Rupture au sein du MPC : Alkhatim contesté par ses généraux, l'ombre de Wagner plane

Les trois hauts grades du MPC lors de la cérémonie le 14 février 2026
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Une déclaration collective signée le 7 mai 2026 à Fiessa par neuf officiers généraux du MPC officialise une rupture avec Mahamat Alkhatim, son président fondateur. Cet événement majeur, survenu dans un contexte de tensions croissantes, intervient alors que Mahamat Alkhatim tente de reprendre le contrôle de son mouvement. Il fait face à une coalition de généraux qui, selon des sources proches des militaires signataires, ont choisi leur camp de longue date, marquant ainsi une division profonde au sein de la direction du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC). Cette scission met en lumière des dynamiques internes complexes et des allégeances changeantes. Parmi les signataires de cette déclaration historique figurent Djido Ali, Alhafis Ali dit « Libanais », Abdelkader Hassane, Albakir Hassane, Ahamat Birema, Abdramane Mahamat, Seyd Adam, Moizal Danah et Mahamat Ahmat.

La déclaration des généraux

La déclaration collective des neuf officiers généraux conteste de manière explicite la décision N°0028/05/06. Ce document officiel, émis par la présidence du mouvement, nommait Ahamat Chaltout au poste de chef d’état-major général par intérim du MPC. Cette nomination impliquait le remplacement du Général Ali Dido, une figure apparemment clé au sein de la structure militaire du MPC. La décision contestée par les signataires met en lumière les profondes dissensions au sein du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC) et la contestation de l'autorité de son leader. Le document, rendu public le 7 mai 2026 à Fiessa, note une opposition frontale à la direction du président fondateur Mahamat Alkhatim, remettant en question ses choix stratégiques et son leadership. Les généraux contestataires, parmi lesquels figurent Djido Ali et Alhafis Ali dit « Libanais », affirment ainsi leur rupture avec les choix stratégiques et nominatifs de leur leader, signalant une crise de commandement sans précédent.

Allégeances et alliances russes

Les signataires de la déclaration collective affirment leur loyauté envers l'accord de Ndjamena, un engagement qui pourrait avoir des implications significatives pour l'avenir de la stabilité régionale. Ils déclarent également vouloir maintenir une collaboration étroite avec le gouvernement centrafricain et leurs alliés russes, une position qui note la complexité des alliances et des influences étrangères dans la région. Cette position est interprétée comme une tentative de légitimer leur action tout en s'alignant sur les partenaires stratégiques actuels de la République Centrafricaine, potentiellement pour renforcer leur propre position face à Mahamat Alkhatim.

L'article avance que ces généraux, surnommés les « Russes noirs » en raison de leur proximité avec Africa Corps, contrôlent plusieurs sites d'extraction d'or et de diamants dans la région d'Ouham. Cette allégation suggère une implication directe des généraux dissidents dans des activités économiques lucratives liées aux ressources naturelles de la Centrafrique, potentiellement en lien avec des acteurs étrangers et des intérêts géopolitiques. Cette dimension économique ajoute une couche de complexité aux motivations derrière cette rupture.

Implications et enjeux futurs

Les signataires de la déclaration collective ont publiquement affirmé leur alignement avec Africa Corps, envoyant ainsi un message clair selon lequel Mahamat Alkhatim se trouve désormais « du mauvais côté de la ligne ». Cette prise de position marque une rupture claire au sein du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), indiquant un changement d'allégeance majeur de la part des généraux dissidents. Leur déclaration semble viser à délégitimer l'autorité d'Alkhatim en le plaçant en opposition directe avec un acteur de poids dans la région, modifiant ainsi l'équilibre des forces.

La déclaration du 7 mai transforme le conflit interne au MPC en une guerre de positionnement où l'influence de Wagner joue un rôle fondamental. Cette évolution des tensions internes suggère que les enjeux dépassent désormais la simple lutte de pouvoir au sein du mouvement, impliquant des acteurs étrangers aux intérêts stratégiques et économiques. La polarisation autour de Wagner indique une reconfiguration des alliances et des dynamiques de pouvoir en République Centrafricaine, avec des répercussions potentielles sur la stabilité et la sécurité du pays.