Le Programme d'action de Doha constitue un plan décennal conçu pour accroître la participation des pays les moins avancés (PMA) au commerce mondial d'ici 2031. Ces nations bénéficient d'un soutien financier significatif, ayant reçu plus de 223 milliards de dollars d'aide au développement liée au commerce au cours des vingt dernières années.
La position actuelle des PMA dans les échanges internationaux demeure toutefois limitée. Les exportations de marchandises en provenance de ces pays représentent 1,04 % des exportations mondiales totales. La part des PMA dans les exportations de services mondiaux s'établit à 0,5 %. Concernant les services fournis par voie numérique, les PMA comptabilisent 0,2 % du volume global. Ces indicateurs reflètent l'ampleur des efforts nécessaires pour concrétiser les objectifs de croissance commerciale visés par le Programme d'action de Doha pour ces économies.
Un soutien financier en mutation
L'aide publique au développement destinée aux pays les moins avancés a chuté de plus d'un quart en 2023. Malgré cette baisse, l'objectif mondial demeure de doubler l'Aide pour le commerce en faveur de ces nations entre 2018 et 2031. Les données des cinq dernières années montrent une divergence : les décaissements de l'Aide pour le commerce ont progressé de 1,2 %, tandis que les engagements financiers ont reculé de 5 %.
En 2024, les pays les moins avancés ont perçu 13 % du financement non concessionnel lié au commerce et 7 % du financement privé mobilisé pour ces activités. Xiangchen Zhang, directeur général adjoint de l'OMC (WTO), note que « la participation accrue des PMA à l'OMC a produit des résultats ». Il ajoute que « trop de personnes vivant dans les PMA n'ont pas encore pleinement exploité leur potentiel commercial, et il faut que cela change ».
Concernant la nature des flux, Xiangchen Zhang précise que « dans des contextes vulnérables, le financement privé ne peut pas remplacer le soutien concessionnel. Au contraire, ce sont souvent les ressources concessionnelles qui rendent l'investissement privé possible ». Il conclut que « la réponse ne consiste pas à choisir entre l'aide et l'investissement. Elle consiste en une aide qui mobilise l'investissement. Il ne s'agit pas d'un financement public ou privé, mais d'un partenariat qui tire le meilleur profit des deux ».
Réorienter les investissements et infrastructures
La part des pays les moins avancés dans le total des investissements directs étrangers demeure proche de 2,5 %. Ce niveau d'investissement reflète les difficultés persistantes rencontrées par ces nations pour attirer des capitaux extérieurs durables malgré les besoins de développement identifiés dans leurs économies respectives.
L'allocation de l'Aide pour le commerce destinée aux pays les moins avancés se concentre majoritairement sur des secteurs spécifiques. Environ 98 % des fonds sont orientés vers les infrastructures et les secteurs de production. Ces financements visent à renforcer les capacités matérielles et productives nécessaires pour soutenir les échanges commerciaux. Les 2 % restants du budget global sont alloués aux politiques commerciales et à la réglementation. Cette répartition illustre la priorité donnée par les bailleurs de fonds au développement des capacités physiques et industrielles au détriment des cadres institutionnels et normatifs. Le déséquilibre entre ces deux types de dépenses note les choix stratégiques effectués pour tenter de favoriser une meilleure intégration commerciale des pays les moins avancés dans les flux internationaux.
Renforcer les capacités et l'adhésion
Plus de 16 600 participants issus de 42 pays les moins avancés ont bénéficié de formations sur les règles et la mise en œuvre de l'OMC (WTO) depuis 2022. Ces programmes visent à renforcer les compétences techniques nécessaires pour naviguer au sein du système commercial multilatéral.
L'adhésion aux accords spécialisés montre toutefois des disparités persistantes. L'Accord sur le commerce électronique ne compte que 5 membres issus des pays les moins avancés sur un total de 70 signataires. En revanche, 27 pays les moins avancés ont rejoint l'Accord sur la facilitation des investissements pour le développement.
Xiangchen Zhang, directeur général adjoint de l'OMC, note les enjeux de cet engagement institutionnel : « nous pouvons laisser les contraintes budgétaires et l'aggravation des écarts de capacité fragiliser encore plus les économies les plus vulnérables, ou nous pouvons nous appuyer sur la dynamique créée pour établir des partenariats plus judicieux et aider les PMA à façonner l'avenir du commerce mondial. » Ces initiatives de renforcement des capacités restent déterminantes pour permettre à ces nations d'intégrer les nouvelles normes commerciales internationales.