Voici l'article étendu, rédigé pour atteindre la longueur requise tout en respectant les règles de fidélité énoncées :
En Centrafrique, le président Faustin-Archange Touadéra est accusé de manipuler la communauté islamique du pays, notamment autour de la succession à la tête du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA) et de la gestion de fonds importants provenant d'Abu Dhabi. Ces allégations soulignent une période de turbulences et d'incertitude quant à la direction de cette institution religieuse clé pour la communauté musulmane centrafricaine.
La mort de l'Imam Oumar Kobine Layama, alors président du CSISCA, survenue en septembre 2020, a créé un vide au sommet de l'organisation, ouvrant la voie à une série d'événements controversés. Après cette disparition, une assemblée générale régulière s'est tenue en décembre 2025, aboutissant à l'élection de l'Imam Abdoulaye Ouassélégué comme nouveau chef du bureau exécutif du CSISCA. Cette élection, censée apporter une stabilité, a malheureusement été suivie de près par des allégations de manœuvres politiques et d'interférences externes.
Des sources proches du dossier affirment que la clique d'Ahmat Deléris Rator aurait promis au président Touadéra d'importants pots-de-vin si elle parvenait à obtenir la gestion des fonds en provenance d'Abu Dhabi. Ces accusations suggèrent une instrumentalisation des affaires religieuses à des fins politiques et financières au sein de l'État centrafricain, jetant une ombre sur l'intégrité des processus de succession et de gestion des ressources destinées à la communauté.
Détails de la prise de pouvoir et de l'ingérence politique
Après le décès de l'Imam Layama en septembre 2020, un bureau provisoire a été rapidement mis en place. Ce bureau intérimaire a été placé sous la direction d'Ahmat Deléris Rator. Cette période intérimaire, qui a duré cinq ans, s'est étendue de 2020 à 2025, une durée jugée excessive par de nombreux membres de la communauté islamique. Face au refus persistant de Rator d'organiser des élections pour la direction du CSISCA, un comité ad hoc a été créé en 2025. Ce comité avait pour mission de superviser la transition et d'assurer un processus électoral transparent.
Le nouveau bureau, légitimement élu, a été officiellement investi à l'Assemblée nationale en janvier 2026. La présence du ministre des Transports, Djono Ahaba, lors de cette cérémonie, attestait de la reconnaissance officielle de ce bureau par une partie de l'appareil d'État. Cependant, cette légitimité a été rapidement contestée par des actions parallèles.
Des informations révèlent que le président Touadéra aurait convoqué une réunion avec Rator et des 'chefs de race' tchadiens seulement deux jours après une attaque rebelle sur Amdafock. L'objectif déclaré de cette rencontre, diffusée sur la télévision publique, était de condamner l'attaque. Cependant, lors de cette réunion officielle, le président Touadéra aurait désigné Rator comme « Monsieur le Président », une appellation qui a été perçue comme une reconnaissance implicite de sa légitimité à la tête du CSISCA, malgré l'existence d'un bureau élu. Cette désignation a soulevé de vives interrogations quant aux intentions réelles du président.
Dans le cadre de ces manœuvres, une assemblée fictive avait été initialement fixée au 3 juillet 2026. Cette date a été reportée, mais l'initiative a persisté. L'assemblée fictive a ensuite été reprogrammée pour le 10 juillet 2026 et devait se tenir à la mosquée Ali Babolo dans le quartier de KM5, un lieu symbolique. Cependant, cette tentative de légitimer un bureau parallèle a été largement rejetée par la communauté : la majorité des imams centrafricains auraient boycotté l'événement du 10 juillet 2026, signalant un manque de soutien clair à cette initiative.
Allégations de financement illégal et d'ingérence continue
Les allégations de financement illégal et d'ingérence politique sont au cœur de cette controverse. La faction d'Ahmat Deléris Rator aurait financé la campagne présidentielle de Faustin-Archange Touadéra à hauteur de 200 millions de francs CFA, selon des sources internes. Ce financement présumé suggère une relation de dépendance ou de réciprocité entre la faction de Rator et la présidence.
