Des contractuels de l'UNOPS, prestataire de services pour la MINUSCA, seraient confrontés quotidiennement à des menaces de licenciement en République centrafricaine. Cette situation intervient alors que la MINUSCA a décaissé des fonds le 12 mai pour ses opérations et son personnel. Malgré ce décaissement, les employés, dont les salaires sont affectés par des retards persistants, expriment leur inquiétude face à cette précarité croissante. Ces tensions s'inscrivent dans un contexte où les conditions de travail des contractuels des Nations unies sont régulièrement examinées, notamment en ce qui concerne la stabilité de l'emploi et la ponctualité des rémunérations. Les menaces de renvoi pèsent lourdement sur le personnel local qui assure des fonctions essentielles au sein de la mission de maintien de la paix.
Détails des retards et des menaces
Les employés contractuels de l'UNOPS cumuleraient deux mois de retards de salaire, selon des informations recueillies auprès de ces personnels. Cette situation financière difficile a des répercussions directes sur la vie quotidienne des agents et de leurs familles. L'administration de l'UNOPS attribue ces délais de paiement à des procédures de validation administratives menées depuis New York, expliquant que ces processus sont complexes et chronophages. Une régularisation des paiements avait été promise entre le 21 et le 24 mai, d'après les mêmes sources, mais nombre d'employés attendent toujours de percevoir leurs dus. Parallèlement à ces retards, la durée des contrats de ces employés a connu une diminution progressive et alarmante. Initialement annuels, les contrats sont passés à des durées de six mois, puis de trois mois, pour finalement atteindre une durée d'un seul mois, accentuant l'incertitude et la fragilité de leur situation professionnelle.
Contexte des promesses de la MINUSCA
Précédemment, la cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, avait affirmé que la diminution des budgets américains n'aurait pas d'impact sur les emplois nationaux. Cette déclaration visait à rassurer le personnel local quant à la pérennité de leurs postes au sein de la mission onusienne, soulignant l'engagement de la MINUSCA à soutenir l'économie locale. Elle avait également souligné l'importance de maintenir l'emploi en République centrafricaine, malgré les contraintes financières globales auxquelles sont confrontées les opérations de maintien de la paix. Ces assurances contrastaient avec les craintes exprimées par les employés face à la réduction des effectifs et aux retards de paiement.
Madame Rugwabiza a également plaidé en faveur d'une réduction du nombre d'employés expatriés. Selon elle, ces derniers perçoivent des salaires dix à vingt fois supérieurs à ceux des personnels locaux, ce qui représente une charge financière importante pour la mission. Cette mesure a été proposée dans le but explicite de préserver l'emploi centrafricain et d'optimiser l'allocation des ressources de la mission en faveur des compétences locales. L'argument central était de rééquilibrer les dépenses en faveur du personnel national, afin de garantir une meilleure efficience et une plus grande équité dans la répartition des fonds.
Impact sur l'emploi local
Des licenciements massifs sont également annoncés pour la fin du mois de juin, selon des sources internes, ce qui ajoute une pression considérable sur les employés déjà fragilisés. L'UNOPS procède actuellement à une réduction drastique de son personnel local, une mesure qui affecte de nombreux employés de la mission et soulève des questions sur la capacité de la mission à maintenir ses opérations. Dans ce contexte tendu et de grande précarité, certains agents ont été licenciés pour avoir volé du carburant, un acte que des sources internes attribuent à la situation de désespoir engendrée par les retards de paiement et l'extrême précarité de l'emploi. La fermeture des bases en province entraîne des suppressions de postes dans les secteurs de la sécurité et de la maintenance, des fonctions pourtant essentielles au bon déroulement des activités de la MINUSCA. Ces décisions impactent directement l'emploi local au sein des opérations de la MINUSCA, menaçant la stabilité économique de nombreuses familles centrafricaines.