La résurgence de l'insécurité à l'Est compromet le troisième mandat présidentiel en RCA

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Photo via Corbeaunews-centrafrique

Dans le cadre d'une analyse datée du 11 juillet 2026 et rédigée depuis Limassa, le juriste Bernard Selemby Doudou a examiné la situation sécuritaire de la Centrafrique. L'auteur, Bernard Selemby Doudou, soutient que le pays avait hérité en 2016 d'une transition de pacification politique, marquée par le déclin des rébellions armées. Cette période, caractérisée par une relative accalmie, laissait entrevoir des perspectives de stabilité et de reconstruction pour la République Centrafricaine. Cependant, l'auteur attribue la résurgence de la violence armée actuelle à des erreurs diplomatiques et à une volonté de confiscation du pouvoir par le dirigeant de Bangui. Cette analyse met en lumière une dégradation progressive de la situation, contrastant fortement avec les espoirs suscités par la transition de 2016.

Selon Bernard Selemby Doudou, « la solution à cette crise ne réside que dans le dialogue politique inclusif pour gagner la confiance des forces vives de la nation, mais hélas… le dialogue politique inclusif réclamé en vain n’est plus d’actualité et la Centrafrique doit écrire une nouvelle page de l’histoire avec de nouveaux acteurs politiques et une nouvelle vision. » Cette déclaration note l'impasse politique actuelle et la nécessité d'un renouvellement profond des approches. Il a également interpellé directement le président, déclarant avec force : « Monsieur le président, n’attendez pas que les bruits de botte, la huée populaire et la clameur de la rue vous poursuivent pour se rendre à l’évidence que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est enfin arrivé. » Cette injonction marque l'urgence d'une prise de conscience et d'une action de la part du chef de l'État pour éviter une escalade des tensions.

Critique de la gouvernance actuelle

L'auteur critique la gouvernance du pouvoir de Bangui pour avoir favorisé des « grands mafieux étrangers » et mis en œuvre des politiques controversées telles que la cryptomonnaie et la tokénisation. Ces initiatives, selon Bernard Selemby Doudou, n'ont pas bénéficié à la population et ont plutôt servi des intérêts particuliers, exacerbant la méfiance envers les autorités. Bernard Selemby Doudou affirme qu'une nouvelle constitution a été imposée au pays sans le consentement libre du peuple. Cette imposition unilatérale est perçue comme un coup de force institutionnel, sapant les fondements démocratiques de la nation. Selon ses observations, le changement de constitution visait spécifiquement à supprimer les limites de mandat pour permettre une réélection indéfinie du président. Cette manœuvre est interprétée comme une tentative de s'accrocher au pouvoir, au détriment de la volonté populaire et des principes républicains.

L'auteur décrit les indicateurs de gouvernance comme étant « au rouge », signalant un déclin généralisé et un effondrement du régime. Cette situation se traduit par une détérioration des services publics, une augmentation de la corruption et une perte de crédibilité des institutions. Des révélations de Mediapart sont venues ajouter une couche de scandale à cette critique. Le média a en effet révélé une possible acquisition d'un appartement de luxe à Paris pour l'épouse du chef d'état-major des armées. Cet appartement est estimé à sept cent mille euros, soit plus de quatre cents millions de FCFA, soulevant des questions sur l'origine des fonds et la probité des dirigeants dans un pays où la majorité de la population vit dans la précarité.

Conséquences sécuritaires et humanitaires

L'instabilité actuelle en Centrafrique affaiblit considérablement l'autorité de l'État, selon les observations récentes de Bernard Selemby Doudou. Cette situation génère des crises humanitaires profondes, entraînant des mouvements massifs de réfugiés et de personnes déplacées à l'intérieur du pays. Des milliers de familles sont contraintes de fuir leurs foyers, abandonnant leurs biens et leurs moyens de subsistance, ce qui aggrave la vulnérabilité des populations. La situation sécuritaire est d'autant plus alarmante que des civils ont été décapités par des entités désignées comme des « Wagners noirs », ajoutant à la gravité et à la brutalité des violences. Ces actes témoignent d'une escalade de la barbarie et d'une absence de protection pour les citoyens.

Des tensions transfrontalières sont également signalées dans la sous-région, avec un risque élevé d'escalade dans la zone des trois frontières entre la République Centrafricaine, le Tchad et le Soudan. Cette zone, déjà volatile, est devenue un foyer potentiel de conflits régionaux, menaçant la stabilité de l'ensemble de l'Afrique centrale. Le Rassemblement Unitaire avait déjà alerté sur une crise imminente, comme en témoigne son Communiqué N*11 du 17 octobre 2025. Cette alerte précoce n'a manifestement pas été prise en compte, ou du moins n'a pas conduit à des mesures suffisantes pour désamorcer la situation, ce qui a permis à la crise de s'approfondir. L'ensemble de ces facteurs contribue à un climat d'insécurité généralisée, rendant la vie quotidienne des Centrafricains de plus en plus précaire et dangereuse.

Implications pour l'avenir politique

L'article de Bernard Selemby Doudou soulève trois interrogations majeures quant à l'impact des incursions armées sur l'éventualité d'un troisième mandat présidentiel et la faisabilité du projet de la « septième République ». Ces questions fondamentales mettent en doute la légitimité et la viabilité des ambitions politiques actuelles du dirigeant face à une situation sécuritaire et sociale en pleine déliquescence. L'auteur demande au président de démissionner avec honneur afin de permettre une transition politique consensuelle pour le pays. Une telle transition, selon lui, serait la seule voie pour restaurer la confiance, apaiser les tensions et reconstruire une nation divisée.

La politique étrangère actuelle est également décrite comme s'ingérant dans les questions de sécurité des États voisins. Cette ingérence, loin de consolider les relations régionales, pourrait au contraire attiser les flammes des conflits transfrontaliers, ajoutant une dimension internationale à l'instabilité interne. L'analyse de Bernard Selemby Doudou brosse un tableau sombre de la République Centrafricaine, soulignant l'urgence d'un changement radical de cap pour éviter un effondrement total et ouvrir la voie à une véritable pacification et à un développement durable. Sans une réorientation politique majeure et un dialogue inclusif, l'avenir du pays semble de plus en plus incertain, avec des répercussions potentiellement dévastatrices pour ses habitants et pour la stabilité régionale.