Mahamat Saïd Abdel Kani : Le verdict de la CPI attendu le 23 septembre

Mahamat Saïd Abdel Kani, détenu et jugé à La Haye, aux Pays-Bas, depuis plus de quatre ans, connaîtra son sort ce mercredi 23 septembre. Il est poursuivi pour des allégations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Les faits reprochés se seraient déroulés dans la capitale centrafricaine, Bangui, entre avril 2013 et janvier 2014. Le verdict attendu déterminera si les juges estiment que les preuves présentées établissent sa responsabilité pénale dans ces événements.

Accusations et contexte des crimes

Mahamat Saïd Abdel Kani est l'ancien chef de la Séléka. Il fut initialement poursuivi pour des crimes présumés commis à l'Office central de répression du banditisme (OCRB) et au Comité extraordinaire de défense des acquis démocratiques (CEDAD). Les juges ont cependant abandonné les accusations liées au CEDAD, invoquant un manque de victimes identifiées. Les charges actuelles concernent uniquement des faits présumés commis à l'OCRB, impliquant 32 victimes. Selon l'accusation, Mahamat Saïd aurait participé à des actes de torture, des détentions illégales, des persécutions et d'autres violences visant des individus soupçonnés de soutenir l'ancien président François Bozizé. Le procureur l'accuse d'avoir supervisé ces atrocités, d'avoir directement participé à la capture de civils et d'avoir manqué à son devoir de protéger les détenus sous sa responsabilité. Il a été arrêté à Bria en janvier 2021, puis transféré à La Haye quelques jours plus tard. Son procès s'est ouvert le 26 septembre 2022. Mahamat Saïd est le premier haut responsable de la Séléka à être jugé par la CPI pour des crimes présumés commis lors de la crise centrafricaine. La décision sera diffusée en direct à Bangui par le bureau local de la CPI.

Défense et plaidoiries finales

Mahamat Saïd Abdel Kani a toujours plaidé non coupable depuis le début de la procédure. Les plaidoiries finales se sont tenues les 25 et 26 novembre 2025. Au cours de ces audiences, le Bureau du Procureur, le représentant légal des victimes et la défense ont présenté leurs arguments devant la Chambre. Les avocats de Mahamat Saïd ont soutenu que leur client, en tant que directeur de l'OCRB, avait agi dans le cadre de ses fonctions parmi les autorités en place après la prise de pouvoir par la Séléka. Ses défenseurs ont affirmé que ses actions visaient à rétablir l'ordre dans un contexte de crise sécuritaire. En conséquence, ils ont demandé son acquittement.

Implications du verdict

En cas de condamnation de Mahamat Saïd Abdel Kani, une audience ultérieure sera organisée pour déterminer la peine qui lui sera imposée. Si la Cour pénale internationale (CPI) prononce un acquittement, l'ancien chef de la Séléka pourrait être libéré, sous réserve d'éventuelles autres procédures judiciaires le concernant. Cette décision est particulièrement attendue en République centrafricaine (RCA), où les faits reprochés se sont déroulés et où de nombreux citoyens suivent avec attention l'évolution de ce procès historique pour les crimes commis durant la crise de 2013-2014. Le verdict pourrait avoir des répercussions significatives sur la perception de la justice internationale dans le pays.

Comparaison avec d'autres affaires

Le jugement de Mahamat Saïd intervient dans un contexte où d'autres acteurs de la crise centrafricaine ont déjà été confrontés à la justice internationale. Deux dirigeants de la milice rivale Anti-Balaka, Patrice Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom Rombhot, ont été condamnés en première instance à 15 et 20 ans de prison, respectivement. Un autre membre de l'Anti-Balaka, Maxime Mokom, a vu son procès abandonné par la Cour pénale internationale en raison d'un manque de témoins et de victimes pour étayer les accusations.