Au moins quatre personnes ont été blessées le 12 juillet 2026 lors d'un violent affrontement entre éleveurs et agriculteurs dans le village de Keli, près de Boda, dans la Lobaye. L'incident, survenu un dimanche, a mis aux prises des membres des deux communautés, entraînant des blessures pour deux éleveurs et deux agriculteurs. Cet événement note la persistance des tensions foncières et des conflits liés à la transhumance dans cette région. La violence de l'altercation a nécessité une intervention pour maîtriser la situation et prendre en charge les victimes.
Témoignages des victimes
Jospin Gongo, un agriculteur directement impliqué dans l'incident, a témoigné d'un affrontement au cours duquel il a été gravement blessé. Il a affirmé avoir été poignardé par une flèche, une blessure qui l'a contraint à riposter pour se défendre. Les évènements se sont déroulés le 12 juillet 2026 à Keli, où éleveurs et agriculteurs se sont opposés dans un conflit qui a rapidement dégénéré. Son récit décrit une altercation physique intense et brutale, marquant un moment clé dans les violences survenues ce jour-là et illustrant la dangerosité de ces confrontations pour les populations locales.
De son côté, Ali Kine, un éleveur également blessé lors de l'incident, a donné sa version des faits. Il a précisé avoir été blessé durant la confrontation et avoir lui-même frappé l'agriculteur, soulignant une escalade rapide et mutuelle de la violence entre les parties. Ces témoignages contrastés, mais concordants sur la gravité des blessures et la nature physique de l'affrontement, mettent en lumière la nature tendue des interactions ayant conduit à l'affrontement de Keli. Les récits des deux hommes soulignent la difficulté de démêler les responsabilités dans la chaleur de l'action.
Contexte des tensions locales
Le non-respect des couloirs de transhumance serait à l'origine de cette nouvelle tension, selon des informations locales et des observations récurrentes dans la région. Cette situation a conduit à une série d'incidents, les troupeaux s'écartant des itinéraires désignés et empiétant sur les terres cultivées, détruisant souvent les récoltes et les moyens de subsistance des agriculteurs. Cette intrusion est une source majeure de friction, exacerbant ainsi les conflits entre les deux communautés. Malgré les réglementations existantes pour encadrer la transhumance, les autorités locales et les médiateurs peinent à les faire appliquer efficacement, ce qui laisse le champ libre à de nouvelles altercations.
Alfred Eseitoua est à la tête du secteur de l'élevage, une position qui le place au cœur des discussions sur la gestion des déplacements des éleveurs et la prévention des conflits. Son rôle est clé dans la recherche de solutions durables pour encadrer la transhumance et assurer la coexistence pacifique entre les agriculteurs et les éleveurs. Des efforts sont déployés pour sensibiliser les parties prenantes aux enjeux et aux règles, mais la mise en œuvre sur le terrain reste un défi constant face aux pratiques traditionnelles et aux pressions économiques. La coordination entre les différents acteurs est essentielle pour éviter de futurs drames.
Initiatives pour la paix
Pour maintenir la paix dans la localité affectée et prévenir de nouveaux affrontements, le Conseil de Dialogue Humanitaire (CDH) a mis en œuvre diverses activités. Ces initiatives visent à apaiser les tensions et à favoriser la coexistence pacifique entre les différentes communautés, notamment entre éleveurs et agriculteurs, en insistant sur le respect mutuel et le dialogue. Le CDH s'engage activement dans des actions de médiation et de sensibilisation pour prévenir de futurs affrontements et encourager le respect des pratiques agricoles et pastorales. Son intervention est jugée essentielle pour stabiliser la situation suite aux récents incidents et pour reconstruire la confiance entre les groupes.
L'organisation cherche à construire un dialogue durable pour résoudre les différends fonciers et les conflits liés à la transhumance, en impliquant les leaders communautaires et les autorités locales dans ce processus. Ces efforts comprennent des ateliers de sensibilisation aux droits fonciers et aux couloirs de transhumance, ainsi que des plateformes de discussion pour permettre aux parties de s'exprimer et de trouver des compromis. L'objectif ultime est de créer un environnement où les deux communautés peuvent coexister de manière harmonieuse, évitant ainsi la répétition de violences comme celles observées à Keli.