Maxime Balalou, qualifié de « Clepto-mythomane », a salué la participation du président Touadera au Forum de haut niveau sur l'accélération de la réduction de la mortalité maternelle en Afrique. Ce forum, qui s'est tenu à Addis-Abeba lors du 39e sommet de l'Union africaine, a été le théâtre d'engagements majeurs de la part des dirigeants africains. Lors de cet événement, le président Touadera y a déclaré la mortalité maternelle urgence nationale et a lancé une initiative présidentielle visant à accélérer la réduction de la mortalité maternelle et néonatale en République centrafricaine (RCA). L'article, publié le 13 juin 2026, met en contraste ces engagements pris lors de forums internationaux avec la réalité alarmante des femmes qui continuent de mourir dans des maternités délabrées et sous-équipées en République centrafricaine. Il note un écart prononcé entre les déclarations officielles et les conditions rencontrées par la population.
La réalité des maternités délabrées
En République centrafricaine, des femmes continuent de mourir chaque année en couches, confrontées à un système de santé en crise. Les causes de cette mortalité sont multiples et tragiques : manque de sages-femmes formées, absence de salles d'accouchement équipées, pénurie de médicaments essentiels, insuffisance de sang pour les transfusions ou encore l'absence de routes accessibles, rendant difficile l'accès aux soins. Les hôpitaux publics, piliers de l'infrastructure sanitaire, manquent cruellement de lits, d'équipement stérile indispensable à des interventions sûres, d'électricité pour faire fonctionner les incubateurs vitaux pour les nouveau-nés, et même d'eau potable.
Cette situation critique pousse de nombreuses femmes à accoucher à domicile, souvent avec l'aide de matrones non formées, ce qui augmente considérablement les risques. Dans les maternités elles-mêmes, les conditions sont précaires, avec des coupures de courant qui peuvent survenir de manière inopinée, y compris pendant des césariennes, mettant en danger la vie de la mère et de l'enfant. Ce système de santé, délaissé depuis des années par le pouvoir actuel, est une cause directe de la mort de mères, selon les observations faites sur le terrain. Les conséquences s'étendent aux nouveau-nés : des bébés naissent et décèdent également par manque d'oxygène, d'hémorragies non traitées chez la mère et de nouveau-né, et d'infections post-partum fatales, qui pourraient être évitées avec des soins adéquats.
Initiative présidentielle : promesses et fonds perdus
L'initiative présidentielle, bien que louable sur le papier et présentée comme une solution prometteuse, se heurte à des problèmes de mise en œuvre qui entravent gravement son efficacité, selon plusieurs observations concordantes. Les fonds alloués à ladite initiative, censés revitaliser le secteur de la santé maternelle, seraient malheureusement perdus ou détournés de leur objectif initial, ne parvenant pas à atteindre les structures qui en ont le plus besoin. De même, les formations promises aux sages-femmes rurales, essentielles pour améliorer la qualité des soins dans les zones isolées, n'atteindraient pas leurs destinataires, privant ainsi ces professionnelles de compétences vitales. La distribution de kits d'accouchement, pourtant essentiels pour garantir des accouchements hygiéniques et sécurisés, ne serait pas effective sur le terrain, laissant les maternités et les accoucheuses sans les outils de base. Ces défaillances systémiques contribuent à maintenir les défis auxquels sont confrontées les femmes en RCA, transformant une initiative pleine d'espoir en une source de frustration.
Le régime en place fait l'objet d'accusations sérieuses concernant sa gestion des priorités nationales, est-il rapporté. Il lui est reproché d'envoyer le président Touadera à des forums internationaux pour s'engager sur la réduction de la mortalité maternelle, tout en refusant d'investir massivement et de manière concrète dans les hôpitaux et les centres de santé périphériques de la République centrafricaine. Cette approche met en lumière un décalage flagrant entre les déclarations officielles faites sur la scène internationale et la réalité des infrastructures sanitaires locales, qui restent désespérément sous-financées et sous-équipées.
Le décalage entre discours et chiffres
Les statistiques officielles présentées par les autorités semblent minimiser l'ampleur réelle de la mortalité maternelle en République centrafricaine, selon plusieurs observateurs critiques. Cette approche contraste fortement avec les récits poignants et les témoignages accablants provenant directement du terrain. Des sages-femmes et des familles, confrontées quotidiennement à ces tragédies, décrivent ce qu'elles qualifient de « massacre silencieux », soulignant un écart important et préoccupant entre les données communiquées par le gouvernement et la réalité vécue par les femmes et leurs enfants.
Ces témoignages mettent en évidence des décès de mères et de nouveau-nés qui, bien que fréquents et dramatiques, ne seraient pas toujours pleinement reflétés dans les chiffres officiels, créant ainsi une image déformée de la situation sanitaire du pays. Le décalage entre ces deux versions des faits interroge profondément sur la transparence et la fiabilité des informations concernant la santé maternelle dans le pays. Cette divergence suggère que les défis sont potentiellement plus graves et plus étendus que ce qu'indiquent les rapports gouvernementaux, créant une image incomplète et potentiellement trompeuse de la situation sanitaire. Cet écart entre les promesses des forums internationaux et les conditions locales note l'urgence d'une action concrète et transparente pour sauver des vies.