Tentative de harcèlement du Ministre de l'Urbanisme contre Maître Mboli-Goumba : un revers juridique qui éclabousse le pouvoir

La devanture de la résidence de Maître Crépin Mboli-Goumba la nuit
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Une controverse politique a éclaté en République centrafricaine, impliquant Maître Crépin Mboli-Goumba, coordinateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC). Les faits relatés dans cet article, daté du 14 juillet 2026, détaillent une tentative de harcèlement présumée du Ministre de l'Urbanisme à l'encontre de Maître Mboli-Goumba, marquant un revers juridique pour le pouvoir en place. Cette affaire met en lumière les tensions politiques actuelles dans le pays.

La riposte de l'opposant

Maître Mboli-Goumba, coordinateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), a adressé une lettre de réponse datée du 6 juillet 2026 à une « mise en demeure » ministérielle. L'opposant a réagi à des accusations qu'il lie à l'activité d'une « haute personnalité ». « Il y a plus d’un mois, une haute personnalité a entrepris de fréquenter assidûment une de mes voisines. Des personnes avisées m’ont alors affirmé que j’aurais des problèmes bientôt. Ces personnes, manifestement, avaient vu juste », a déclaré Maître Mboli-Goumba, diplômé de Howard School of Law.

L'avocat a également précisé la nature de l’espace concerné par la controverse. « Ma famille n’habite pas sur ces ouvrages. Elle n’y met d’ailleurs pas les pieds, heureuse de voir nos compatriotes profiter d’un espace salubre, îlot dans un océan d’insalubrité », a-t-il affirmé. Cet espace bénéficie d'une autorisation municipale accordée le 19 septembre 2012 par la Mairie de Bangui.

L'illégalité du ministère pointée du doigt

Le Ministre de l'Urbanisme impliqué dans cette affaire est Hassan Bouba, présenté comme un « chef rebelle de l’UPC le Tchadien ». Des sources proches du dossier indiquent que les articles 19 et suivants de la loi n°63.441 du 9 janvier 1964 retirent au Ministère de l'Urbanisme toute prérogative concernant les autorisations d’occupation temporaire du domaine public. Ces compétences seraient exclusivement attribuées aux maires et au Ministre des Travaux Publics. Cette interprétation légale suggère que le ministère n'aurait pas la capacité juridique d'intervenir sur ce type de permis, soulevant des questions sur la légalité de sa démarche dans le cas de Maître Mboli-Goumba.

Lien présumé avec les activités présidentielles

L'article lie le harcèlement de Maître Mboli-Goumba aux visites nocturnes du Président Faustin-Archange Touadéra chez une voisine de l'avocat. Maître Mboli-Goumba a déclaré : « Il y a plus d’un mois, une haute personnalité a entrepris de fréquenter assidûment une de mes voisines. Des personnes avisées m’ont alors affirmé que j’aurais des problèmes bientôt. Ces personnes, manifestement, avaient vu juste. » L'espace concerné, décrit par Maître Mboli-Goumba comme un « îlot dans un océan d’insalubrité », bénéficie d'une autorisation municipale depuis 2012. Maleyombo, ancien directeur de cabinet du Ministère de l'Urbanisme et identifié comme un proche du chef de l'État, a été élu député du 4e arrondissement de Bangui.

Prochaines étapes judiciaires

Maître Crépin Mboli-Goumba a annoncé qu'il saisirait « immédiatement » le Tribunal Administratif. Cette démarche judiciaire fait suite aux récentes controverses et aux accusations de « harcèlement » qu'il a formulées à l'encontre du Ministre de l'Urbanisme. L'avocat, également coordinateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), entend ainsi contester les actions ministérielles qu'il estime illégales, notamment en ce qui concerne les autorisations d'occupation temporaire du domaine public. En portant l'affaire devant cette instance, Maître Mboli-Goumba cherche à obtenir une décision qui clarifie les compétences des différentes autorités et la légalité des interventions du ministère.