Manifestation financée à Bangui : le régime Touadéra cherche à simuler un soutien populaire

Marche de soutien des partisans du pouvoir à Félix Moloua renommé Premier ministre
Photo via Corbeaunews-centrafrique

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Une marche de jeunes et de citoyens s'est tenue à Bangui le mardi 26 mai 2026. Cette manifestation aurait été financée par le régime du président Faustin-Archange Touadéra afin de simuler un soutien populaire au nouveau gouvernement dirigé par Félix Moloua. L'organisation de cet événement intervient dans un contexte politique tendu, où le pouvoir en place est confronté à des allégations d'ingérence étrangère et de mécontentement interne. Le maintien du gouvernement de Félix Moloua, ainsi que de nombreux membres, dont le Premier ministre lui-même et le président de l'Assemblée nationale, indiquerait que des décisions étatiques cruciales sont dictées par la diplomatie parallèle de Moscou. Cette situation soulève de sérieuses questions quant à la souveraineté des processus décisionnels au sein de l'État centrafricain.

Détails de la mobilisation et tensions sous-jacentes

Des agents du régime ont distribué des sommes de 500 et 1000 francs CFA aux participants à la manifestation, selon des observateurs sur place. Cette pratique, visant à encourager la présence lors de rassemblements, est perçue par de nombreux habitants de la capitale comme une tentative flagrante d'acheter un soutien public. Les résidents de Bangui désignent fréquemment ces manifestants sous le terme de « chercheurs à manger », suggérant une motivation principalement économique derrière leur participation, plutôt qu'une adhésion sincère aux politiques du gouvernement.

Quelques jours auparavant, des tirs militaires ont été entendus dans le quartier de Boy-Rabe à Bangui. Ces incidents sonores sont attribués à des soldats mécontents, signalant des tensions sous-jacentes et un malaise croissant au sein des forces armées. Ces événements s'ajoutent à un climat général d'incertitude et de fragilité. La mobilisation intervient dans un contexte de préoccupations quant à l'influence de la diplomatie parallèle de Moscou sur les décisions étatiques, une influence qui semble s'étendre à tous les niveaux de l'administration.

Contexte politique et influence russe grandissante

Faustin-Archange Touadéra a imposé une révision constitutionnelle lui permettant d'obtenir un troisième mandat présidentiel. Ce processus, largement controversé, a été soutenu par les mercenaires russes du groupe Wagner et le président rwandais Paul Kagame, soulignant l'ampleur des soutiens externes à la consolidation du pouvoir du président Touadéra. Selon l'article, les réseaux russes exerceraient un contrôle total sur l'appareil d'État centrafricain, une affirmation grave qui, si elle est avérée, compromet sérieusement l'autonomie du pays.

Cette situation intervient alors que des décisions étatiques cruciales sont dictées par la diplomatie parallèle de Moscou, comme le suggère le maintien quasi intégral du gouvernement de Félix Moloua. Le Premier ministre Félix Moloua, le président de l'Assemblée nationale, et presque tous les membres du gouvernement ont été maintenus à leurs postes, malgré les attentes de remaniement. Cette continuité est interprétée comme une preuve supplémentaire de l'emprise des réseaux russes sur les nominations et les orientations politiques du pays. Les sources affirment que cette influence s'exerce à travers des canaux non officiels, contournant les structures diplomatiques traditionnelles.

Implications et réactions populaires

L'article allègue que la population et une partie de l'armée ressentent une profonde colère face à la situation actuelle. Ce mécontentement est alimenté par la perception d'une perte de souveraineté nationale et par les difficultés économiques persistantes. La distribution d'argent lors des manifestations et les tirs de Boy-Rabe sont des symptômes de cette colère et des tensions latentes qui pourraient éclater.

En parallèle, un rassemblement de grande ampleur a eu lieu le 30 mars dans un stade de 20 000 places. Cet événement a été décrit comme une cérémonie de "couronnement", marquant une mobilisation significative, bien que son caractère spontané ou organisé par le pouvoir reste sujet à interprétation. La juxtaposition de ces événements – une manifestation présumée financée, des signes de mécontentement militaire, et un rassemblement de masse – dépeint un tableau complexe de la situation politique en République centrafricaine, où les dynamiques de pouvoir sont fortement influencées par des acteurs externes et où le soutien populaire est activement recherché, parfois par des moyens controversés. ---