Arrestation de leaders de la société civile à Bangui : le PCS monte au créneau

Elysée Nguémalé et Quentin Claver Ngbouando ont été arrêtés par la police le jeudi 15 octobre 2024 à Bangui. Les forces de l'ordre ont procédé à l'interpellation des deux leaders de la société civile au moment où ils s'apprêtaient à tenir une conférence de presse.

Profil des leaders interpellés

Elysée Nguémalé dirige l'Observatoire de la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC). Cette organisation se concentre sur le suivi des institutions publiques et la promotion des standards démocratiques sur le territoire centrafricain. Quentin Claver Ngbouando est pour sa part le leader du mouvement I Gwé. Ce groupe de la société civile est actif à Bangui dans la mobilisation citoyenne et le plaidoyer pour les droits civiques. Les deux hommes occupent ces fonctions de représentation au sein de leurs structures respectives au moment de leur arrestation par la police le 15 octobre 2024. Leur interpellation est intervenue alors qu'ils organisaient une conférence de presse pour le compte de leurs organisations.

Contexte de la contestation sociale

Le mouvement « ville morte » organisé le lundi 12 octobre 2024 à Bangui précède ces interpellations. Cette mobilisation sociale, qui a paralysé plusieurs activités économiques dans la capitale centrafricaine, constitue le point de départ de la séquence ayant conduit à l'arrestation d'Elysée Nguémalé et de Quentin Claver Ngbouando le 15 octobre 2024.

Chancel Sekodé-Ndeugbayi, président du Parti du Changement Social (PCS), a réagi publiquement à ces événements en formulant trois exigences précises : la libération immédiate des deux leaders, l'abandon de toutes les charges retenues contre eux, ainsi que la garantie effective du droit de manifester pacifiquement sur tout le territoire national.

Le président du PCS lie directement ces arrestations au climat politique actuel et aux tensions observées après la journée de contestation du 12 octobre. Selon Chancel Sekodé-Ndeugbayi, « Interpeller un responsable de la société civile au moment où il va s’adresser à la presse, au lendemain d’une plainte déposée par des organisations proches du pouvoir, n’est pas un hasard ».

Le dirigeant politique alerte également sur les conséquences de ces mesures policières pour la stabilité du pays. D’après Chancel Sekodé-Ndeugbayi, « Chaque entrave au droit de manifester pacifiquement rapproche notre pays de l’autoritarisme et de la dictature, et compromet la paix sociale et la confiance entre gouvernants et citoyens ». Le PCS maintient sa pression sur les autorités pour obtenir la remise en liberté des deux acteurs de la société civile, tout en dénonçant une procédure qu'il qualifie d'intimidation politique.