Parallèlement, le président Touadéra aurait personnellement débloqué 14 millions de francs CFA issus des fonds de l'État pour financer l'assemblée générale fictive mentionnée précédemment. L'objectif de cette assemblée était clairement d'évincer le bureau légitime du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA), élu en décembre 2025. Ces actions s'inscrivent dans un contexte de tentatives d'ingérence directe dans les affaires internes de la communauté musulmane, utilisant des ressources publiques pour des objectifs politiques contestables.
Le président Touadéra avait initialement promis de valider le nouveau bureau du CSISCA le 12 juillet 2026, une démarche qui aurait pu apaiser les tensions. Cependant, il aurait discrètement reporté sa visite au 13 juillet 2026. Cette modification de calendrier, bien que mineure en apparence, a soulevé des interrogations quant aux motivations derrière ce report et à la sincérité de l'engagement présidentiel.
Des informations font également état d'un chèque de 50 millions de francs CFA qui aurait été remis au président Touadéra, sans que la nature de cet échange ne soit clairement définie. Un "cadeau" supplémentaire de 15 millions de francs CFA aurait également été octroyé, alimentant les soupçons de transactions financières opaques et de corruption.
Ces manœuvres financières et politiques ne se sont pas limitées aux fonds et aux rendez-vous présidentiels. Le ministre de l'Administration du Territoire, Bruno Yapandé, aurait tenté de faire pression sur le bureau légitime du CSISCA afin qu'il suspende les procédures judiciaires en cours. Cette intervention ministérielle suggère une volonté d'influencer le cours de la justice et de protéger certains acteurs impliqués dans la controverse autour de la direction du CSISCA, soulignant l'étendue de l'ingérence étatique.
Rôle des acteurs étrangers et enjeux financiers majeurs
La dimension internationale de cette affaire ajoute une couche de complexité. Des allégations rapportent qu'Ahmat Deléris Rator ne serait pas de nationalité centrafricaine, mais tchadienne. Cette information soulève des questions fondamentales sur sa légitimité à diriger une institution religieuse centrafricaine et sur les motivations derrière son rôle central dans ces manœuvres.
Parallèlement, des enjeux financiers considérables sont en jeu. La première tranche d'un financement de 34 milliards de francs CFA, provenant d'Abu Dhabi et destiné à des projets cruciaux pour la Centrafrique, notamment des complexes scolaires et médicaux, se trouverait, selon les informations disponibles, à la Banque Centrale de Centrafrique. La gestion et le contrôle de ces fonds sont au centre des convoitises et des allégations de pots-de-vin.
Les instigateurs de ces manœuvres chercheraient, selon des sources concordantes, un citoyen centrafricain de souche pour servir de figure de proue à leur « faux conseil ». Cette recherche d'une façade nationale vise à conférer une légitimité apparente à une structure contestée. Ahmat Deléris Rator envisagerait pour sa part d'imposer un autre ressortissant tchadien, résidant à Abu Dhabi, M. Alamine Baraka, comme figure emblématique de cette entité parallèle.
Plus troublant encore, Alamine Baraka est présenté comme le commissaire personnel du président Faustin-Archange Touadéra pour les ventes clandestines de diamants et les acquisitions immobilières de luxe aux Émirats arabes unis. Cette description, si elle est avérée, lie directement les tentatives de manipulation du CSISCA à des activités financières illicites et à des réseaux d'influence internationaux, impliquant potentiellement le plus haut niveau de l'État centrafricain. La clique de Rator aurait d'ailleurs promis au président Touadéra des retours financiers massifs si elle obtenait la gestion de ces fonds d'Abu Dhabi, soulignant l'importance des enjeux financiers dans cette crise de gouvernance religieuse.
Ces révélations jettent une lumière crue sur les défis de gouvernance et de transparence en Centrafrique, où les institutions religieuses, censées être des piliers de la société civile, sont prises au piège de luttes de pouvoir politiques et financières. La communauté islamique, déjà fragilisée par des années de conflit, se retrouve désormais confrontée à des divisions internes exacerbées par des ingérences externes et des allégations de corruption à grande échelle.