Affaire Bossembélé : Un témoin dédouane un ancien responsable militaire

Les audiences se poursuivent devant la Cour pénale spéciale (CPS) de Bangui dans l'affaire dite « Bossembélé ». Ce dossier, d'une importance capitale pour la justice centrafricaine, concerne des allégations de crimes contre l'humanité qui auraient été commis entre février 2009 et mars 2013. Les débats judiciaires en cours visent à éclaircir les responsabilités individuelles et collectives dans cette période sombre de l'histoire du pays, marquant une étape clé dans la lutte contre l'impunité. La Cour pénale spéciale, créée pour juger les crimes les plus graves commis en République centrafricaine, examine minutieusement les témoignages et les preuves pour établir la vérité.

Le témoignage de Mickael Makpévodé

Les audiences de lundi 21 septembre ont inclus le témoignage de Mickael Makpévodé, dont les déclarations ont apporté un éclairage nouveau sur certains aspects de l'affaire. M. Makpévodé est un ancien employé de maître Jean-Daniel Ndengou et également un voisin du supermarché Rayan. Il a déclaré avoir été accusé d'avoir incendié le supermarché Rayan, une accusation qui a directement mené à son arrestation. Il a été arrêté de nuit en 2010 par des éléments de la gendarmerie et de la garde présidentielle, marquant le début de sa détention. Après avoir été détenu à l'Office centrafricain de répression du banditisme (OCRB), une structure souvent associée aux enquêtes criminelles, il a été transféré au centre d'instruction militaire de Bossembélé. M. Makpévodé a décrit les conditions de détention difficiles à Bossembélé, marquées par un accès limité à l'eau et à l'électricité, soulignant les épreuves endurées par les détenus dans ce centre.

Déclarations sur Vianney Semndiro

Durant son témoignage, Mickael Makpévodé a fait des déclarations importantes concernant Vianney Semndiro, qui dirigeait le centre de Bossembélé. Selon M. Makpévodé, Vianney Semndiro avait eu un comportement correct envers les détenus, ce qui contraste avec les allégations générales de mauvais traitements. M. Makpévodé a nié avoir eu connaissance d'ordres émanant de Vianney Semndiro visant à maltraiter les prisonniers. Il a par ailleurs précisé que M. Semndiro organisait parfois des séances de prière pour les détenus et leur donnait occasionnellement de l'argent pour la nourriture, des gestes qui, selon le témoin, démontraient une certaine humanité. Le témoin a affirmé que Vianney Semndiro réconfortait les détenus et demandait à ses subordonnés de ne pas les brutaliser, tentant ainsi d'atténuer les souffrances. Enfin, Mickael Makpévodé a indiqué ne pas connaître les autres personnes accusées dans ce dossier, se concentrant uniquement sur son expérience personnelle et son interaction avec M. Semndiro.

Contexte de l'affaire Bossembélé

Les personnes mises en cause dans cette affaire complexe sont Vianney Semndiro, Firmin Junior Danboy, Eugène Ngaïkoisset et l'ancien président François Bozizé. Les accusations portées contre eux incluent des faits de traitements cruels, de torture et de meurtre, selon les éléments du dossier d'instruction. Ces allégations concernent des événements survenus entre février 2009 et mars 2013, période durant laquelle les crimes présumés auraient été commis, dans un contexte de tensions et d'instabilité. L'enquête vise à établir les responsabilités individuelles dans ces actions, en confrontant les témoignages et les preuves pour déterminer la culpabilité de chacun des accusés. La Cour pénale spéciale a pour mission de rendre justice aux victimes de ces crimes graves.

Fin de détention et suite

Mickael Makpévodé a quitté le centre de détention de Bossembélé après l'arrivée au pouvoir des éléments de la Séléka. Son départ est intervenu dans un contexte de changements politiques majeurs dans le pays, marquant une période de bouleversements. Il a ainsi recouvré sa liberté suite à ces événements, marquant la fin de sa période de détention dans ce centre. Le témoin n'a pas fourni de détails supplémentaires sur les circonstances précises de sa libération, se contentant de lier celle-ci à la prise de pouvoir par la Séléka, qui a entraîné de nombreuses libérations de prisonniers. Son témoignage s'est concentré sur les conditions de sa détention et le comportement de Vianney Semndiro, offrant une perspective unique sur les événements de Bossembélé. Les audiences se poursuivent pour examiner d'autres témoignages et preuves dans cette affaire clé.