Importateurs de carburant contestent la saisie gouvernementale en Centrafrique

Les importateurs de carburant en République centrafricaine contestent avec force la saisie gouvernementale de 160 000 litres de carburant, une opération présentée par les autorités le 5 juillet à Bangui. Les importateurs affirment que le carburant confisqué ne provient absolument pas du marché noir, contrairement aux déclarations officielles faites par le gouvernement. Ils déclarent avoir acquitté toutes les taxes requises par l'État pour ce volume spécifique de carburant. Les importateurs du produit pétrolier soutiennent avoir respecté l'ensemble des procédures administratives et fiscales rigoureuses en vigueur dans le pays pour l'importation de ces marchandises. Cette contestation met en lumière une divergence significative entre la version officielle et celle des acteurs économiques concernés.

Documents à l'appui des paiements

La Cellule de lutte contre la fraude pétrolière, une entité gouvernementale clé dans ce dossier, reconnaît l'authenticité des documents présentés par les importateurs de carburant. Ces documents, consultés notamment par Radio Ndeke Luka, incluent des reçus du Trésor public, des preuves concrètes de paiement des droits de douane, ainsi que des attestations de versements effectués à Mercure Logistique Centrafrique. Selon les informations recueillies, les taxes auraient été acquittées auprès des services fiscaux situés dans plusieurs localités stratégiques, à savoir Béloko, Baboua, Bouar, Bossemptélé et PK26. Le montant total des taxes versées pour cette cargaison s'élève à plusieurs millions de francs CFA, selon les informations disponibles, soulignant l'importance financière de ces transactions. Ces éléments documentaires solides viennent appuyer la position des importateurs, qui affirment avoir scrupuleusement respecté les procédures légales établies pour l'importation du carburant désormais saisi.

Contexte des procédures douanières

La Cellule de lutte contre la fraude pétrolière a succédé à l'ancienne Agence pour la stabilisation et la régulation des produits pétroliers (ASRP), marquant une évolution dans la gestion et le contrôle des hydrocarbures dans le pays. Selon des informations rapportées, cette nouvelle entité aurait délivré des autorisations spécifiques à certains opérateurs afin d'assurer l'approvisionnement en carburant des localités provinciales qui sont dépourvues de stations-service classiques. Dans le cadre de ce dispositif particulier, la Cellule avait mis en place une redevance fixée à 16 000 francs CFA par fût de produit importé sous ce régime dérogatoire. Ces procédures s'inscrivent dans un contexte plus large de régulation du marché des produits pétroliers en République centrafricaine, visant à contrôler de manière plus efficace les flux et les importations de carburant à travers le territoire national.

Pénurie et marché parallèle

La capitale, Bangui, est actuellement confrontée à une pénurie de carburant particulièrement visible dans ses stations-service, où les files d'attente sont fréquentes et les pompes souvent à sec. Cette situation tendue a naturellement entraîné une augmentation significative des prix pratiqués par les revendeurs sur le marché parallèle, exacerbant les difficultés pour les consommateurs. Alors que le prix officiel du litre de diesel est fixé par les autorités à 1 250 francs CFA, il peut atteindre jusqu'à 1 700 francs CFA chez ces vendeurs informels, soit une augmentation de plus de 35%. Cette disparité de prix met en évidence les tensions sur l'approvisionnement et l'impact direct sur le pouvoir d'achat des habitants.

Enquête gouvernementale en cours

Face à la complexité de la situation et aux allégations contradictoires, un comité interministériel a été créé pour enquêter de manière approfondie sur cette saisie de carburant, ont indiqué des sources gouvernementales. Ce comité est coordonné par Félix Moloua, le ministre d'État en charge de la Justice, ce qui note l'importance et la gravité que le gouvernement accorde à cette affaire. Sa mission principale est d'éclaircir les circonstances précises entourant la confiscation des 160 000 litres de carburant à Bangui et de vérifier méticuleusement les allégations des importateurs concernant le paiement des taxes et le respect scrupuleux des procédures administratives. Cette enquête vise à déterminer si les opérations étaient entièrement conformes à la réglementation en vigueur, dans un contexte de pénurie de carburant persistante et de tensions croissantes sur le marché national. Les conclusions de cette enquête sont attendues pour apporter la lumière sur cette affaire qui agite le secteur des hydrocarbures.