Le général autoproclamé Mahamat Alkhatim, chef du Mouvement Patriotique Centrafricain (MPC), est confronté à une mutinerie ouverte suite à la nomination d'Ahamat Chaltout au poste de chef d'état-major par intérim. Cette décision, annoncée par le général Alkhatim, a provoqué une vive opposition au sein de l'organisation, menaçant son unité et son intégrité. Des figures clés du MPC ont publiquement contesté cette nomination, remettant en question l'autorité et le leadership de Mahamat Alkhatim dans un contexte de tensions croissantes pour le contrôle des ressources minières. Cette crise interne met en lumière les profondes divisions qui minent le mouvement.
La mutinerie de Djido Ali
Djido Ali, l'ancien chef d'état-major du MPC, est engagé dans une intense lutte de pouvoir contre sa hiérarchie et refuse de céder son poste. Il est accompagné de son second, Alhafiz Ali, également connu sous le nom de « Libanais », ainsi que de ses conseillers Abdramane MHT (dit Ab Fiyesse) et Said Adam, selon des sources internes. Ce groupe, désigné sous le nom de « clan Djido », a modifié sa stratégie, passant des menaces de défection à l'occupation de territoire pour bloquer le transfert de commandement. Djido Ali affirme être lourdement armé, disposant notamment de combattants soudanais recrutés lors de son engagement au sein de la rébellion FSR, et se déclare prêt à la confrontation. Cette affirmation de supériorité militaire est un défi direct à l'autorité du général Alkhatim.
Le cœur du conflit : les mines
La crise au sein du Mouvement Patriotique Centrafricain (MPC) est alimentée par le contrôle des ressources minières dans la préfecture de l'Ouham. Djido Ali, en contrôlant des sites d'or et de diamants stratégiques, a coupé les circuits financiers destinés au commandement du MPC basé à Ndjamena. Cette mainmise sur les ressources a eu un impact direct et significatif sur la direction du mouvement. Aucun transfert d'argent n'atteint actuellement Mahamat Alkhatim, selon des sources internes, ce qui affaiblit considérablement sa position. Cette situation réduit la visibilité et l'influence du général autoproclamé, exacerbant les tensions au sein de l'organisation. La capacité de Djido Ali à bloquer ces flux financiers est perçue comme un défi direct et audacieux à l'autorité de Mahamat Alkhatim, fragilisant l'ensemble de la structure du MPC.
Tensions et craintes de violence
Le Mouvement Patriotique Centrafricain (MPC) est fragmenté par cette crise, marquée par une haute tension interne. Cette situation fait craindre une bataille sanglante pour le contrôle des ressources et du leadership, avec des répercussions potentiellement dévastatrices. Des sources internes indiquent que la faction de Djido Ali, lourdement armée, se prépare à une confrontation, tandis que Mahamat Alkhatim tente de réaffirmer son autorité. L'interruption des flux financiers vers Ndjamena accentue la fragilité de l'organisation et pourrait précipiter une escalade des hostilités. Les préoccupations grandissent quant à l'impact potentiel de ces affrontements sur la stabilité régionale, déjà précaire.
Implications stratégiques et alliances
Un groupe de combattants, surnommés les « Russes noirs » et alliés aux mercenaires de Wagner et d'Africa Corps, a prêté serment sur le Coran pour s'opposer par la force à la nouvelle nomination au sein du MPC. Ce serment religieux confère une dimension supplémentaire à leur détermination. Djido Ali défie ouvertement l'autorité d'Alkhatim en revendiquant son rôle dans les opérations pour Africa Corps. Cette affirmation note une connexion directe entre Djido Ali et des entités étrangères, ajoutant une dimension internationale à la crise interne du MPC et complexifiant davantage le tableau géopolitique de la région.