Un capitaine des Forces armées centrafricaines (FACA), chef du détachement d'Amdafock, contredit la version officielle du gouvernement concernant la reprise de la localité. Selon ses déclarations, Amdafock reste entièrement occupée par des assaillants depuis l'attaque du 30 juin. Ce militaire, actuellement réfugié à la base de la MINUSCA, a affirmé que « la réalité du terrain est radicalement différente de ce qui est diffusé ». Il a ajouté que « les assaillants sont positionnés partout, même dans les arbres, pour surveiller la zone », soulignant la persistance de leur présence sur le terrain dans la sous-préfecture de Vakaga. Cette déclaration du capitaine, à la tête du détachement FACA à Amdafock, vient jeter une lumière crue sur la situation sécuritaire, remettant en question les affirmations des autorités.
La réalité sur le terrain
Les affirmations du capitaine des Forces armées centrafricaines (FACA) contredisent de manière flagrante la version avancée par le gouvernement et l'état-major de l'armée. Ces derniers ont déclaré que les forces régulières, appuyées par leurs alliés russes, avaient repris le contrôle d'Amdafock après des affrontements survenus le 30 juin. Un porte-parole militaire avait notamment affirmé la sécurisation complète de la localité, laissant entendre un retour à la normale.
Le capitaine, qui est le chef du détachement d'Amdafock, maintient pour sa part que les rebelles occupent toujours la zone. Selon ses déclarations, les assaillants sont positionnés partout, « même dans les arbres », afin de surveiller les environs. Cette description suggère une présence persistante et stratégique des groupes armés dans la sous-préfecture de Vakaga, remettant en question l'étendue de la reprise annoncée par les autorités de Bangui. La situation, telle que décrite par ce militaire, indique que la localité est toujours sous le joug des assaillants depuis l'attaque initiale du 30 juin, une réalité qui contraste fortement avec les communiqués officiels. Le capitaine, actuellement réfugié à la base de la MINUSCA, insiste sur le fait que la situation sur le terrain n'a pas évolué dans le sens d'une reprise totale par les forces gouvernementales.
Mission humanitaire compromise
Une délégation d'officiels humanitaires et d'organisations internationales, partie de Bangui, s'est rendue à Amdafock. Cette délégation, dont la composition incluait des responsables de la Croix-Rouge et des Nations Unies, avait pour objectif principal de récupérer les corps de soldats et de civils tués, gisant dans les rues de la localité. La présence de ces corps, laissés sans sépulture, représentait une préoccupation majeure tant sur le plan humanitaire que sanitaire. Cependant, la mission de cette délégation n'a pas pu être menée à bien, et elle est retournée à Bangui sans avoir rempli son objectif, preuve de l'insécurité persistante sur place.
Une réunion s'est tenue à la base de la MINUSCA, rassemblant la délégation humanitaire, le sous-préfet, l'adjoint au commandant de brigade de la gendarmerie et le capitaine des FACA. Cette rencontre visait à coordonner les efforts et à évaluer la faisabilité d'une intervention. Par la suite, lors d'une tentative d'inspection de la ville, un convoi composé de deux véhicules blindés de la MINUSCA a essuyé des tirs peu après avoir quitté la base. Les forces des Nations Unies et les responsables humanitaires ont dû rapidement faire demi-tour et regagner la base, confirmant ainsi le danger omniprésent. En conséquence, les corps des soldats demeurent abandonnés dans la ville, une situation tragique soulignant l'incapacité d'accéder à la zone. Seul le corps d'un militaire a pu être récupéré et conservé pendant une journée avant son évacuation vers la capitale, Bangui, laissant de nombreux autres corps sans assistance. La délégation de la Croix-Rouge et des Nations Unies a dû se résoudre à rentrer à Bangui, leur mission de récupération des corps étant un échec face à l'hostilité de la situation.
Contexte géographique et stratégique
Amdafock, la localité au centre des récentes déclarations contradictoires, est située dans la préfecture de la Vakaga, une région du nord-est de la République centrafricaine. Cette zone géographique est particulièrement isolée et connue pour son instabilité chronique. La ville se trouve précisément à une distance de 60 kilomètres de Birao, le chef-lieu de la préfecture de la Vakaga. Cette position stratégique confère à Amdafock une importance significative dans le contrôle des axes de communication et des mouvements de groupes armés dans cette partie du pays. Sa proximité avec Birao, également un point névralgique et un centre administratif dans la région, note l'intérêt des différents acteurs pour cette localité, qui représente un enjeu majeur en termes de contrôle territorial et de sécurité régionale. L'isolement d'Amdafock rend également les opérations militaires et humanitaires particulièrement complexes et risquées.
Déni des renforts
Le capitaine des Forces armées centrafricaines (FACA), chef du détachement d'Amdafock, a formellement démenti l'arrivée de 100 éléments de renfort pour les troupes présentes dans la localité. Cette déclaration contredit l'information officielle selon laquelle des renforts auraient été déployés pour appuyer les forces gouvernementales en difficulté. Le militaire a précisé que ces renforts sont "théoriquement à Birao", mais qu'ils n'ont pas bougé en direction d'Amdafock depuis cinq jours. Leur absence sur le terrain questionne ainsi la capacité opérationnelle des forces armées dans cette zone et la véracité des informations diffusées par les autorités. Le capitaine a souligné que cette situation laissait les forces sur place dans une position vulnérable, sans le soutien nécessaire pour faire face à la présence persistante des assaillants.