Manifestation des étudiants de l'INFPE à Bambari pour les bourses impayées et les conditions de vie déplorables

Un bâtiment de l’Institut national de formation des professeurs d’école, INFPE (ex-ENI) de Bambari. Image d'archives.
Photo via Radiondekeluka

Des étudiants de l'Institut national de formation des professeurs d’école (INFPE), anciennement ENI, ont manifesté jeudi matin à Bambari, en Centrafrique. Ce mouvement de protestation d'ampleur a vu les futurs enseignants descendre dans la rue pour exprimer leur profonde frustration. Leur action visait à protester contre le non-paiement de leurs bourses d'études et la dégradation alarmante de leurs conditions de vie au sein de l'établissement. Ces griefs, loin d'être nouveaux, sont récurrents et mettent en lumière des problèmes persistants. Cette mobilisation intervient dans un contexte où les établissements de formation du pays peinent à assurer un cadre de vie et d'apprentissage décent pour leurs élèves, compromettant ainsi la qualité de la formation des futurs cadres. La situation à Bambari, bien que spécifique à l'INFPE, met en lumière les défis systémiques auxquels sont confrontés les étudiants à travers le pays.

Revendications étudiantes sur les conditions de vie et d'apprentissage

Les retards dans le paiement des bourses d'études, principale source de revenus pour de nombreux étudiants, atteignent près de six mois. Cette situation financière précaire a des répercussions directes et dramatiques sur leur quotidien, entravant sérieusement leur capacité à suivre leurs études dans des conditions acceptables. Sans ces fonds essentiels, les étudiants se trouvent dans l'incapacité d'acquérir le matériel pédagogique indispensable à leur formation et à leur réussite académique.

Les étudiants affirment rencontrer des obstacles majeurs pour se procurer des fournitures essentielles. Il s'agit notamment des fascicules, des supports de cours et du papier bristol, des éléments pourtant nécessaires pour la prise de notes, la réalisation de travaux pratiques et la préparation aux examens. L'absence de ces outils de base compromet directement leur apprentissage et leur progression. Ces difficultés matérielles s'ajoutent à un environnement de vie déjà précaire au sein de l'établissement, exacerbant leur détresse.

En plus des problèmes financiers et matériels, les étudiants rapportent également une pénurie chronique d'eau potable à l'institut. Cette situation sanitaire préoccupante les contraint à se ravitailler dans les quartiers avoisinants après les cours, une tâche fastidieuse et chronophage. Cette contrainte quotidienne complexifie davantage leurs conditions de vie et de travail, les obligeant à consacrer du temps et de l'énergie précieux à cette tâche basique, au détriment de leurs études et de leur repos.

Réponse de la direction de l'INFPE et escalade de la protestation

En signe de leur détermination et pour faire entendre leurs revendications, les étudiants ont barricadé l'entrée principale de l'établissement lors de leur manifestation. Cette action symbolique visait à attirer l'attention des autorités sur l'urgence de leur situation. Jérémy Déo Gracias, directeur des études de l'INFPE, a réagi en reconnaissant les retards dans le paiement des bourses d'études, une admission qui valide les plaintes des manifestants. Il a précisé que ces bourses avaient été débloquées par les autorités compétentes et que des dispositions étaient prises pour acheminer les fonds à Bambari dans les plus brefs délais, promettant une résolution prochaine de la crise financière.

Témoignages des manifestants et maintien de la pression

Malgré les assurances de la direction, les étudiants maintiennent leur mouvement de protestation. Ils affirment avec fermeté qu'ils ne reprendront les cours qu'une fois leurs bourses effectivement versées sur leurs comptes. Cette position inébranlable note leur détermination face aux difficultés financières qu'ils rencontrent et leur méfiance vis-à-vis des promesses non concrétisées.

Les manifestants dénoncent également la qualité et la quantité de la nourriture qui leur est fournie au sein de l'institut, la jugeant déplorable et insuffisante. Cette situation, s'ajoutant au problème clé des bourses et au manque d'eau, contribue de manière significative à la dégradation générale de leurs conditions de vie, selon leurs dires. Les étudiants espèrent que leur mobilisation forcera les autorités à prendre des mesures concrètes et durables pour améliorer leur quotidien et garantir un environnement propice à leur formation.