Esclavage et extorsion sur le site minier de Rondi : des soldats FACA accusés

Un article révèle l'existence d'un système d'esclavage et d'extorsion organisé par le commandant Lamtagué et ses hommes contre leurs propres compatriotes centrafricains sur le site minier de Rondi. Le document affirme que le commandant Lamtagué et ses troupes ont mis en place un véritable système d'esclavage. Ce site minier est précisément situé dans la commune d'Abba, au sein de la préfecture de Nana-Mambéré. Pour accéder à la zone et collecter des déchets chinois, une somme de 1 000 FCFA est exigée à chaque entrée, selon les informations rapportées. Le commandant Lamtagué et ses troupes sont accusés d'avoir mis en place ces pratiques illicites, exploitant la vulnérabilité des populations locales.

Système d'exploitation des villageois

Le système décrit est imposé par des soldats des Forces Armées Centrafricaines (FACA) déployés pour sécuriser le site minier chinois de Rondi. Ces militaires, dont la mission première est d'assurer la sécurité, sont ainsi impliqués dans des pratiques d'exploitation. Le gouvernement centrafricain aurait cédé les terres des villageois locaux à des entreprises chinoises, modifiant profondément le mode de vie des habitants. Les habitants sont désormais contraints de récupérer les « poubelles », c'est-à-dire les graviers rejetés par les Chinois après l'extraction de l'or, afin de trouver des miettes d'or pour assurer leur survie quotidienne. Pour accéder à ces déchets et les collecter, une taxe de 2 000 FCFA est exigée pour deux entrées, selon les informations rapportées, imposant un fardeau financier supplémentaire à des populations déjà précarisées. Les villageois sont ainsi réduits à travailler sur leurs propres terres, désormais sous contrôle étranger, pour une subsistance minimale et sous la contrainte militaire.

Taxes et répressions militaires

Le commandant Lamtagué impose également une taxe hebdomadaire de 50 000 FCFA aux individus qui s'adonnent à l'orpaillage manuel en dehors du site chinois. Cette somme représente une charge considérable pour des orpailleurs artisanaux. En cas de non-paiement de cette taxe ou de tentative de contournement de la barrière mise en place, les orpailleurs subissent de sévères bastonnades infligées par les soldats, selon les informations rapportées. Ces violences physiques servent à maintenir la population sous pression et à garantir le respect des exigences financières illégales. Le défaut de paiement de la taxe hebdomadaire entraîne également le blocage de l'équipement essentiel, comme les motopompes et les groupes électrogènes, par les militaires, paralysant ainsi toute activité d'orpaillage pour ceux qui ne peuvent pas s'acquitter des sommes demandées. Ces pratiques sont rapportées comme faisant partie d'un système d'extorsion organisé, où la force armée est utilisée à des fins d'enrichissement personnel.

Réseau de corruption et d'abus

Des soldats des FACA exploiteraient également leurs propres sites miniers, utilisant des villageois pour l'extraction et le lavage du gravier. Ces villageois ne recevraient aucun paiement pour leur travail, et ceux qui réclameraient une compensation seraient menacés ou battus, selon des informations rapportées. Les soldats s'approprieraient ainsi l'intégralité de l'or extrait. L'argent collecté par ce système d'extorsion serait ensuite remis à l'Adjudant-chef KOTA MABOKO, chef de base, et à son adjoint l'Adjudant BANAMAYE. Ces derniers rendraient compte directement au Commandant Lamtagué, suggérant une chaîne de commandement bien établie pour ces activités illicites. Cette structure hiérarchique indique que l'exploitation n'est pas le fait d'individus isolés, mais s'inscrit dans un réseau organisé au sein des forces armées.

Étendue des pratiques abusives

Ces pratiques ne seraient pas isolées au site de Rondi. Des informations font état de méthodes similaires employées par des soldats sur d'autres sites miniers à travers le territoire national. Des localités comme Gaga, Zawa, Berberati et Nakombo seraient également le théâtre de tels agissements, où des militaires seraient impliqués dans des systèmes d'extorsion et d'exploitation de populations locales. Ces allégations suggèrent une étendue géographique plus large des abus rapportés, impliquant des forces armées dans des opérations minières illicites et généralisées. L'ampleur de ces violations des droits humains et des détournements de pouvoir soulève de sérieuses questions sur la gouvernance et le contrôle des forces de sécurité dans les zones minières de la République Centrafricaine.