressant directement aux élus locaux dont le vote sera déterminant. Elle a également affirmé avec conviction : « Je suis et reste concentrée sur mon travail, qui aboutira demain à une victoire exceptionnelle, même si cela sera contraire à la décision de notre parti, qui perd parfois le bon sens du choix pour les élections. » Ces déclarations publiques marquent une rupture significative avec la discipline de parti habituellement attendue, signalant une bataille politique acharnée pour la mairie de Bangui.

Influence et précédents

Simplice Mathieu Sarandji a désormais imposé sa volonté concernant les candidatures à la mairie centrale de Bangui, démontrant sa capacité à orienter les choix stratégiques du Mouvement Cœurs Unis. Cette situation rappelle des précédents où des pressions ont été exercées en fonction de contributions financières ou d'influences politiques au sein du parti. Ces dynamiques internes mettent en lumière la manière dont les positions et les ressources peuvent être utilisées pour façonner les résultats des processus électoraux internes.

Un exemple notable de cette influence est celui de Sani Yalo. Ce dernier avait, par le passé, exigé le poste de Premier ministre en se basant sur ses contributions financières substantielles au parti. Actuellement, Sani Yalo exerce une forte pression pour obtenir la vice-présidence, démontrant une méthode similaire d'affirmation d'influence par des moyens financiers ou de positionnement stratégique. Ces précédents jettent une lumière crue sur les mécanismes de pouvoir au sein du MCU et la manière dont les postes clés sont attribués, souvent en fonction de critères bien au-delà de la simple compétence ou popularité.

Réactions et contestations

La réaction de Portia Deya Abazene à la décision de Simplice Mathieu Sarandji a été une contestation publique et virulente. Elle a exhorté les conseillers municipaux à ne pas s'écarter de leur « premier choix », une déclaration qui peut être interprétée comme un appel direct à voter contre la candidate imposée par le parti. « Je tiens à rappeler aux conseillers municipaux de ne pas se détourner de leur premier choix. La décision du parti ne doit pas se refléter demain sur votre choix légitime », a déclaré Mme Abazene, s'adressant spécifiquement aux élus qui devront prendre part au vote. Elle a ainsi mis en doute la légitimité de la décision du parti face à la volonté des électeurs.

Mme Abazene a affirmé que son travail acharné conduira à une « victoire exceptionnelle », même si cela contredit la position officielle du parti. Elle a déclaré sans détour : « Je suis et reste concentrée sur mon travail, qui aboutira demain à une victoire exceptionnelle, même si cela sera contraire à la décision de notre parti, qui perd parfois le bon sens du choix pour les élections. » Ces déclarations ne sont pas seulement une contestation de la décision actuelle, mais aussi une remise en question plus large de la capacité du Mouvement Cœurs Unis (MCU) à faire des choix judicieux pour les élections. Elles suggèrent une profonde division et une défiance croissante envers la direction du parti dans ce processus électoral clé pour la capitale.

Prochaines étapes et enjeux

Face à cette situation tendue, certains cadres du Mouvement Cœurs Unis (MCU) ont appelé Simplice Mathieu Sarandji à organiser une réunion similaire à celle du 13 juin pour arbitrer la position de vice-président, un autre poste clé qui suscite des convoitises et des tensions internes. L'attente est grande quant à la manière dont ces différends seront gérés et si Sarandji interviendra de la même manière autoritaire. Le vote des conseillers municipaux pour l'élection à la mairie est quant à lui prévu pour mercredi matin à 10 heures. Cette échéance proche accentue la pression sur toutes les parties prenantes et promet une élection locale particulièrement suivie, dont l'issue pourrait avoir des répercussions significatives sur la cohésion interne du MCU et sur la gouvernance de la capitale.