Russie : L'existence des « Black Wagners » confirmée et leur déploiement au front

L'existence de « Wagner Noirs » en République centrafricaine, des groupes d'autodéfense liés à la société Wagner, a été confirmée. Dimitri Sytyi, un représentant de Wagner, est intervenu sur Radio Ndeke Luka le 22 septembre 2026 pour aborder ce sujet. Selon Sytyi, de jeunes habitants d'Amdafock se sont « volontairement constitués en groupe d’auto-défense » et ont choisi l'appellation « Wagner Noirs ». Ces groupes, d'après ses déclarations, reçoivent leurs ordres de Wagner et de Hassan Bouba, marquant ainsi une structuration locale de ces forces.

Les origines des « Black Wagners »

Dimitri Sytyi a tenté de justifier l'existence des « Black Wagners » ou « Russes Noirs », qu'il a décrits comme des combattants centrafricains et étrangers formés, armés et intégrés aux Forces Armées Centrafricaines (FACA). Il a affirmé que ces combattants, qu'il a également désignés sous le nom de « Russes Noirs », étaient des éléments formés et armés par Wagner. Cependant, l'article affirme qu'aucun jeune d'Amdafock ne s'est enrôlé volontairement au service des mercenaires de Wagner. Selon des sources documentées, les combattants des « Russes Noirs » ont été déportés de Bambari, Bangui et Alindao. La plupart de ces combattants sont d'anciens éléments rebelles peuls rattachés à Hassan Bouba, l'actuel ministre de l'Urbanisme et un mandataire de Moscou. Ces combattants ont été formés et armés directement par Wagner et enrôlés dans le programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Ce processus d'enrôlement et de formation soulève des questions sur la nature volontaire de leur engagement et sur l'intégration réelle au sein des structures de défense nationales.

Une stratégie de survie orchestrée

L'objectif de cette mise en scène était de faire croire au Président-Empereur Faustin-Archange Touadéra que seuls les réseaux Wagner pouvaient garantir la sécurité du pays, selon l'article. Cette stratégie visait à bloquer l'arrivée de la structure officielle du ministère russe de la Défense, Africa Corps, que Moscou cherche à imposer en remplacement. L'article affirme que l'état-major des Forces Armées Centrafricaines (FACA) n'a pas été impliqué dans la machination d'Amdafock. L'état-major des FACA est placé sous la tutelle directe et le commandement militaire de Wagner, selon la même source. L'épisode d'Amdafock est présenté comme une stratégie de survie de la milice mercenaire. L'attaque initiale contre Amdafock est décrite comme un coup monté orchestré par Wagner et Hassan Bouba, dans le but de créer une situation justifiant l'intervention et la légitimation des « Wagner Noirs ». Cette manœuvre stratégique met en lumière les tensions internes et les jeux d'influence autour de la sécurité nationale centrafricaine.

Contrôle et obéissance sur le terrain

Dimitri Sytyi a déclaré à Bambari que ces hommes sont détenteurs de cartes FACA et de matricules. Sur le terrain, ces combattants n'obéissent à aucun officier de l'armée nationale. Leur intégration aux Forces Armées Centrafricaines (FACA) telle que décrite par Sytyi est ainsi contredite par leur autonomie opérationnelle. Cette situation soulève des questions quant à la chaîne de commandement réelle et au contrôle exercé sur ces groupes. L'absence d'obéissance aux officiers des FACA suggère une structure parallèle de commandement, distincte de l'armée officielle, malgré la possession de documents militaires par les combattants. Le fait que ces groupes reçoivent directement leurs ordres de Wagner et de Hassan Bouba renforce cette perception d'une force agissant en dehors de la hiérarchie militaire étatique classique.

Implications pour la sécurité centrafricaine

La fabrication de milices parallèles, présentées comme des forces d'autodéfense, par Wagner et ses complices locaux, crée des « bombes à retardement » au sein de l'appareil de sécurité centrafricain, selon des observateurs. En fabriquant ces milices parallèles et en les faisant passer pour des forces d'autodéfense légitimes, Wagner et ses complices locaux sont perçus comme créant des menaces potentielles pour la stabilité future du pays. Cette approche risque de compromettre la stabilité et la cohésion des forces armées nationales, en introduisant des groupes dont l'allégeance et le commandement pourraient rester ambigus. Cette situation complexe pose un défi majeur pour l'établissement d'une sécurité durable et unifiée en République centrafricaine.