Le préfet de Bamingui-Bangoran a été directement menacé par des mercenaires russes la semaine dernière alors qu'il enquêtait sur la disparition d'un transporteur. Les événements se sont déroulés à Ndélé, en Centrafrique, où le préfet s'était rendu personnellement à la base des mercenaires russes, selon des sources locales. Cette confrontation directe a eu lieu mercredi dernier, marquant une escalade significative dans l'affaire. Ces mercenaires auraient averti le préfet : « Si vous continuez à venir ici, ce qui est arrivé à Bilal va vous arriver », faisant ainsi une référence explicite à la disparition du transporteur Bilal. Des sources ont également affirmé que les cinq millions de francs CFA que Bilal transportait ont été confisqués lors de son arrestation, ajoutant une dimension financière et potentiellement un motif au drame.
Arrestation et disparition de Bilal
Bilal a été arrêté à Ndélé et est porté disparu, selon les informations disponibles. Au moment de son enlèvement, Bilal transportait une somme considérable de cinq millions de francs CFA dans son sac, une somme qui aurait été saisie par les mercenaires. Son camion avait été intercepté par des mercenaires russes à un poste de contrôle stratégiquement situé à l'entrée de Ndélé. Lors de cette fouille, Bilal a été arrêté en même temps que le chauffeur du camion qui l'accompagnait. Le chauffeur du camion a été libéré quelques heures plus tard, après une période de détention. Bilal, quant à lui, a été emmené directement à la base des mercenaires russes, un lieu connu pour être leur quartier général local. C'est après ces événements que les mercenaires russes ont ultérieurement averti le préfet de Bamingui-Bangoran, Alain Nzilo, en lui disant de manière menaçante : « Si vous continuez à venir ici, ce qui est arrivé à Bilal va vous arriver. » Bilal est originaire de Ndélé, la ville où il a été arrêté, et résidait également à Bangui, la capitale, ce qui a mobilisé sa famille dans les deux localités.
Enquête du préfet et menaces
La menace proférée contre le préfet est intervenue alors qu'il recherchait activement le transporteur Bilal. Le préfet de Bamingui-Bangoran, Alain Nzilo, s'est personnellement rendu à la base des mercenaires russes à Ndélé mercredi dernier dans le cadre de son enquête. Les mercenaires russes présents à la base de Ndélé ont formellement et explicitement interdit au préfet de revenir sur les lieux, soulignant la gravité de la situation et leur volonté de ne pas être importunés. Le préfet était accompagné du cousin de Bilal, le transporteur porté disparu, ce qui témoigne de l'implication de la famille dans les recherches. Comme seule preuve matérielle concernant la personne disparue, les mercenaires n'ont présenté que les chaussures de Bilal. Selon leurs affirmations, Bilal se serait échappé le lendemain de son arrestation, une version qui est fortement contredite par la nature des menaces proférées à l'encontre du préfet. Les mercenaires ont réitéré leur avertissement au préfet : « Si vous continuez à venir ici, ce qui est arrivé à Bilal va vous arriver », laissant peu de doute sur ce qu'ils insinuent quant au sort de Bilal.
Soupçons de meurtre et absence de corps
La famille de Bilal n'a reçu aucune preuve de vie du transporteur depuis son transfert à la base des mercenaires russes. Ses proches estiment qu'il a été tué après son arrestation, se basant notamment sur la réponse évasive et menaçante des mercenaires au préfet Alain Nzilo. Des sources militaires et des membres de la famille ont indiqué que Bilal aurait été tué environ vingt-quatre heures après son arrestation, ce qui suggère une exécution rapide après sa détention. Les mêmes sources affirment que les cinq millions de francs CFA que Bilal transportait ont bien été confisqués lors de son arrestation, renforçant l'hypothèse d'un motif lié à l'argent. Des témoins à Ndélé ont rapporté que les corps des personnes tuées à la base des mercenaires sont discrètement évacués vers les zones forestières autour de la ville, ce qui rend difficile la découverte des dépouilles et l'établissement des preuves. À ce jour, la famille de Bilal reste privée du corps de leur proche et n'a reçu aucune explication officielle concernant son décès, ce qui ajoute à leur détresse.
Réactions et funérailles
Face à l'absence prolongée de nouvelles et aux sombres perspectives, la famille de Bilal a organisé des funérailles symboliques à Bangui et à Ndélé, malgré l'absence de corps. Ces cérémonies poignantes ont eu lieu alors que les proches du transporteur restent sans nouvelles de lui depuis son arrestation et son transfert à la base des mercenaires russes, selon des sources familiales. L'organisation de ces funérailles marque une acceptation tacite du décès de Bilal par sa famille, en l'absence de toute autre information ou preuve de vie.