Racket sur l'axe Bangui-Mbaïki : une mission pour démanteler les barrages illégaux

Des conducteurs de motos taxis sur la RN6 proche de Bangui.
Photo: Réseaux sociaux via Radiondekeluka

Des usagers de l'axe routier Bangui-Mbaïki dénoncent des cas de racket, qu'ils attribuent à des éléments de la brigade motorisée de la gendarmerie nationale. Cette situation concerne spécifiquement la RN6, près de Bangui. Face à la multiplication de ces incidents, les autorités ont récemment lancé une opération d'envergure visant à restaurer la sécurité et la fluidité sur cette voie de communication essentielle.

Dénonciations des usagers

Les usagers de l'axe routier reliant Bangui à Mbaïki ont exprimé de vives préoccupations concernant des pratiques de racket. Ces dénonciations ciblent des éléments de la brigade motorisée de la gendarmerie nationale, accusés d'établir des barrages illégaux et d'extorquer de l'argent aux conducteurs. Les incidents rapportés se concentrent sur la Route Nationale 6 (RN6), particulièrement dans les environs de la capitale Bangui, un point de transit clé pour de nombreux biens et personnes. Cette situation, qui entrave la fluidité du transport et le commerce sur cet axe vital, est régulièrement remontée par les conducteurs et commerçants empruntant cette voie. Les témoignages recueillis insistent sur la récurrence de ces pratiques, qui se manifestent sous diverses formes, allant de la demande de "droits de passage" non réglementés à des amendes arbitraires pour des infractions souvent inventées. Les conducteurs décrivent une pression constante, les forçant à payer pour éviter des retards significatifs ou des menaces. Ces exactions ont créé un climat de peur et de méfiance parmi ceux qui dépendent de la RN6 pour leurs activités quotidiennes et économiques.

Impact sur les coûts

Ces pratiques de racket génèrent une augmentation significative des coûts de transport et des marchandises acheminées, selon les usagers de l'axe Bangui-Mbaïki. Les chauffeurs et les commerçants, déjà confrontés à diverses contraintes économiques telles que le coût du carburant et l'entretien des véhicules, voient leurs marges réduites et les prix finaux des produits renchéris en raison des sommes extorquées. Chaque arrêt forcé et chaque paiement non officiel représente une charge supplémentaire qui est inévitablement répercutée sur la valeur des biens transportés. Cette situation a des répercussions directes sur le pouvoir d'achat des consommateurs, notamment ceux de Bangui, qui dépendent des approvisionnements transitant par la RN6 pour une grande partie de leurs besoins quotidiens. L'incidence financière de ces barrages illégaux se fait sentir sur l'ensemble de la chaîne logistique, de la source des produits agricoles ou manufacturés jusqu'aux marchés de la capitale. La régularité de ces prélèvements forcés est citée comme un facteur majeur de cette inflation des coûts opérationnels, affectant la compétitivité des produits et la stabilité économique des ménages. Les commerçants sont contraints d'ajuster leurs prix de vente pour compenser ces pertes, ce qui pèse lourdement sur le budget des consommateurs finaux.

Intervention des autorités

Face à l'ampleur des dénonciations et aux conséquences économiques et sociales de ces pratiques, les autorités ont déployé une mission chargée de démanteler les barrages illégaux sur plusieurs axes routiers. Cette initiative vise à mettre fin aux pratiques de racket dénoncées par les usagers, en particulier celles attribuées aux éléments de la brigade motorisée de la gendarmerie nationale. La mission a pour objectif d'assurer la libre circulation des personnes et des biens, et de restaurer la sécurité le long des voies de communication essentielles du pays. Elle s'inscrit dans un cadre plus large de lutte contre l'extorsion, la corruption et les entraves au commerce, des fléaux qui sapent la confiance publique et freinent le développement économique. Le déploiement de cette mission fait suite aux multiples plaintes concernant des exactions commises sur les routes, notamment sur la RN6, qui relie Bangui à Mbaïki. Les efforts se concentrent sur l'identification et la suppression des points de contrôle non autorisés, ainsi que sur la responsabilisation des acteurs impliqués dans ces pratiques illégales. L'objectif est de rétablir l'ordre et la légalité sur les routes, garantissant que seuls les barrages légitimes et réglementés soient maintenus, et que les forces de l'ordre exercent leurs fonctions dans le respect des lois et des droits des citoyens. Cette opération est perçue comme un pas important vers un environnement de transport plus sûr et plus juste pour tous les usagers.